Photovoltaïque : les onduleurs de Chine exclus des subventions par l’UE

Le 1er avril dernier, la Commission européenne a pris une décision : la suspension d’aides aux projets recourant à certains équipements. En particulier les onduleurs chinois, servant à transformer le courant continu en courant alternatif. Une ressource essentielle à la production de panneaux photovoltaïques.
Un risque de coupure sur les infrastructures énergétiques
Pourquoi cibler les produits provenant de Chine ? Car il s’agit d’un des pays à « risques élevés » aux côtés de la Russie, l’Iran et la Corée du Nord. À risque, car jugés peu fiables sur le plan technique d’après Bruxelles et compte tenu des tensions géopolitiques actuelles, pouvant impacter les infrastructures énergétiques. L’UE craint l’intervention de pirates informatiques.
« Cela pourrait se traduire par un arrêt à distance des réseaux des États membres, entraînant des coupures d’électricité à l’échelle nationale », a exposé Siobhan McGarry, porte-parole de la Commission européenne, citée dans le journal Sud Ouest. Capables de dialoguer avec le réseau en temps réel, ces boitiers connectés font l’objet de mises mises à jour logicielles à distance et recueillent des données précises sur le fonctionnement des infrastructures énergétiques.
Les fournisseurs Huawei et Sungrow sont en ligne de mire. Rappelons que les groupes chinois concentrent près de 80 % du marché mondial des onduleurs solaires.
L'accent mis sur les panneaux solaires produits en Europe
Comme le décrypte La Tribune, Bruxelles veut contraindre crescendo les onduleurs chinois. Dans un premier temps, les nouveaux projets fournis par des vendeurs chinois seront privés de subventions. Sur les projets déjà avancés, il est possible de demander une dérogation à cette restriction, sur décision de la Commission d’ici le 1er novembre.
En soulignant que cette mesure ne tend pas à interdire la vente de ces systèmes au sein de l’UE. Mais elle restreint les projets dépendants des financements publics ou des garanties de la Banque européenne d’investissement (BEI).
« À moyen terme, la Commission mise sur la révision du Cybersecurity Act (règlement sur la cybersécurité) pour traiter durablement ces risques. L’outil identifiera les fournisseurs à haut risque. Ce texte permettra d’exclure certains acteurs du marché, alors que Pékin a déjà menacé de riposter à toute mesure jugée discriminatoire », rapportent nos confrères de La Tribune.
Un enjeu de sécurité qui cache également un enjeu stratégique. L’UE veut favoriser les onduleurs fabriqués en Europe – comme les pompes à chaleurs. Un responsable de la commission évoque même une ouverture vers des fournisseurs japonais, sud-coréens, américains et suisses.
D’ailleurs, Bruxelles veut allier cette mesure avec le Net-Zero Industry Act, visant 40 % de production locale dans les technologies clés. Reste la question du prix, les fournisseurs chinois étant réputés de vendre leurs panneaux solaires à des prix compétitifs.
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