Des aménagements urbains en bord de mer devront être détruits à Vias
Publié le 22 janvier 2026, mis à jour le 23 janvier 2026 à 14h32, par Raphaël Barrou

Le tribunal administratif de Montpellier a ordonné jeudi 22 janvier la démolition d'une promenade en front de mer et d'un parking adjacent construits « illégalement » à Vias (Hérault) dans une zone protégée du littoral en dépit de nombreux avertissements des autorités. En revanche, l'esplanade sera conservée, estimant que « cela entraînerait une atteinte excessive à l'intérêt général ».
L'affaire, devenu un véritable feuilleton, a commencé avec un projet de modernisation et d’attractivité territoriale de la station balnéaire. En 2019, la mairie avait inauguré une esplanade menant vers la mer, une promenade en front de mer d'une longueur totale de 200 mètres, et un parking.
En juin 2024, le préfet de l'Hérault, opposé dès l'origine à cette construction et conforté par plusieurs décisions de justice, avait demandé au maire la remise en état initial de la parcelle. Une requête rejetée un mois plus tard par le conseil municipal. Le tribunal administratif de Montpellier, saisi par le préfet, l'a donc contredit.
Près de 1,55 million d'euros pour la destruction
Dans sa décision rendue jeudi, celui-ci juge « illégale » cette construction, considérant qu'elle ne respecte pas la loi Littoral ni le plan de prévention des risques inondation (PPRI). « Elle se situe sur un emplacement qui n'est pas urbanisé et toute construction dans une bande de 100 mètres autour du littoral est interdite », justifie le juge. Selon le rapport public, qui s'était exprimé lors de l'audience du 7 janvier, le coût de la destruction devait être de 1,55 million d'euros.
Réagissant dans la soirée auprès de l'AFP, le maire de Vias, Jordan Dartier, a estimé qu'il avait « bien fait de défendre ce dossier jusqu'au bout », y voyant « une satisfaction partielle, car il était demandé une démolition totale et ce n'est pas ce qu'a décidé le tribunal. »
« J'ai décidé de ne pas faire appel et d'exécuter la décision », a-t-il ajouté, indiquant que ces travaux, dont il estime quand à lui le coût entre 200 000 et 300 000 euros, « feront l'objet d'un appel d'offres. »
Déjà jugés en première instance, Vias et Monsieur Dartier, risquent une lourde amende alors que se profile le délibéré en appel début février concernant la responsabilité de ces travaux. Le parquet a requis une amende de 150 000 euros à l'encontre de la station balnéaire et de 50 000 euros contre son maire, des réquisitions identiques à la première instance.
Le tribunal avait finalement condamné la commune à 1 250 000 euros d'amende, dont un million avec sursis, et le maire à 500 000 euros, dont 480 000 euros avec sursis. « Ce dossier rappelle que le passage en force est une grande source de gaspillage d'argent public », a réagi auprès de l'AFP France Nature Environnement Occitanie-Méditerranée.
Par Raphaël Barrou (avec AFP)














