Recycler le vitrage des menuiseries selon AGC

On retrouve ses références dans certaines fenêtres Wicona et K-Line. Producteur de vitrages plats pour l'automobile et le bâtiment, AGC fournit principalement des transformateurs qui traitent le verre plat pour fabriquer des doubles vitrages, par exemple.
La marque est aussi connue pour sa démarche « Recycle Glass », née il y a trois ans pour répondre aux ambitions de l'entreprise à l'échelle européenne : réduire ses émissions de CO2 de 30 % d'ici 2030 et atteindre la neutralité carbone d'ici 2050.
Un gisement issu majoritairement des chutes de production
Concrètement, AGC collecte et réinjecte du verre plat en fin de vie, soit dans une nouvelle production similaire, soit vers d'autres usages tels que les granulats routiers. Aujourd'hui, 90 % du volume recyclé vient du verre préconsommation, c'est-à-dire des chutes de production. « C'est la partie la plus facile, donc c'est celle qu'on a mise d'abord en place. Nous avons récupéré toutes les pertes de toutes nos filiales et on essaie de récupérer les pertes de tous nos clients », précise Xavier Dognies, directeur des opérations de « Recycle Glass » pour AGC Glass Europe.
Quid du verre post-consommation, issu de la déconstruction ? Ces ressources se trouvent dans les « maisons individuelles. Et donc c'est tellement diffus, mais c'est très important », répond M. Dognies. AGC reprend pour l'heure les vitrages, dont les châssis bénéficient d'une filière de recyclage.
En France, son adhésion à Valobat va dans le sens de la récupération de menuiseries complètes, qui n'est pas sans défis. Car recycler du verre nécessite préalablement une pureté élevée de la matière, qui doit être dépouillée des vis en inox et autres résidus de l'ancienne menuiserie. Les doubles vitrages sont assemblés à l’aide de colles autres barrières intercalaires, qui doivent être retirés.
Purifier le verre des déchets de déconstruction
L'industriel peut compter sur des dizaines de partenaires en France, un réseau qui s'étend en Europe également, indique Xavier Dognies. Des contrôles visuels, mais aussi par machine permettent d'affiner le tri. « C'est surtout chez nos partenaires, et nous également », souligne le directeur des opérations de « Recycle Glass ».
« La richesse du produit verrier, c'est qu'en fait le verre, il est recyclable à l'infini. Quand on fond du verre, il garde exactement les mêmes propriétés », d'apport de lumière naturelle, de confort thermique, affirme-t-il avant de poursuivre : « Il n'y a pas vraiment de limites techniques. On peut augmenter très, très haut, loin de 80-90 %. » Mais aujourd'hui, AGC intègre au moins 60 % de calcins recyclés dans ses verres bas carbone. Un taux influencé par la quantité, la disponibilité et la qualité de la matière récupérée.
Une fois nettoyé, le verre est broyé en calcin pour être introduit dans les différents fours à travers l'Europe : celui de Seingbouse (Moselle) en France, à Moustier-sur-Sambre en Belgique ainsi qu'à Osterweddingen en Allemagne. 200 000 tonnes de matières sont recyclées sur ces sites européens, estime estime Xavier Dognies, en ajoutant : « Pour une tonne de calcin, on économise environ 0,7 tonne de CO2 et on préserve 1,2 tonne de matières premières naturelles ».
AGC était présent au salon de l'immobilier bas carbone (SIBCA) début septembre. Son directeur des opérations de « Recycle Glass » y a vu l'occasion d'y rencontrer de potentiels partenaires ainsi que des clients maîtres d'œuvre.
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