Edilians modernise l'un de ses fours de production de tuiles pour réduire sa consommation de gaz

Edilians Group, entreprise française spécialisée de la tuile en terre cuite, a présenté mardi 19 mai à Saint-Geours-d’Auribat, dans les Landes, un four modernisé destiné à accélérer sa trajectoire de décarbonation. Une évolution jugée stratégique pour un secteur particulièrement énergivore, toujours confronté à une demande en berne.
« Si on veut être là dans cent ans, notre enjeu principal c'est de sortir des énergies fossiles », a déclaré à l’AFP Maxime Coutouly, PDG d’Edilians Group, qui a engagé en 2021 un plan d’investissement de 100 millions d’euros sur dix ans afin de « diminuer nos émissions de CO2 de 30 % d'ici 2030 ».
Des gains énergétiques sur les sites de production
Les étapes de séchage et de cuisson figurent parmi les plus énergivores du processus de fabrication des tuiles.
Sur le site landais de Saint-Geours-d’Auribat, qui emploie 85 salariés pour une production quotidienne de 10 000 mètres carrés de tuiles, la modernisation du four, adossée à un investissement de 7 millions d’euros, dont un million financé par la région Nouvelle-Aquitaine, a permis de réduire de 11 % la consommation de gaz. L’industriel estime que cette baisse représente environ 1 000 tonnes de CO₂ évitées chaque année.
Sur un autre des 13 sites français du groupe, à Saint-Germer-de-Fly, dans l’Oise, l’installation d’un four modernisé a permis de réduire de 33 % la consommation de gaz naturel.
« Ici, à Saint-Geours, c'est un four différent, qui cuit les tuiles en 28 heures », a expliqué auprès de l’AFP Giovanni Zamparo, directeur général de Ceritherm, fabricant de fours industriels français racheté par Edilians en 2023. L’entreprise a travaillé à « réduire les masses mortes - tout ce qui rentre dans le four et n'est pas une tuile -, et à repenser la circulation de l'air en valorisant les fumées chaudes et l'air chaud du four ».
Une production largement automatisée
Sur la ligne de production, trois personnes seulement interviennent sur l’ensemble du processus, largement automatisé. Des robots y prennent en charge le rangement des tuiles, séchées individuellement, sur des wagons neufs destinés à être introduits dans le four.
Une opératrice « surveille les presses et les moules », une autre « alimente la matière première », tandis qu’une troisième écarte les tuiles défectueuses, en s’appuyant notamment sur le bruit pour les identifier, a détaillé à l’AFP Pierre Dugay, directeur industriel France d’Edilians Group.
Un marché sous pression depuis 2020
Le groupe évolue dans un environnement jugé incertain, marqué par «un marché extrêmement volatil depuis 2020 », a souligné Maxime Coutouly.
« Après une stabilisation en 2025, nous avions des espoirs pour 2026 mais nous n'avions pas prévu la guerre en Iran», a ajouté le dirigeant, un contexte qui a conduit Edilians à relever de 5 % le prix de ses tuiles.
En 2024, le groupe a écoulé « environ 670 000 tonnes de tuiles, soit le niveau de ventes de 1973. En comparaison, en 2000-2001, on en vendait 1,3 million de tonnes », a précisé le PDG.
Avec AFP
Ne manquez plus l’actualité du bâtiment ! Inscrivez-vous à la newsletter pour recevoir directement dans votre boîte mail les dernières actus du BTP Je m’abonne gratuitement → |














