Rénovation énergétique : n’oublions pas le rôle clé du confort thermique

Les tensions actuelles autour du programme gouvernemental MaPrimeRénov’, finalement maintenu pour des travaux isolés de rénovation, cristallisent l’importance de renforcer l’efficacité énergétique des logements en France. Pourtant, un élément central semble encore relégué au second plan : le confort thermique perçu par les occupants, qui peut fortement varier en raison des conditions météorologiques parfois extrêmes vécues tout au long de l’année. Car, au-delà des économies d’énergie, la finalité première d’un logement performant est d’offrir un cadre de vie agréable, en toute saison.
Le confort thermique : bien plus qu’une question de température
Être bien chez soi, ce n’est pas simplement atteindre une température de 19°C sur un thermostat. Le confort thermique est avant tout une sensation, un équilibre subtil entre la température de l’air, l’humidité ambiante, la qualité de l’isolation, les mouvements d’air… et bien sûr, la saison. L’exemple suivant est bien connu : en hiver, une pièce chauffée à 19 °C (comme le recommandait le gouvernement français en 2022 dans le cadre de son plan général de sobriété énergétique pour éviter des coupures de gaz et d'électricité) mais trop sèche semblera inconfortable. En été, une bonne circulation d’air et une humidité maîtrisée peuvent suffire à éviter la climatisation.
Ce ressenti dépend donc de multiples paramètres qui interagissent entre eux. Un air trop sec ou stagnant, des parois mal isolées, un système de chauffage ou de ventilation mal réparti engendrent assurément un certain niveau d’inconfort, même dans une maison classée « A+ » sur l’échelle du DPE.
Vers un confort durable, intelligent et ressenti
Face à ces enjeux, des solutions existent déjà. Le chauffage intelligent et programmable, les thermostats connectés ou encore le pilotage pièce par pièce permettent d’adapter le climat intérieur à la réalité d’usage. L’idée n’est plus de chauffer ou de refroidir aveuglément, mais d’optimiser seulement quand c’est nécessaire, uniquement là où c’est utile et en tenant compte des conditions réelles, telles que l’occupation, la saison, ou encore la météo.
Sans oublier les appareils pour réguler la qualité de l’air (purificateur) et le taux d’humidité (déshumidificateur quand celui-ci est trop élevé ou humidificateur quand il est trop faible), qui maintiennent un flux d'air humide régulier dans toute la pièce, améliorant ainsi le confort perçu sans avoir à augmenter le chauffage, la climatisation ou le ventilateur.
Un bon taux d’humidité (entre 40 et 60 %), une circulation d’air bien pensée et une qualité d’air maîtrisée sont autant d’éléments qui réduisent la dépendance aux systèmes énergivores et augmentent mécaniquement le confort perçu. Résultat ? Des économies en énergie, moins de stress, une meilleure santé et un sommeil de meilleure qualité. Ainsi, le confort thermique devient un vecteur de bien-être.
Un consommateur mieux informé, plus exigeant
De plus en plus sensibilisés, les particuliers sont devenus plus exigeants, le confort n’étant plus considéré comme un luxe, mais bien comme un aspect essentiel de la qualité de vie. Ils ne cherchent plus uniquement des produits performants ou économiques. Ils attendent des solutions silencieuses, abordables, économes en énergie, voire même durables. Concrètement, cela se traduit par un attrait grandissant pour les produits connectés (dotés de capteurs et qui peuvent donc réellement mesurer la température de l’air ou sa qualité) et les solutions hybrides (alliant chauffage et ventilation, par exemple, ou encore ventilation et purification).
À l’avenir, les dispositifs les plus plébiscités seront les plus discrets, qui s’intègrent dans les intérieurs sans les envahir. Ils disposeront de technologies qui apprennent, s’ajustent automatiquement, anticipent même les conditions à venir grâce à l’intelligence artificielle. En clair, du confort sans avoir à y penser.
Un message clair aux constructeurs : aller au-delà du score énergétique
Dans ce contexte, les professionnels du bâtiment ont un rôle crucial à jouer. Le confort thermique ne doit plus être considéré comme un « plus », mais comme un critère de conception à part entière. Un logement peut être classé A+ et rester inconfortable si l’humidité est mal gérée, si l’air circule mal, ou si les équipements ne sont pas adaptés aux usages réels.
Le message aux constructeurs est clair. Ils doivent concevoir des habitats qui s’adaptent réellement aux saisons, aux modes de vie et aux rythmes des occupants. En y intégrant des solutions intelligentes, sobres et invisibles, ils feront du confort thermique une priorité de design, et non une conséquence de la performance.
En définitive, le foyer de demain devra être adaptatif et prédictif, s'ajustant automatiquement en fonction des capteurs, des saisons, de la température extérieure, de la météo, et de l'heure de la journée. Opposer la performance énergétique au confort thermique n’a plus lieu d’être. Alors qu’une majorité de consommateurs s’équipent de produits connectés afin d’automatiser un certain nombre de tâches liées au traitement de l’air, l'amélioration du confort thermique entraînera une réduction de la consommation d'énergie.
Par Dennis Wessels