Déviation à Saint-Péray : huit militants écologistes détenus libérés

L’action « On Fait Pas L’Pont » s’est déroulée le jeudi de l’Ascension, marqué par un fort trafic sur les routes. Militants et agriculteurs ont manifesté contre le projet d'une déviation à Saint-Péray, entre la Drôme et l’Ardèche.
Une banderole a été déployée sur un pont, tandis que deux opposants s’étaient suspendus à un filin surplombant l’A7.
Seize personnes avaient été interpellées. 30 heures de garde à vue plus tard, trois femmes et deux hommes avaient été placés en détention provisoire, et trois femmes sous un strict contrôle judiciaire après leur déferrement devant le parquet de Valence et leur passage devant le juge des libertés et de la détention
Ils étaient jugés lundi 18 mai pour « entrave à la circulation », « mise en danger d'autrui » (en suspendant des hommes et une banderole au-dessus d'une autoroute) et « refus de se soumettre » au prélèvement de leurs empreintes et ADN.
Le tribunal a renvoyé au 6 juillet leur procès au fond, mais il a implicitement désavoué le parquet et le juge des libertés et de la détention qui, vendredi, avaient fait incarcérer cinq personnes : il a ordonné « la levée des mandats de dépôt et des contrôles judiciaires » et renvoyé le procès en ordonnant un supplément d'information pour « établir de manière certaine l'identité de tous les prévenus ».
Des méthodes abusives contre les protestations selon la défense
Selon l’AFP, face au refus des manifestants à décliner leur identité, les policiers ont photographié et filmé leur visage, en vue d’une reconnaissance faciale par logiciel et d’une comparaison au fichier des antécédents judiciaires.
Une méthode peu fiable selon les prévenus et leurs avocats Thomas Fourrey et Kaïness Lakehal, qui ont prouvé que pour trois d’entre eux, les identités établies étaient erronées. Les participants au rassemblement de l’Ascension – réunissant membres de partis politiques (La France Insoumise et Europe Écologie Les Verts) et de l’association « Les amis de la plaine de Saint-Péray », ont dénoncé « des moyens démesurés face à une mobilisation pacifique ».
Une « privation de liberté inédite et abusive », face au déploiement d’ « une banderole protestant contre un chantier illégal » et « destructeur de terres agricoles et de la biodiversité » a fustigé la conseillère régionale écologiste Maud Grard.
« Le parquet n'avait qu'un seul but : les empêcher de s'exprimer, casser une mobilisation », a appuyé Me Fourrey.
Les travaux sur la déviation de Saint-Péray remontent à septembre 2025 et portent sur un pont-rail. Sur le site des Soulèvements de la Terre, les opposants s’inquiètent de l’impact du projet sur la biodiversité, le patrimoine, l’activité agricole voire le droit du travail. Ils invoquent également le droit à la mobilité, à travers le développement des transports en commun et des mobilités douces.
Ce n’est pas la première opération contre le chantier. Une intrusion sans dégât majeur avait été constaté fin janvier, après une occupation du site fin septembre. Période à laquelle le tribunal administratif de Lyon avait rejeté la suspension des travaux, réclamée par des associations. La justice n’avait pas reconnu de « doute sérieux quant à la légalité des dispositions contestées », selon le média France Bleu.
SNCF Réseau qui gère les travaux, n’a pas fait de commentaire à ce jour. France Bleu nous apprend toutefois que l'installation du pont rail a bien eu lieu le jour de la mobilisation.
De quoi nous rappeler les remous judiciaires autour du projet A69 ou le Printemps des luttes locales visant les industries d'extraction minière...
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