Retards de paiement : la construction toujours parmi les bons élèves

Le cabinet Altarès publie son bilan concernant les retards de paiement en France. Au premier semestre 2026, la France retrouve son meilleur niveau depuis trois ans, sans toutefois atteindre son record de 2018 (moins de 11 jours).
Le retard moyen – tous secteurs confondus – est aujourd’hui réduit à 12,3 jours, contre 14,1 jours un an plus tôt.
Grâce à cette amélioration, la France fait désormais mieux que la moyenne européenne, qui enregistre 13,1 jours.
Toutefois, l’Hexagone reste placé derrière les Pays-Bas (2,9 jours), l’Allemagne (6,5), la Belgique (10,2) et le Royaume-Uni (11,2).
Parmi les mauvais élèves européens, on retrouve notamment le Portugal (23,3 jours), l’Italie (16,3), l’Irlande (15,8) et l’Espagne (14).
Les TPE et PME font des efforts
À l’échelle de la France, le recul des retards de paiement est porté par les petites et moyennes entreprises.
Dans le détail, la moyenne est de 11,7 jours pour les TPE de 1 à 9 salariés, et même de 11,1 jours pour les PME de 10 à 49 salariés.
« Malgré des trésoreries souvent plus fragiles, ces entreprises apparaissent aujourd'hui comme les plus rigoureuses dans le respect de leurs échéances fournisseurs », note Altarès.
« Cette amélioration intervient dans un contexte favorable où les préparatifs liés à la facturation électronique conduisent les organisations à moderniser leurs processus et à renforcer la qualité de leurs données », constate de son côté Thierry Millon, directeur des études Altarès.
« Elle reflète aussi l'effet d'un cadre réglementaire plus ferme à l'égard des mauvais payeurs. Plus globalement, ce redressement traduit l'ancrage progressif d'une conviction désormais partagée : la ponctualité des règlements n'est plus seulement une question de trésorerie, mais un enjeu de compétitivité, de confiance économique et de conformité », ajoute-t-il.
D’après Altarès, les plus mauvais payeurs restent les groupes de plus de 1 000 salariés, qui accusent en moyenne 19,6 jours de retard.
La construction, bonne élève face à la promotion immobilière
Mais les résultats restent très hétérogènes selon les secteurs d’activité. Ainsi, la construction figure parmi les bons élèves avec « seulement » 8 jours de retard en moyenne.
L’industrie du bois et des matériaux de construction enregistre de son côté 8,8 jours de retards de paiement.
Côté commerce des matériaux de construction, on observe 10 jours de retard.
Les travaux publics, eux, repassent sous le seuil des 12 jours.
À l’inverse, la promotion immobilière est dans le rouge, avec près de 26 jours de retard.
Parmi les secteurs les plus en retard, on retrouve en particulier les services aux entreprises, et notamment le secteur de la sécurité, avec en moyenne 26,9 jours.
« Le redressement observé ne doit pas conduire à relâcher l'attention pour autant. Dans un contexte où les perspectives économiques demeurent fragiles, entre tensions commerciales, instabilité géopolitique et défaillances d'entreprises toujours à des niveaux élevés (plus de 71 700 à fin août), la capacité à inscrire cette amélioration dans la durée constituera le véritable test de résilience du tissu économique français », conclut Thierry Millon.
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