Île-de-France : l'activité des travaux publics « en net recul pour 2026 »

Le bilan de la commission développement économique de la Fédération Régionale des Travaux Publics (FRTP) en région parisienne du 17 septembre est clair : « L’activité Travaux Publics en Île-de-France en 2026 accélère sa dégradation débutée en 2025. »
Après une baisse de 3,5 % enregistrée en 2025, le déclin pourrait se creuser à -5,1 % en 2026 puis à -10,1 % en 2027. « Le nombre d’appels d’offre a baissé de 26 % en 2026 et 32 % pour le bloc communal. Lors des précédents cycles de 2014 et 2020, la phase de ralentissement de l’investissement du bloc communal s’était étendue sur une période d’environ 18 mois. L’enjeu des prochains mois sera donc d’observer le rythme de reprise des appels d’offres, en particulier du côté des collectivités locales », explique la fédération alors qu'elle évoquait en novembre dernier un chassé-croisée électoral, entre municipales et présidentielle.
Elle poursuit : « Les discussions budgétaires qui débutent, font planer des risques sur un certain nombre de dispositifs qui accompagnent les collectivités locales (DGF, FC TVA…). Ce choc budgétaire ajouté à une contraction économique déjà engagée, constitue un véritable danger pour notre profession. »
Pessimisme concernant les carnets de commande
Dans sa note de conjoncture, la FRTP d'Île-de-France relève « une forte disparité d’un métier à l’autre ». Représentant 25 % de l'activité francilienne, les travaux routiers pourraient chuter de 20 % en 2026, avec -10 % dans les Yvelines à -30 % à Paris intramuros. Des résultats reflétant « avec un décrochage de la commande publique et notamment du bloc communal plus important qu’anticipé au regard d’une année électorale ». Les perspectives 2027 restent à une baisse successive de 20 %.
En revanche, l'activité des électriciens (14 % des TP en Île-de-France) demeure dans le vert, augmentant une nouvelle fois de 10 % entre 2025 et 2026. Une croissance qui se contiendrait à +3 % en 2027.
Côté génie civil (26 % de l'activité) et terrassement (14 %), les tendances sont en sinusoïdale et affichent les mêmes évolutions -10 % de 2024 à 2025, +5 % estimés entre 2025 et 2026 et -5 % prévus en 2027. Si la FRTP Île-de-France prend en compte une forte tension des prix, elle souligne l'impact sur ces deux segments « des grands comptes dynamiques, après un creux d’activité en 2025 ».
Autre indicateur des évolutions baissières : le pessimisme des chefs d'entreprise, dont le solde d'opinion plonge de 60 points au 2ème trimestre 2026, tandis que celui sur les carnets de commandes dégringole de 80 points.
« Le carnet moyen du 2ème trimestre 2026 baisse à 6,9 mois (vs 9 mois pendant 3 trimestres consécutifs) s’éloignant de la moyenne de longue période de 10 mois. Hors Génie Civil, le carnet de commandes s’établit autour de 5,1 mois (vs 7,2 mois au trimestre précédent) – soit une baisse de 2 mois sur un trimestre. Sur un an, les entreprises ont perdu la moitié de leur carnet de commandes », est-il écrit dans la note de conjoncture.
Défaillances et activité partielle en hausse
« Depuis le printemps 2026, le nombre de défaillances sur 12 mois glissants repart à la hausse et dépasse les 30 entreprises à fin juillet », note la FRTP francilienne. Pareil pour les effectifs concernés, qui évoluent de 135 en février à 350 salariés en juillet en cumul sur 12 mois glissants, « signe de défaillances touchant récemment des entreprises de taille plus importante ».
Un tiers des défaillances touchent les structures de plus de 10 salariés. Celles-ci sont au nombre de 10 sur 2026, contre 6 en 2025. «La plus grande entreprise défaillante représente près de 80 salariés », indique l'organisation.
La baisse d'activité dans les TP en Île-de-France semble d'ailleurs impacter le recrutement. En témoignent notamment le recours à l'activité partielle : au T2 2026, 18 % ont déposé une demande d'autorisation, cette part grimpant de 5 points comparé au T1 2026. 9 % des entreprises interrogées ont activé un plan d'activité partielle, après 0 % depuis 2024.
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