Scorp-io lève 5 millions d'euros pour développer son logiciel de GTB

« On veut prendre le lead sur les logiciels de GTB sur le cloud. » Alors que Scop-io vient d'annoncer une levée de fonds de cinq millions d'euros, son cofondateur, Jean-Romain Bardet, veut viser grand. « On a l'occasion de le faire en France, voire même en Europe sur les prochaines années, ce qui explique cette levée de fonds offensive, pour déployer encore plus vite notre solution en prenant le lead sur cette technologie. » Les logiciels de GTB sur le cloud, kézako ? Reprenons.
Les systèmes de gestion technique des bâtiments (GTB) permettent de gérer les chauffages, ventilations, climatisations de bâtiments tertiaires. « Nous, ce que nous avons créé, c'est un hardware qui va se connecter aux équipements existants », reprend Jean-Romain Bardet. « Nous proposons également une plateforme cloud qui permet non seulement de piloter ces équipements, mais aussi d’en optimiser la régulation, afin de réduire significativement la consommation d’énergie des bâtiments. »
250 sites équipés, notamment dans les collectivités et l'hôtellerie
La start-up, qui s'est créée en 2021, compte désormais une bonne vingtaine de salariés. Scorp-io compte se développer grâce aux 5 millions d'euros levés auprès d'Île-de-France décarbonation, fonds d'investissement initié par la Région Île-de-France, géré par Eiffel investment group, et qui bénéficie du soutien d'acteurs publics et privés (GRDF, EDF, Bpifrance, Covea...).
La jeune entreprise annonce avoir déjà convaincu une cinquantaine de clients, pour 250 sites équipés. « Dans nos clients, on a beaucoup d'hôtellerie, notamment le groupe Beaumier, mais aussi beaucoup de collectivités, comme la Ville de Melun ou la Ville de Paris.»

Pour ce qui est des collectivités, les bâtiments concernés vont des groupes scolaires aux gymnases, en passant par les centres aquatiques. Surtout, ce qui a joué dans la levée de fonds, c'est l'aspect environnemental de la solution. Selon Jean-Romain Bardet, installer Scop-io, c'est faire entre 20 et 40 % d'économie de consommation d'énergie.
La Région espère financer un « champion » de la transition énergétique
« Il y a plusieurs niveaux de régulation. Tout d'abord, on régule par rapport à l'occupation de la zone, avec un mode réduit lorsqu'elle est inoccupée, ce qui permet un gain entre 15 et 20 % par rapport à la consommation énergétique de nos clients », nous explique-t-il. « Ensuite, au bout d'un certain temps, il y a la détection de l'inertie des différentes zones des différents bâtiments, qui permet de mieux prévoir le temps qu'il faut pour chauffer ou climatiser à un certain niveau de confort une pièce. Et cette meilleure anticipation va faire encore baisser la consommation énergétique. »
En ce qui concerne le prix, Jean-Romain Bardet estime que sa solution coûte jusqu'à dix fois moins cher que celles de ses concurrents. « Nous réutilisons les équipements existants du bâtiment, on a développé les connecteurs pour que ça puisse se connecter à tout et n'importe quoi dans le bâtiment, même des régulateurs de plus de 20 ans. On a aussi une technologie qui s'adapte à n'importe quel type d'équipement et d'usages. Pour déployer l'outil dans un bâtiment, cela peut se faire en une journée, alors qu'avec une autre solution, ça pourrait prendre dix jours pour personnaliser l'application. »
En marge de l'annonce de cette levée de fonds, Yann Wehrling, vice-président de la Région Île-de-France, chargé de la transition écologique, du climat et de la biodiversité, s'est félicité de l'action du fonds Île-de-France décarbonation, qui permet, selon lui, de « faire émerger de futurs champions franciliens de l’innovation et des solutions en faveur de la transition énergétique, la décarbonation et la préservation de l’environnement ».
Ne manquez plus l’actualité du bâtiment ! Inscrivez-vous à la newsletter pour recevoir directement dans votre boîte mail les dernières actus du BTP Je m’abonne gratuitement → |














