Les locataires sont moins bien logés que les propriétaires, selon l'Insee
Publié le 22 janvier 2026, mis à jour le 22 janvier 2026 à 17h24, par Nils Buchsbaum

Plus de dix ans après sa dernière enquête nationale, l’Institut a dévoilé mercredi 21 janvier une radiographie de l’habitat en France. Malgré une décennie de mutations et une crise immobilière qui s’est durcie depuis 2023, le paysage du logement français fait preuve de stabilité.
L'étude, menée auprès de 26 500 ménages, révèle des disparités persistantes : les propriétaires bénéficient non seulement d’espaces plus vastes, mais subissent également bien moins de désagréments que les locataires. Côté chiffres, la structure du parc reste figée : 57 % des Français possèdent leur résidence principale, tandis que 40 % se partagent entre le secteur privé (23 %) et le parc social (17 %). Une infime minorité de 2 % bénéficie d'un logement gratuit, souvent dans le cadre d'une solidarité familiale.
Si la surface des résidences principales a « légèrement augmenté » en dix ans, passant de 90,6 m2 en moyenne en 2013 à 92,52 en 2024, cette progression globale masque des inégalités criantes. Le fossé se creuse entre les Français : les propriétaires disposent de 69 m2 par habitant, contre environ 38m2 pour les locataires.
Les locataires en première ligne face à la précarité énergétique
Cette disparité ne s'arrête pas à la superficie. L'enquête révèle que les locataires vivent « nettement plus souvent » dans des logements surpeuplés que les propriétaires. Ils sont également en première ligne face à l'insalubrité ou au manque d'entretien, puisqu'ils « déclarent plus souvent des défauts dans leur logement ». Le confort résidentiel reste, plus que jamais, une question de statut social.
Se chauffer ou rafraîchir son logement demeure un défi pour de nombreux locataires. Ils sont 41 % à rencontrer des difficultés pour le chauffage, contre 26 % des propriétaires, et 37 % à peiner à garder leur logement frais en été, contre 19 % chez les propriétaires. Plus d’un tiers jugent par ailleurs leur loyer trop élevé. Vivant plus souvent en appartement, dans des communes densément peuplées, les locataires sont aussi trois fois plus exposés aux nuisances sonores.
Début 2024, 57 % des ménages sont propriétaires de leur résidence principale, tandis que 40 % sont locataires, dont 23 % dans le secteur privé et 17 % dans le parc social. La proportion de propriétaires progresse avec l’âge pour atteindre 76 % chez les 75 ans et plus. À l’inverse, la location domine largement chez les plus jeunes, puisque 80 % des ménages dont la personne de référence a moins de 30 ans louent leur logement, le plus souvent dans le parc privé.
Les propriétaires sont plus âgés
Chez les moins de 65 ans, les couples sont « nettement plus souvent propriétaires », en particulier lorsqu’ils ont « un ou deux enfants » avec 71 % de propriétaires. En revanche, la part recule à 56 % dans les familles de trois enfants ou plus, davantage tournées vers la location dans le parc social.
La proportion de propriétaires est la plus faible parmi les familles monoparentales, aux revenus en moyenne plus modestes, dont 36 % vivent dans le parc social. Elle est également réduite chez les personnes seules, propriétaires dans seulement 33 % des cas, et plus fréquemment locataires du parc privé.
Les maisons constituent 56 % des résidences principales et accueillent 80 % des propriétaires, contre seulement 22 % des locataires. Les propriétaires disposent ainsi, dans l’ensemble, de logements plus spacieux, tandis que les appartements, qui représentent 44 % des résidences principales, sont à l’inverse plus souvent de petite taille.
Par Nils Buchsbaum (avec AFP)














