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Rénovation multi-travaux : un reste à charge trop souvent rédhibitoire

Teksial, spécialiste des travaux d'efficacité énergétique, organisait une conférence de presse ce jeudi 17 juin sur le thème de la rénovation performante et sur les solutions pour massifier les travaux de rénovation énergétique. Pour diminuer le reste à charge des ménages et inciter aux rénovations multi-travaux, le spécialiste émet notamment cinq propositions.
Publié le 17 juin 2021

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Rénovation multi-travaux : un reste à charge trop souvent rédhibitoire - Batiweb

Jean-Baptiste Devalland, directeur général de Teksial, souligne dans un premier temps la diversité des terminologies pouvant parfois porter à confusion : « On entend parler de la rénovation performante, de la rénovation globale, de la rénovation complète, de la rénovation multi-gestes... Nous avons pour notre part choisi de retenir la notion de rénovation multi-travaux ».

 

Et de préciser la définition : « Une rénovation peut se faire avec plusieurs travaux combinés en même temps, et c'est là que l'on parle de rénovation multi-travaux. Mais encore très peu de Français font ce type de rénovation. Seuls 15 % des Français qui ont déjà réalisé des travaux ont fait 4 types de travaux ou plus ».

 

Or, pour parvenir à la neutralité carbone d'ici 2050, le secteur du bâtiment doit notamment faire passer l'ensemble des logements français au niveau Bâtiment Basse Consommation (BBC), soit vers une étiquette A ou B. « Le chemin est long car il y a encore 27 millions de logements à faire passer au niveau BBC », souligne Jean-Baptiste Devalland.

 

Pour atteindre cet objectif, 4,8 millions de passoires énergétiques (étiquettes F et G) sont également à rénover. Ainsi, il faudrait non seulement rénover 1 million de logements par an au niveau BBC, mais aussi 700 000 passoires énergétiques chaque année.

 

« On est actuellement sur un rythme d'un peu plus de 2 millions de logements rénovés sur une année complète », précise le directeur général de Teksial, qui reste optimiste quant au volontarisme des ménages français.

 

Il cite notamment les chiffres du dernier baromètre Mon Expert Rénovation-Energie, indiquant que 57 % des Français seraient favorables à ce que la rénovation énergétique devienne obligatoire, notamment pour les bailleurs. Ce qui est d'ailleurs prévu dans le cadre du projet de loi Climat & Résilience, proposant l'interdiction progressive de location des logements étiquettés F et G.

 

Le problème du reste à charge

 

Principal frein au passage à l'acte pour les Français ? Le manque de budget.

 

Alice Monnet, responsable des affaires publiques chez Teksial, rappelle que réaliser six postes de travaux pour atteindre une rénovation performante lorsque l'on habite dans une passoire énergétique représente un coût très élevé, voire rédhibitoire pour une majorité de Français, notamment en raison d'un reste à charge très conséquent.

 

« Prenons pour exemple, un logement de 100 m² classé F qui devra réaliser 6 opérations de travaux, ce projet aura un coût de 56 000 €. Pour un ménage dit modeste, le reste à charge peut atteindre plus de 40 000€. Or ce reste à charge dépasse les revenus annuels de cette famille de 4 personnes », souligne-t-elle. « Il y a probablement un juste milieu à trouver entre les offres à 1 euro et un reste à charge de plus de 40 000 euros », ajoute-elle.

 

Pour lever les princiapux freins à la réalisation de travaux de rénovation énergétique, Teksial émet notamment cinq propositions : une augmentation des aides, un nouveau dispositif qui laisserait le choix du nombre de travaux, des aides versées à chaque étape lorsque les chantiers muli-travaux durent des mois voire des années, une obligation de résultat, mais aussi une charte d'engagement pour les artisans afin de lutter contre les éco-délinquants.

 

Le spécialiste de la rénovation énergétique annonce en effet avoir lancé une charte d'engagement ayant vocation à être démocratisée. « C'est une première dans le domaine des CEE », souligne Jean-Baptiste Devalland. Les artisans qui signent cette charte seront régulièrement contrôlés et s'engagent à respecter certaines conditions, comme intervenir dans les dix jours en cas de non-conformité sur un chantier, à former leurs collorateurs à la législation en cours, ou encore à bien gérer les déchets de chantiers.

 

Claire Lemonnier

Photo de une : Adobe Stock

 

Par Redacteur

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