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La formation au service des défis du bâtiment de demain ?

Pour son dernier Rendez-vous du Mondial du Bâtiment, Batiradio consacrait, vendredi dernier, une de ses séquences aux nouveaux défis à relever dans le bâtiment. Dans un contexte où les métiers du BTP sont de plus en plus en tension et peinent à devenir attractifs, certaines mutations du secteur pourraient contribuer à rendre la formation aux métiers du bâtiment plus attrayante. Explications.
Publié le 08 juin 2022

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La formation au service des défis du bâtiment de demain ? - Batiweb

Le bâtiment est aujourd’hui plus que jamais confronté à de grandes mutations. En effet, les normes de construction évoluent en permanence, ce qui oblige notamment le secteur à se renouveler, à innover. Cependant, les métiers du BTP se révèlent en tensions, en raison de leurs difficultés à recruter et à rendre leur formation attractive

« L'Observatoire des métiers du BTP a fait une étude l'année dernière sur les métiers en tension. Le bilan au niveau global est très clair : tous les métiers du BTP sont en tension aujourd’hui. Pôle emploi fait une enquête sur les besoins en main d'œuvre chaque année et les entreprises du bâtiment répondent dans 70 % des cas que les recrutements sont difficiles », souligne Hervé Dagand, responsable de l’équipe technique de l’Observatoire des métiers du BTP.

 

« Le numérique a un pouvoir d’attractivité »

 

L’arrivée des nouvelles réglementations environnementales mais aussi celle du numérique dans le bâtiment font partie des grandes mutations du secteur. Ces dernières pourraient ainsi inverser la balance et donner envie aux jeunes de se diriger vers les métiers du BTP, et ce dès la formation. « Il ne faut pas oublier qu'on a quand même plus de 160 000 jeunes qui sont en formation initiale », précise Jean-François Gorre, directeur de la formation au sein de la FFB.

En effet, le numérique, souvent considéré comme ludique, est de plus en plus présent dans le bâtiment et participe donc à rendre certains métiers plus attractifs. « Le numérique a un pouvoir d'attractivité. On ne peut pas considérer qu’aujourd’hui, le jeune ne sera pas attiré par ce sujet-là. Le jeune a une nécessité, il souhaite travailler sur le numérique et il va pouvoir trouver son bonheur dans le bâtiment », commente Dominique Naert, directeur du mastère Spécialisé Executive Immobilier et Bâtiment Durables à l’École des Ponts ParisTech.

Le numérique joue de ce fait un rôle novateur dans la productivité et l’efficacité des métiers, mais il permet surtout de maintenir ces jeunes dans le bâtiment, puisqu’ils seront moins tentés de quitter le secteur une fois arrivés. « Je pense au drone par exemple chez les couvreurs, qui a finalement fait aussi évoluer le métier et qui est rentré très facilement dans le secteur de la couverture, tout simplement parce qu'il apportait de la valeur ajoutée », ajoute Jean-François Gorre.

 

« Le défi climatique motive les jeunes »


L’autre grande mutation qui touche le secteur du bâtiment est l’arrivée de nouvelles normes environnementales, normes qui ont un impact direct sur le secteur et sur la construction. Cette mutation fonctionne par ailleurs avec celle du numérique, qui interagissent l’une avec l’autre, puisque la plupart des objectifs environnementaux, tels que la réduction des émissions de gaz à effet de serre ou encore la réduction des déchets, ne peuvent être atteints sans l’intervention du numérique. 

« C'est grâce au numérique, et à la conception aussi des bâtiments qui est de manière numérique, qu'on peut aussi améliorer la conception des bâtiments d'un point de vue thermique, du point de vue des consommations, des flux d'énergie, d'électricité… Et le numérique va certainement nous donner une aide importante pour pouvoir affronter ce défi environnemental », explique Hervé Dagand.

Par ailleurs, le secteur du bâtiment voit arriver de plus en plus jeunes, et de moins jeunes, qui n'étaient pas destinés aux métiers du bâtiment. Ces derniers, souvent sensibles aux enjeux climatiques et environnementaux, se dirigent ainsi vers les métiers du BTP dans le but d’avoir un impact à leur échelle sur le secteur. « On dit souvent que c’est le numérique qui est attractif pour les métiers, alors qu’on s'aperçoit en fait que c’est défi climatique qui motive les jeunes », affirme Dominique Naert.

« D'ici huit ans, donc en 2030, il y aura à peu près 300 000 artisans qui prendront leur retraite. Il va donc falloir remplacer à peu près 70 % des artisans. C’est aussi un des sujets qu’il va falloir régler par la formation », conclut-il.
 

Pour retrouver l'intégralité des replays de l'émission de Batiradio, c'est ici :

 

 

Robin Schmidt

Photo de une : Adobe Stock

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