Une nouvelle fois reportée, la PPE 3 ne sera pas publiée avant début 2026
Publié le 18 décembre 2025, mis à jour le 19 décembre 2025 à 9h21, par Raphaël Barrou

Il va encore falloir patienter quelques temps pour la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3). Celle-ci était initialement prévue pour 2023, mais ne cesse d'être repoussée. Ce jeudi 18 décembre, on a appris un nouveau délai pour ce texte qui trace la feuille de route énergétique de la France pour 10 ans.
Celui-ci n'est « pas arrêté à ce stade », a fait savoir Matignon jeudi à nos confrères de l'AFP. Désormais, le rendez-vous est donné en début d'année 2026.
En juillet, des acteurs de la filière électrique réclamaient déjà la publication de la PPE, qui permettrait « un cadre stable et incitatif pour accélérer la substitution des énergies fossiles importées dans l’industrie, le transport et le bâtiment, par une électricité décarbonée produite en France ».
Pas de date précise évoquée par Matignon
Au centre des dissensions parmi les élus, qui expliquent en partie le retard dans l'adoption de la PPE 3, figure la question de la répartition entre nucléaire et énergies renouvelables. Par exemple, le Rassemblement national, pro-nucléaire, s'oppose au développement de l'éolien et du solaire.
Matignon s'est montré évasif sur d'éventuelles dates précises qu'il compterait viser. « De nouveaux éléments de calendrier seront [...] communiqués ultérieurement, dans le cadre de la séquence annoncée pour le début de l'année prochaine. »
Le gouvernement avait pourtant assuré ces dernières semaines que le dossier était « au sommet de la pile » du Premier ministre Sébastien Lecornu, qui avait promis fin novembre de prendre des décisions « d'ici Noël » sur les grands enjeux énergétiques.
« Le travail de fond est quasiment finalisé », selon Roland Lescure
Selon l'entourage du ministre de l'Économie, également en charge de l'Énergie, Roland Lescure, « le travail sur le fond est quasiment finalisé ». « Le ministre a consulté sur le fond et la forme l'ensemble des groupes parlementaires », et prochainement le groupe Liot, indique-t-on.
Le ministère souligne aussi que le travail s'inscrit « en cohérence » avec une série d'annonces ces dernières semaines, qui constituent autant de « jalons » pour les futures décisions : la stratégie nationale bas carbone (SNBC), le lancement d'une mission pour évaluer le coût du soutien public aux renouvelables, et la publication du rapport de RTE, qui a actualisé le 9 décembre ses prévisions pour le système électrique à 2035.
Le gestionnaire du réseau haute tension a abaissé ses prévisions de la consommation électrique nationale d'ici 2035, en soulignant le retard pris en France pour massifier l'usage de l'électricité, à 95 % décarbonée dans les transports, les logements et l'industrie, qui restent encore très dépendants des énergies fossiles.
En conséquence, le gouvernement souhaite que la PPE s'accompagne d'un « grand plan autour de l'électrification des usages ». Et le texte formulera en conséquence une trajectoire d'installation des renouvelables terrestres; adossée à cette stratégie d'électrification.
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Par Raphaël Barrou (avec l'AFP)














