À Paris, la taxe sur les logements vacants quasi-doublée en 2027

Fraîchement élu suite aux municipales de 2026, le nouvel exécutif parisien, chapeauté par le maire PS Emmanuel Grégoire, a présenté mardi ses premières mesures pour le logement. Au programme notamment : un quasi-doublement de la taxe sur les logements vacants en 2027.
« Ce n'est pas la qualité de vie qui fait partir les familles, c'est le prix du m2. À vrai dire, les familles ne partent pas, elles sont chassées par la spéculation immobilière », a exposé Emmanuel Grégoire, ce mardi 14 avril.
Environ 300 000 logements vacants et résidences secondaires à Paris
L’édile poursuit : « À Paris, 40 % des logements privés sont détenus par des personnes qui possèdent au moins cinq bien immobiliers. (...) Cela entraîne une hausse massive du nombre de logements inoccupés avec près de 300 000 logements vacants et résidences secondaires. »
Ladite taxe atteindra son niveau maximal début 2027, comme le rappelle l'adjoint au Logement Jacques Baudrier : « Le projet de loi de finances nous permet de faire passer les taux de la taxe sur les logements vacants de 17 % de la valeur locative cadastrale au bout d'un an de vacance et 34 % au bout de deux ans, à 30 % au bout d'un an et 60 % au bout de deux ans. »
L'élu communiste appelle les propriétaires à « louer ou vendre leur logement pour ne pas la payer ». Le but : « récupérer des dizaines de milliers de logements ».
Naissance d’une « brigade de protection du logement »
Seconde mesure importante : la création d'une « brigade de protection du logement », armée de près de 150 personnes. Elle visa « la lutte contre les meublés de tourisme illégaux, l'habitat insalubre et les marchands de sommeil, la prévention des expulsions ainsi que pour le respect de l'encadrement des loyers ». Notamment en accompagnant les locataires victimes de « pratiques abusives, telles que les détournements de baux, les ventes à la découpe ou encore certaines pratiques de spéculation visant à chasser les locataires en place ». Un portail unique en ligne permettra aux habitants de signaler leurs difficultés.
Grégory Canal (DVD), coprésident avec Rachida Dati du groupe d'opposition de droite Paris Liberté, a critiqué une «espèce de chasse au logement vacant». Il la compare à « sorte de milice administrative », s'attirant aussitôt les condamnations de la gauche.
« Une défiance envers les propriétaires », juge de son côté le conseiller LR Aurélien Véron. « Vous passez sous silence la réalité du parc social (...) Des immeubles sont laissés à l'abandon », fustige-t-il.
Avec AFP
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