Trait de côte et granulats marins : l’UNPG présente un guide méthodologique

L’Union nationale des producteurs de granulats (UNPG) l’affirme : « L’extraction de granulats marins en France est une activité modeste en volume et strictement encadrée. »
Selon ses chiffres, 8,7 millions de tonnes ont été extraits en 2022, ce revient à environ 2 % de la production nationale totale de granulats. Pareil pour l'occupation foncière des 17 concessions actives, sur une superficie d’environ 160 km² (0,04 % de la Zone économique exclusive métropolitaine). Le tout pour 18 navires en activité et 900 emplois directs et induits.
« Si l’on considère les extractions en France, il y a deux types finalement de nature de granulat marin. Ceux qu'on extrait directement sur des concessions qui sont au large des côtes françaises et ceux que l'on va importer de nos pays limitrophes », nous expose Laetitia Papore, membre de la commission Granulats marins de l’UNPG, lors de la présentation d’un nouveau guide méthodologique pour la filière.
40 ans de travaux pour limiter les effets directs
Depuis les années 1980, les chercheurs français émettent des recommandations pour limiter l’impact environnemental de cette activité sur la mer et le littoral. Notamment sur le trait de côte, qui peut reculer et menacer les habitats (par transferts vers le large, aménagements et urbanisme…) ou avancer (par apport de matériaux marins et fluviaux).
En résulte une procédure l’instruction des projets d’extraction, de l’évaluation environnementale des demandes titres selon le Code minier au contrôle de l’activité par les agents de la police des mines en mer.
Des études et autres éléments de littérature scientifique produits des connaissances sur les effets de l’activité sur le trait de côté :
- Des études dans les années 80 menées par l’Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), confiés à Artelia et financés par l’UNPG et le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema) ;
- Un guide de l’Ifremer, durant les années 2000, pour aider les entreprises à intégrer la modélisation numérique ;
- Deux mesures étatiques : un guide sur la gestion du trait de côté en 2010 et sa stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte, adressé aux territoires, en 2012 ;
- Un guide en 2016 visant à cadrer les impacts possibles et pistes méthodologiques, complétés par des études hydrauliques, synthèses sur les dynamiques littorales voire une cartographie des zones à risque ;
- Un rapport conjoint d’Artelia, du Cerema et de l’UNPG en 2021, affiche l’absence d’impact direct de l’extraction de granulats marins sur le trait de côte.
Différentes modélisations numériques décryptées
Le présent guide, poursuit ce dernier rapport. Car certes, l’extraction ne se fait plus au niveau des plages, ni du littoral, afin de protéger l'environnement. Certes, l’extraction au large n’a plus d’impact direct sur le trait du côté. Mais pour autant, des effets indirects sont à soulever, de la modification des courants au transports des sédiments.
Publié en français et en anglais sur le site de l’UNPG, il est le fruit d’un travail de trois ans entre le Ministère de la Transition Écologique et diverses structures : Artelia, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), l’Ifremer, le Cerema ainsi que le service hydrographique et océanographique de la Marine (Shom).
Le but de ce document : devenir un « outil de référence pour aider à construire et à instruire les projets d’extraction de sables et de graviers », selon l’UNPG. Mettant à jour les dernières connaissances scientifiques, il distingue la définition administrative, c’est-à-dire la limite terre-mer, celle du terrain établi par le Cerema, les traits de côtes naturels récents (limites de falaise et de plage).
« Il faut utiliser des techniques de modèles numériques de terrain pour pouvoir la tracer », évoque Luc Hamm, docteur en mécanique des fluides et consultant chez Artelia. Ces modélisations aident à également identifier les éventuels impacts indirects de ces exploitations au large du littoral. « On compare une situation de référence (état actuel) avec une situation en fin d’exploitation incluant d’éventuels autres projets en cours ou prévus sur la même zone (notion d’effets cumulés) », explique l’UNPG.

Quatre méthodes sont décryptées dans le guide : états de mer, courantologie, transport des sédiments côtiers, et transit littoral. À cela s’ajoutent d’autres paramètres, spécifiques aux estuaires ou aux lagunes côtières.
Des situations qui varient selon le territoire. « Il n'existe pas de modélisation unique, on est obligé de passer par un ensemble de modélisation un peu complexe », poursuit M. Hamm.
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