Logement : les programmes des candidats à la présidentielle décryptés (rapport) Vie des sociétés | 18.04.17

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À quelques jours du premier tour de la présidentielle, l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) a publié un rapport détaillant les propositions des différents candidats. L’occasion de découvrir que si ces derniers se sont peu exprimés sur le sujet du logement durant la campagne, il n’a pas été oublié pour autant ! Retour sur les programmes des principaux concurrents dans la course à l'Élysée.
Qu’Emmanuelle Cosse se rassure ! Alors que la ministre du Logement s’inquiétait il y a quelques semaines que son sujet de prédilection n’ait été que peu abordé par les candidats à la présidentielle, un rapport de l’Observatoire français des conjonctures économiques a récemment démontré le contraire.

Publié ce 14 avril, le document revient sur les propositions économiques des postulants au plus haut titre du gouvernement. Des finances publiques à l’environnement, en passant par les entreprises et les ménages, aucun volet n’a été mis de côté. De même, le rapport décrypte les politiques de logement que souhaitent mener les candidats.

Des candidats aux programmes contrastés

Si certains d’entre eux font dans l’originalité, d’autres préfèrent ne pas prendre de risque ! C’est en tout cas ce qui ressort du programme d’Emmanuel Macron, qui ne fixe aucun objectif national en termes de construction. En revanche, le candidat d’En Marche ! milite pour la mise en place d’une « exonération totale de taxe d’habitation pour près de 80% des ménages français et le maintien de l’encadrement des loyers », selon l’OFCE. Il compte également développer l’intermédiation locative et le doublement des pensions de famille, tout en instaurant un ‘’Bail mobilité’’ dont les modalités demeurent assez floues.

De son côté, François Fillon espère « inciter à l’investissement privé au travers, d’une part, l’accession à la propriété […] et d’autre part de l’investissement locatif privé ». Dans ce sens, il propose notamment d’accélérer les procédures d’expulsion locative, de mettre un terme à l’encadrement des loyers, de revoir la loi SRU et de maintenir les dispositifs « qui marchent », dont la loi Pinel et le PTZ.

À l’opposé, Benoît Hamon suggère d’augmenter « les aides à la pierre à l’adresse des bailleurs sociaux jusqu’à 1 milliard » et d'« imposer une loi SRU renforcée ». Engagé dans la lutte contre le mal-logement, le socialiste propose d’adopter un ambitieux plan ''Zéro bidonville''. Enfin, il souhaite « adapter » les dispositifs d’incitation à l’investissement locatif.

Également impliquée dans le regain de pouvoir d’achat des ménages, Marine Le Pen compte faire baisser la taxe d’habitation et les droits de mutation de 10%. Surtout, la candidate FN fait les yeux doux aux jeunes avec son programme ''Protection-Logement-Jeunes'' qui se traduit par une « hausse de la construction de logements étudiants » et « la revalorisation de 25% des aides personnelles » pour les moins de 27 ans. Sur le volet du logement social, elle souhaite « réserver prioritairement aux Français l’attribution du logement social, sans effet rétroactif, et de le mobiliser vers les publics qui en ont le plus besoin ».

Enfin, Jean-Luc Mélenchon reprend une promesse du quinquennat Hollande, à savoir la mise en place d’une Garantie universelle des loyers. Partie intégrante de la loi ALUR, ce dispositif vise à lutter contre les loyers impayés. Le candidat de la France Insoumise mise également sur un objectif annuel de financement de logements sociaux ambitieux, portant le total à 20 000 unités. 

©Capture d'écran "Quelles propositions économiques des candidats à la présidentielle ?", OFCE, Sciences Po Paris, avril 2017.

Des propositions qui pourraient bien peser dans la balance lors du scrutin de ce 23 avril.

Et la rénovation énergétique ?

Souvent critiqués pour leur manque d’implication dans les thématiques relatives à la transition énergétique, les candidats ont néanmoins émis plusieurs propositions concernant l’environnement.
Au cœur de la Loi sur la transition énergétique et la croissance verte, la rénovation énergétique du bâtiment apparaît pour chacun comme une réelle nécessité. Cependant, les programmes sont très largement divergents : si Marine Le Pen s’engage pour l’isolation (« priorité budgétaire du quinquennat »), François Fillon, lui, se contente de poursuivre les programmes d’aide à la rénovation.
De son côté, Emmanuel Macron projette d’investir 4 milliards d’euros dans la rénovation des bâtiments publics. Plus ambitieux, Benoit Hamon propose d’injecter 100 milliards d’euros dans la rénovation urbaine et thermique, dont 30 milliards d’argent public sur 5 ans et 70 milliards de prêts auprès de la Caisse des dépôts. Jean-Luc Mélenchon, quant à lui, vise la rénovation de 700 000 logements par an et la mise en place d’un guichet unique pour le financement.
 

F.C
Photo de Une : ©Fotolia
Redacteur

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