Pratiques anticoncurrentielles : Umicore écope d'une amende qu'il conteste

Vie des sociétés | 23.06.16
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L'Autorité de la concurrence vient d'infliger une amende de 69,2 millions d'euros au groupe belge Umicore. Le principal fournisseur de produits en zinc laminé pour la construction en France est condamné pour « abus de position dominante » sur une période de 9 ans qui « a contribué à figer la concurrence ». Détails de l'affaire et réaction d'Umicore qui compte faire appel.
La maison mère ainsi que la filiale française du groupe Umicore, qui commercialisent leurs produits sous la marque VM Zinc, écopent d'une amende de 69, 2 millions d'euros.

Le groupe belge est ainsi sanctionné « pour avoir mis en place, entre 1999 et 2007, une politique commerciale contraignant ses distributeurs-revendeurs, parmi lesquels certaines grandes enseignes spécialisées (Point P, Asturienne, Larivière), à s'approvisionner exclusivement auprès de lui », détaille l'Autorité de la Concurrence, dans sa décision rendue publique ce jeudi.

Le groupe belge commercialisait ses produits grâce à un réseau de distributeurs sélectionnés et indépendants : les centres VM Zinc (228 en 2012), qu'il liait par des accords d'exclusivité selon l'Autorité.

« Cette politique commerciale s'accompagnait  d'un système de surveillance, de menaces et de représailles visant à discipliner les revendeurs et à s'assurer qu'ils s'approvisionneraient uniquement auprès de lui », souligne également l'Autorité, qui précise que ces pratiques ont perduré en réalité jusqu'en 2014 mais que les représailles sur les distributeurs n'ont pu être attestées que jusqu'en décembre 2007.

Plusieurs cadres, cités dans l'affaire, ont ainsi parlé de « visites impromptues du directeur régional d'Umicore (…) et du responsable commercial », et de « l'attitude d'inquisiteur, notamment sur la présence éventuelle de produits concurrents », du premier protagoniste.

De plus, « des ventes anormalement basses ou des baisses de commande étaient suivies de demandes d'explications auprès des distributeurs concernés en vue de les discipliner », précise l'Autorité de la Concurrence.

Des représailles et des menaces sur les revendeurs

Plusieurs types de représailles ont été mis en place à l'égard des distributeurs VM Zinc ayant distribué du zinc concurrent : « réduction ou suppression de bonifications (remises) des distributeurs fautifs ; retrait du statut de « centre VM Zinc » les privant de conditions préférentielles (tarifs d'approvisionnement, conditions de paiement et de livraisons avantageuses) », cite l'Autorité. 

Ainsi, cette « politique de verrouillage » qui a duré « 9 ans » a eu pour effet de rendre « plus difficile et plus coûteux l'accès des fournisseurs concurrents (l'allemand Rheinzink, le néerlandais Nedzink, l'américain Altrista et l'italien Simar, ndlr.) aux principaux distributeurs de produits de construction en zinc » et de « figer la concurrence ».

« En effet, les centres VM Zinc, qui représentaient environ 70 % des ventes de produits de construction en zinc, constituaient un passage obligé pour distribuer efficacement ces produits ». « Les lamineurs concurrents n'ont pu se développer et ont été abusivement évincés », ajoute l'Autorité de la Concurrence. De plus, les distributeurs, ne pouvant faire jouer la concurrence, ont répercuté au niveau des clients des prix d'achats plus élevés de « 5 à 15 % », selon les calculs de l'Autorité.

Pour déterminer le montant de la sanction, l'Autorité a tenu compte de la gravité des pratiques, du dommage causé à l'économie ainsi que leur durée. Par ailleurs, elle a considéré que l'existence de pratiques d'importations parallèles, qui avaient également été reprochées à Umicore par les services d'instruction, n'était pas démontrée.  

Pour rappel, le groupe belge détient 70 % de parts de marché en France sur deux types de produits : les produits de couverture (toits de bâtiments) et les produits d'évacuation des eaux pluviales (gouttières, tuyaux de descente...). Il réalise un chiffre d'affaires mondial de 9,7 milliards d'euros.

Le marché concerné par ces pratiques anti-concurrentielles est de « 125 millions d'euros par an » sur ces deux produits vendus par Umicore, « ce qui représente environ un milliard d'euros sur 9 ans », a précisé l'Autorité.

Umicore conteste et fait appel

Dans un communiqué publié ce jeudi, la maison mère riposte : « Umicore conteste catégoriquement avoir imposé ou cherché à imposer une quelconque exclusivité d’approvisionnement et dispose de nombreux éléments étayant sa position. L’étude approfondie du dossier démontre, notamment, que les distributeurs repris dans la notification de griefs disposaient d’un approvisionnement large et varié dont une part importante était issue de concurrents d’Umicore Building Products France ».

« Par ailleurs, les éléments sur lesquels l’Autorité s’appuie pour établir qu’Umicore Building Products France aurait ou aurait eu une position dominante ne reflètent en rien la réalité du marché des matériaux de couverture, dans lequel le zinc se bat chaque jour pour trouver sa place parmi une multitude de produits substituables », ajoute le groupe belge.

« La position de l’Autorité française est d’autant plus infondée qu’elle est en contradiction avec celle de la Commission Européenne et de l’Autorité de la concurrence allemande qui ont, à plusieurs reprises dans des décisions antérieures, estimé que les produits en zinc ne constituent qu’un sous-segment du marché des matériaux de couverture et ne doivent pas être considérés de façon isolée. Selon ces décisions antérieures, Umicore Building Products France ne dispose en aucun cas d’une position dominante ».

« Face à cette décision infondée, nous sommes déterminés à nous battre pour protéger notre marque et continuer à apporter à nos clients des produits et services de qualité », a déclaré Marc Grynberg, CEO d’Umicore qui compte bien faire appel.

C.T
© DR

Redacteur
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