Nucléaire : bientôt une enquête de Bruxelles sur des aides françaises à EDF
Publié le 25 mars 2026 à 11h05, mis à jour le 25 mars 2026 à 17h41, par Virginie Kroun

C'est une information Reuters confirmée par des sources internes auprès de l'AFP, le mardi 24 mars. Une enquête pourrait ouvrir à la mi-avril - probablement le 15 avril selon une autre source dossier - sur le aides de l'État accordées à un programme de construction de réacteurs nucléaires EPR2 mené par EDF.
Plus précisément six nouveaux réacteurs de forte puissance, à Penly (Seine-Maritime), Gravelines (Nord) et Bugey (Ain).
Dans ces financements, on relève notamment le prêt bonifié de l'Etat couvrant jusqu'à 60 % du montant total du projet, estimé à 72,8 milliards d'euros.
La procédure, classique, peut durer plusieurs mois et fait l'objet d'une consultation entre les différents services de la Commission depuis le 2 février, d'après une source de l'exécutif européen.
Risque de retard sur les projets nucléaires ?
Bruxelles veut déterminer si le soutien de l'Etat français n'enfreint pas les règles de la concurrence au sein de l'Union européenne. Bruxelles examinera également un mécanisme de « contrat sur différence », qui garantit à EDF des prix de vente d'électricité stables, avec des compensations de l'État quand ils sont trop bas sur le marché.
Le dossier est sensible pour la France et EDF, qui espèrent que cette enquête ne provoquera pas de retards dans le nouveau programme nucléaire.
À Penly, le « premier béton », qui marque la pose de la première pierre du bâtiment réacteur, est attendu pour fin 2028.
Le délicat sujet de l'atome dans les débats à Bruxelles
De quoi relancer les vifs débats autour de la place du nucléaire, dans le mix énergétique européen comme français. Rappelons que la très attendue promulgation de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE 3) en France mise sur l'électrification, en poussant l'atome pour compléter les énergies renouvelables (EnR).
Or, à Bruxelles, on mise plus sur les énergies renouvelables pour sortir l'UE de sa dépendance aux fossiles. Une urgence, alors que le conflit au Moyen-Orient déclenché une nouvelle flambée des prix du gaz et du pétrole.
Lors d’un sommet consacré au nucléaire civil le 10 mars, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait opéré un changement de ton en faveur de l'atome. Réduire la part du nucléaire civil en Europe était une « erreur stratégique », avait-elle estimé. Ce qui conforte la position de la France sur le nucléaire, pour qui la filière pourrait créer 100 000 embauches.
On est loin du bras de fer entre Paris et Bruxelles sur la question en mai dernier...
Avec AFP
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