Baromètre Artisanté : un mal-être en progression chez les artisans du BTP

L'édition 2025 du baromètre Artisanté BTP et paysage révèle des « fragilités économiques et humaines préoccupantes ». L'étude, menée par la CAPEB et la CNATP (Chambre nationale de l'artisanat des travaux publics et du paysage) ainsi que l'IRIS-ST (Institut de recherche et d’innovation sur la santé et la sécurité au travail), auprès de 2 491 artisans, montre un mal-être qui se généralise dans la profession.
La CAPEB, qui rappelle les deux années consécutives de baisse d'activité pour l'artisanat du bâtiment, affirme que seuls 38 % des sondés sont optimistes concernant l'activité de leur entreprise. Une situation économique souvent compliquée (47 % des pessimistes estiment que la pérennité de leur entreprise est menacée) qui semble jouer sur la santé mentale des chefs d'entreprise, à en croire l'étude.
La charge de travail, première source de stress
Ainsi, 43 % disent avoir été en difficulté psychique au cours de l'année 2025, dont 40 % n'en ont parlé à personne. Un chiffre qui fait dire au syndicat qu'il faut « poursuivre la sensibilisation sur l'intérêt, pour la personne en détresse, de parler ». L'organisation patronale estime en revanche « encourageant » qu'une part grandissante ose aborder le sujet directement avec leur médecin.
Plus de la moitié des chefs d'entreprise travaillent plus de 50 heures par semaine. Un chiffre qui monte à 66 % pour les patrons d'entreprises de 11 à 15 salariés et 75 % pour les structures entre 16 et 20 salariés.

Une charge de travail, citée comme première source de stress (52 % des sondés, contre 45 % en 2024), qui provoque un grignotage des jours de repos. Par rapport au baromètre 2024, la part de dirigeants travaillant régulièrement le week-end a augmenté de deux points pour atteindre les 48 %.
Pour deux tiers des artisans, les jours de repos ne riment pas avec déconnexion totale puisqu'ils disent consulter leurs mails. Une connexion qui est comprise comme « faisant partie du métier » selon de nombreux sondés pour ne pas faire attendre leurs clients notamment.
Pour ce qui est des vacances, 27 % des artisans prennent au maximum deux semaines de congé, une statistique stable par rapport à 2024. Mais à regarder les artisans travaillant seuls, 38 % de cette population a pris au maximum deux semaines de congé et 57 % n'ont pas dépassé les trois semaines. Plus l'entreprise est petite et moins le patron s'est accordé de congés selon la CAPEB. À l'inverse, seuls 22 % des chefs d'entreprises dans lesquelles travaillent 16 à 20 salariés n'ont pas dépassé les trois semaines de vacances.
Des tâches administratives trop chronophages ?
Le syndicat pointe du doigt le poids des tâches administratives dans le temps de travail des chefs d'entreprise, une source de stress selon 42 % d'entre eux. Là encore, il est lié à la taille des entreprises : 78 % des patrons d'entreprises de 16 à 20 salariés y consacrent plus d'un quart de leur temps, contre 31 % des artisans seuls.

Au final, l'étude montre une explosion de la fatigue ressentie chez les chefs d'entreprise (de 51 % à 64 % entre début 2025 et début 2026) et une baisse de confiance (de 22 % à 16 %) et de motivation (de 23 % à 16 %).
Malgré une légère baisse de 2 points, 66 % des sondés déclarent être toujours totalement épanouis dans leur métier, signal pour la CAPEB que l'artisanat reste, pour beaucoup, un « métier passion ».
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