À Valenton, la délicate intervention de Benjamin Fleury

Architecture | 22.06.22
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Intervenir dans un quartier à haute qualité patrimoniale sans tomber dans le mimétisme ni dans le pastiche, est un exercice périlleux auquel s’est livré l’architecte Benjamin Fleury à Valenton. Compacité et sobriété sont au rendez-vous.

Sobre et efficace


Le projet occupe une parcelle laissée à l’abandon, où se sont accumulées au gré du temps une multitude de véhicules épaves. Non loin de là, se trouve un ensemble de logements réalisé en 1974 par l’agence Andrault et Parat et se composant d’un immeuble de trois niveaux abritant un parking en rez-de-chaussée. Le programme est pourtant simple mais la complexité réside dans le fait d’élever contre le pignon de cet immeuble patrimonial une nouvelle construction d’une vingtaine de logements, dans la continuité de la cité Pré l’Arpent. Ériger un nouvel édifice à la fois sobre et efficace sans défigurer l’existant était donc le défi de l’agence Benjamin Fleury Architecte Urbaniste, tout en répondant favorablement aux diverses exigences du programme. 


Par ailleurs, notons que mis à part le côté patrimonial, le terrain est caractérisé par plusieurs contraintes. En effet, situé entre la gare de triage de Villeneuve-Saint-Georges, proche de la Seine, et la station d’épuration de Seine Amont, l’ensemble concentre de nombreuses complexités propres à la banlieue parisienne, comme la nappe phréatique qui se trouve à moins d’un mètre du sol naturel, et le bruit des infrastructures routières, ferroviaires et aériennes, en plus de l’inondabilité de la zone. Un ensemble de difficultés que l’architecte a résolu avec la plus grande finesse en utilisant une approche très pragmatique. 

©David Boureau


Anticipation et création


Le nouvel édifice est composé de 18 logements sociaux avec un accès pompier installé au premier étage pour l’évacuation des personnes en cas de crue. Le parking ne pouvant pas être installé en sol-sol au vu de la présence de la nappe, il prend ainsi place sous les pilotis du bâtiment. L’architecte a anticipé les inondations, en procédant à plusieurs solutions, comme par exemple la réalisation d’un hall entièrement extérieur qui s’ouvre généreusement sur le jardin semi-humide, la conception d’une façade en résille métallique totalement poreuse pour les locaux des deux-roues. Bref, des solutions simples et efficaces.


Côté volumétrique, l’ensemble se compose de trois niveaux suspendus sur un vide abritant les stationnements. L’architecte nous précise que dans un esprit de mise en résonnance avec les bâtiments alentours, il a privilégié le remplissage des façades entre les lignes horizontales par des plaquettes de béton de teinte blanche de très grande longueur, qui font un clin d’œil au revêtement en brique des façades voisines. 

 

©David Boureau


Le confort d’abord


Un confort particulier a été octroyé à tous les logements. Nous pouvons noter l’existence de quatre logements sur cinq à double orientation ou traversant, tandis que le seul logement mono-orienté donne à l’ouest. Toutes les habitations abritent des espaces lumineux et conviviaux mais aussi des terrasses et des balcons. Côté matérialité, l’architecte a opté pour des matériaux bruts en rez-de-chaussée (béton banché et maçonné) et de teinte blanche aux étages. Par ailleurs, deux pelouses de rétention en creux, largement végétalisées, ont été aménagées de part et d’autre de l’édifice. Ces pelouses non seulement protègent la nappe phréatique, mais elles génèrent un paysage semi-humide qui favorise la biodiversité. L’architecte nous apprend que dans le but de rendre lisible le cheminement naturel des eaux pluviales, les balcons et les terrasses comportent en rive des barbacanes rectangulaires munies de chaînettes. Le rôle de ces dernières étant de guider les eaux pluviales jusqu’aux deux pelouses en creux. De même, les gaines techniques des appartements drainent les eaux de toitures, continuent leur chemin contre les poteaux pour aboutir dans des caniveaux en fonte qui se jettent dans les jardins d’eaux. 


À Valenton, le projet des 18 logements sociaux de Benjamin Fleury respecte la présence de l’ancien, repense les alentours, redonne vie à une parcelle complètement délaissée, tout en conjuguant frugalité et durabilité. Une belle équation qui a accouché d’une remarquable opération !


Sipane Hoh

Photo de une : ©David Boureau

Claire.lemonnier
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