Palais de Westminster : un chantier de rénovation qui pourrait durer 60 ans

La rénovation du palais de Westminster, siège du Parlement britannique et l’un des monuments les plus emblématiques de Londres, pourrait s’étendre sur plus de 60 ans. Dans un rapport publié lundi 15 juin, le National Audit Office (NAO), l’organisme chargé du contrôle des comptes publics au Royaume-Uni, alerte sur le risque d’une nouvelle envolée des coûts si une décision n’est pas prise rapidement sur l’avenir du projet.
Selon le NAO, les tergiversations politiques observées ces dernières années ont déjà contribué à alourdir la facture, estimée à plusieurs dizaines de milliards de livres sterling. L’institution souligne qu’une année supplémentaire de retard pourrait entraîner un surcoût pouvant atteindre 420 millions de livres (485 millions d’euros).
Le bâtiment classé, emblématique de l’architecture néogothique britannique, le palais de Westminster, nécessite d’importants travaux de restauration. Dans un communiqué, le National Audit Office (NAO) souligne que l’édifice est confronté à « de graves risques, notamment la défaillance des systèmes mécaniques et électriques, des problèmes de sécurité incendie et des niveaux élevés d'amiante ».
Dominé par la tour de Big Ben et bordant la Tamise, le bâtiment conserve encore une grande partie de ses infrastructures historiques, héritées notamment de sa reconstruction à la suite de l’incendie qui l’avait ravagé en 1834.
Un monument historique confronté à de graves dégradations
L’état de dégradation du palais de Westminster est régulièrement dénoncé depuis plusieurs années. Les problèmes d’infiltration d’eau, les pannes électriques récurrentes et le vieillissement général des installations avaient conduit les députés britanniques à voter, dès 2018, en faveur d’un vaste programme de rénovation.
Dans son rapport, le National Audit Office (NAO) estime que « le programme se trouve désormais à une étape critique, le parlement étant appelé à approuver » deux scénarios parmi les quatre encore à l’étude. Deux de ces options bénéficient du soutien de l’instance chargée du pilotage du projet.
Le Parlement appelé à choisir un scénario
La première prévoit le déménagement temporaire des parlementaires afin de permettre la réalisation des travaux dans des conditions plus efficaces. Malgré cette solution, le chantier s’étalerait sur une période comprise entre 19 et 24 ans, pour un coût estimé entre 11,1 et 15,6 milliards de livres sterling (13 à 18 milliards d’euros).
La deuxième option envisagée permettrait aux parlementaires de continuer à occuper partiellement le palais pendant le chantier, les travaux étant réalisés progressivement par secteurs. Ce scénario allongerait toutefois considérablement le calendrier, avec une durée estimée entre 38 et 61 ans et un coût pouvant atteindre 39,2 milliards de livres sterling (plus de 45 milliards d’euros).
Parmi les autres pistes étudiées figure également une solution prévoyant un phasage encore plus étalé des interventions, susceptible de porter la durée totale du programme à 84 ans.
Le palais de Westminster a déjà fait l’objet d’importants travaux ces dernières années. La tour Elizabeth, qui abrite la célèbre horloge de Big Ben, a ainsi été rénovée entre 2017 et 2022. Pendant ce chantier de cinq ans, la cloche monumentale, surnommée Big Ben, n’a retenti qu’à de rares occasions.
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