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Le futur centre aquatique de Saint-Denis nous ouvre ses portes

Publié le 20 septembre 2023

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Le futur centre aquatique de Saint-Denis (93) va bientôt pouvoir ouvrir ses portes. Destiné à accueillir plusieurs épreuves de natation pour les Jeux Olympiques de Paris 2024, ce centre aquatique est doté d’un design original et unique en son genre. La toiture de son côté est une véritable prouesse technique. Explications.
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Situé dans l’ombre du Stade de France, et séparé de ce dernier par l’autoroute A1, le futur centre aquatique de Saint-Denis est doucement en train de sortir de terre. Ce sont les agences d'architecture VenhoevenCS (Pays-Bas) et Ateliers 2/3/4 (France) qui ont dessiné cet édifice, qui doit être fin prêt début 2024. Le bâtiment, dont la construction a été assurée par Bouygues Bâtiment Île-de-France, est doté de 2 500 places nettes extensibles, et jusqu’à 5 000 places avec un dispositif d’adaptation simple.

De l’extérieur, le futur centre aquatique se démarque par un design moderne. Les grandes poutres en épicéa qui composent son armature attirent l’œil, et témoignent de l’effort fourni pour en faire un bâtiment éco-conçu.

Après plusieurs mois d’études et de réflexion, les travaux ont débuté en avril 2021. La livraison est prévue d'ici le début de l'année prochaine, afin de pouvoir accueillir un certain nombre d’épreuves de natation pendant les Jeux Olympiques de Paris 2024. Le public venu du monde entier pourra alors profiter des épreuves de natation artistique, de water-polo et de plongeon. Sa proximité avec le Stade de France permettra également aux visiteurs des quatre coins du monde de s’y rendre, à l’aide d’une passerelle spécialement construite pour l’occasion qui enjambera l’autoroute A1.

 

Une toiture unique au monde

 

L’élément principal, qui fait du futur centre aquatique de Saint-Denis un bâtiment unique au monde ? Sa toiture. Cette dernière est dotée d’une structure en bois, dont l’ossature est l’une des plus grandes au monde. Petite difficulté supplémentaire à la conception d’un tel édifice : son atmosphère intérieure. Piscine oblige, le bâtiment est un bâtiment à très forte hygrométrie. Composée des catènes de 90 mètres de portée, et d’une surface dépassant les 10 000 m², la toiture supporte près de 2 255 modules photovoltaïques destinés à produire 805 kWc. Tous ces équipements en font l’une des plus grandes fermes solaires sur bâtiment en bois au monde.

La pose de tous ces panneaux photovoltaïques n’a pas été une mince affaire. Aux points hauts de la toiture, la pente est de 38 %. Or, c’est sur cette toiture légère qu’ont été intégrés les 2 255 modules. La difficulté a été de concevoir la fixation des modules photovoltaïques non étanches sur une toiture solaire caractérisée par de fortes inclinaisons. Défi relevé, et d’autant plus impressionnant quand on sait qu’au-delà d’une inclinaison de 10 %, la pose de ce type d’installations est très difficile.

La forme concave de la toiture a été décidée ainsi afin de réduire le volume d’air à chauffer dans la halle du bassin. La structure primaire, 100 % bois, est constituée de catènes de section 50x20 cm. Sa structure secondaire est également en bois.

 

Fiche d’identité de la toiture de l’édifice

 

Pour ce qui est de l’isolation thermique, c’est l’isolant en verre cellulaire Foamglas qui a été choisi. Celui-ci, composé de matériaux écologiques, est reconnu pour sa durabilité et sa contribution à une économie circulaire. Pour l’isolation de la toiture, il est placé sur les bacs acier, éléments porteurs de la toiture. L’isolant est collé à chaud, puis les étanchéités, constituées d’une membrane bitumineuse et d’une membrane synthétique, sont thermosoudées, chacune en pleine adhérence.

La principale difficulté dans la réalisation de cette toiture a résidé dans la pose des panneaux photovoltaïques. Il a fallu concevoir la fixation des modules photovoltaïques non étanches sur une toiture solaire caractérisée par de fortes inclinaisons.

Pour ce faire, cette toiture a été développée en suivant un processus rigoureux comprenant un Avis Technique d’Expérimentation (ATEX) du CSTB, déposé par Bouygues Bâtiment Île-de-France, et a également fait l’objet de nombreux essais en laboratoire. Pour mener à bien la pose des modules photovoltaïques, il a fallu faire appel à de nombreux experts issus de diverses disciplines telles que la structure, l’étanchéité, les fluides, la thermique, l’aéraulique, l’acoustique… L'électricité produite par les quelques 2 255 modules photovoltaïques fait du centre aquatique de Saint-Denis un bâtiment auto-suffisant.

L’édifice comprend 17 500 m² de surface utile, et n’est pas voué à disparaître après les olympiades à venir. Le centre aquatique est en effet le seul équipement sportif construit de façon pérenne à l’occasion des JO de Paris 2024. Le bâtiment a été pensé à l’aune des enjeux de la Seine-Saint-Denis, aujourd’hui largement carencée en équipements sportifs. C’est pourquoi, au-delà d’accueillir les plus grands rassemblements sportifs, il a aussi vocation à amener les populations locales à la pratique du sport.

 

Jérémy Leduc

Photo de Une : J.L.

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