Fortes hausses de permis de construire en mars 2026

+33,1 % pour 43 144 logements neufs. Voici les permis de construire retenus par le Service des données et études statistiques (SDES) du gouvernement en mars dernier, par rapport à février.
Rappelons que ces chiffres ont été instables les mois précédents : -1 % en février, après +3,8 % en janvier et +5,5 % en décembre.
« Ce niveau atteint en mars est proche de celui observé au premier semestre 2022, après un second semestre 2025 en très légère hausse et un premier semestre 2025 en progression. L’augmentation en mars s’explique par une progression très marquée des logements collectifs accompagnée d'une hausse des logements individuels », lit-on dans la note de conjoncture.
Les permis dans le logement en résidence ont plus que doublé
Dans le détail, 30 013 unités ont été autorisées en logements collectifs le mois dernier. Soit +49,3 %, une progression fulgurante soutenue par une explosion de permis dans le logement en résidence (+115,7 %), accompagné d’un joli rebond dans le logement collectif ordinaire (+33,7 %).
Côté logement individuel, les autorisations grimpent de 6,7 % (13 131 unités), tirés davantage par l’habitat individuel groupé (+18,4 %) que par l’individuel pur (+1,6 %).
Il n’empêche que d’avril 2025 à mars 2026, 395 427 logements ont été autorisés à la construction. Ce qui revient à une baisse de 2 % comparé à la moyenne des cinq dernières années. Les chiffres plongent même de 15,8 % côté logement individuel.
Heureusement, toujours à cette échelle, le logement collectif brave la tempête. Le nombre total de permis dépasse la moyenne de 7,5 %. « Ce résultat s'explique par un niveau légèrement plus élevé des autorisations de logements collectifs ordinaires, tandis que celui des logements en résidence demeure très au-dessus de la tendance de moyen terme », décrypte le SDES.
+176,5 % de chantiers de logements en résidence lancés
Que dire côté mises en chantier ? Même tendance que pour les permis, mais de façon plus timorée : +19,2 %, comparé à février. Les ouvertures de chantier en mars s’établissent donc à 29 854 unités, retrouvant des couleurs après avoir fléchi de 4,6 % en février et de 2,8 % en janvier.
Encore une fois, le logement collectif se démarque avec +29,1 % pour 20 234 unités. Même : les mises en chantiers de logements en résidence quasi-triplent (+176,5 %), et ceux en logement collectif ordinaire soubresautent (+3,2 %).
Le logement individuel s’en tire à bon compte (+2,7 %), toujours porté par le groupé (+ 8,5 %), tandis que l’individuel pur se stabilise (-0,2 %).
Mais en glissement annuel, les mises en chantier au global s’effondrent de 17,5 % face à la moyenne des cinq dernières années, dont de 10,9 % côté logement collectif et de 27,1 % en logement individuel.
Selon le ministre du Logement, « les premières mesures portent leurs fruits »
Le ministre du Logement Vincent Jeanbrun reste toutefois optimiste : « Les faits sont là : la relance du logement est en cours. Ces résultats confirment que les premières mesures portent leurs fruits, même si le niveau reste encore insuffisant au regard des besoins des Français. »
Sûrement une allusion au dispositif Jeanbrun, censé remplacer le dispositif Pinel et relancer l’investissement privé et par extension la promotion immobilière. On sait que des ajustements sur ce statut bailleur privé sont prévus pour booster la rénovation, d'après une conversation entre le ministre et le président de la CAPEB.
« Le projet de loi Relance Logement que nous présenterons dans les prochaines semaines viendra amplifier ce mouvement, en simplifiant, en accélérant et en redonnant de la capacité à construire partout sur le territoire », insiste M. Jeanbrun. « Nous ne nous en satisfaisons pas : nous allons aller plus loin pour bâtir plus vite, plus massivement, et loger davantage de Français », insiste-t-il.
« Même si je m'en réjouis, le rebond de mars (+33,7 % d'autorisations sur un mois) ne doit tromper personne : les variations mensuelles sont erratiques et ne disent rien de la réalité du marché. Seule une analyse sur une longue période est significative », tempère de son côté Pascal Boulanger, président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI).
Il poursuit : « La relance de la production de logements collectifs neufs n’est pas au rendez-vous et le contexte géopolitique, porteur de nouvelles tensions sur les coûts et les taux, s’il persiste, ne laisse pas espérer une reprise à court terme. »
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