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Aménagement de l’Île-de-France : la mesure « anti-ghetto » controversée

Publié le 12 juillet 2023

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Le plan d’aménagement de la région Île-de-France n’a pas su convaincre les oppositions et la préfecture francilienne, notamment en ce qui concerne les logements. La clause « anti-ghetto », voulue par la présidente de la Région Valérie Pécresse et qui doit permettre « d’éviter de créer des zones de paupérisation », est particulièrement sous le feu des critiques.
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Le nouveau schéma directeur de la région Île-de-France (Sdrif) doit encadrer jusqu’en 2040 le développement de la région. Alors qu’il doit être adopté d’ici 2024, la préfecture d’Île-de-France a demandé début juillet à Valérie Pécresse de revoir sa copie concernant le plan d’aménagement de la région, notamment sur le volet du logement.

Ce Sdrif doit s’imposer aux élus locaux dans leurs plans d’urbanisme et doit être validé une première fois ce mercredi 12 juillet au conseil régional. Il doit ensuite faire l’objet d’une enquête publique, l’État ayant un droit de regard, avant d’être adopté dans sa version définitive courant 2024.

La clause « anti-ghetto » loin de faire l’unanimité

 

Les réserves émises par la préfecture d’Île-de-France portent notamment sur la clause « anti-ghetto » voulue par la présidente de la région. Celle-ci vise à freiner la production de logements sociaux dans les communes qui en comptent déjà au moins 30 %. La préfecture déplore une clause qui « conduirait à réduire de 21 % la production sociale (de logement) moyenne » par rapport à ces dernières années. Par ailleurs, la région n’a pas prévu de « disposition forte » dans les communes faiblement dotées pour compenser, ce que regrette la préfecture francilienne.

« Au-delà de 30 %, il n’y a pas de mixité », répond à l’AFP l’entourage de Valérie Pécresse qui veut ainsi éviter « une ghettoïsation des quartiers ». En ce qui concerne les communes carencées qui ne respectent pas le minimum de 25 % imposé par la loi SRU, « elles ont construit plus de logements sociaux qu’avant », depuis que Mme Pécresse dirige la région, fait valoir l’entourage de l’ancienne ministre.

L’opposition communiste dénonce de son côté une mesure « anti-sociale, anti-logement social, anti droit au logement pour toutes et tous », et affirme qu’elle ira contester cette clause anti-ghetto devant la justice.

Hormis ce point controversé, « 90 % des demandes » de l’État sur le logement ont été « intégrées », affirme auprès de l’AFP Jean-Philippe Dugoin-Clément, le vice-président de région en charge du logement et l’aménagement du territoire.

La construction de nouvelles prisons est un autre sujet de désaccord, la droite poussant à construire quatre nouveaux établissements, soit « l’équivalent de 3 000 places », résume l’entourage de Valérie Pécresse. Mais en cas d’intégration d’une mesure dérogatoire à l’inconstructibilité en zone agricole, réclamée par l’État notamment pour construire ces prisons, « nous sommes bien loin d’une protection efficace des sols », déplore France Nature Environnement (FNE) Île-de-France.

 

Jérémy Leduc (avec l'AFP)

Photo de Une : AdobeStock

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