Canicule : Actibaie et Ignes jugent les mesures du gouvernement insuffisantes

La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a présenté, mercredi 17 juin, un premier bilan du Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC), dévoilé en mars 2025. Pendant qu'une deuxième vague de chaleur intense s'abat sur la France en ce printemps 2026, le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, présent aux côtés de Monique Barbut, a annoncé plusieurs mesures consacrées à « l’endurance face aux vagues de chaleur ».
Ces annonces ont rapidement suscité des réactions de la part d'organisations professionnelles du secteur du bâtiment.
Dans un communiqué diffusé le 18 juin, le groupement Actibaie, qui fédère les métiers des portes, portails, volets et stores, estime que « certaines mesures constituent des avancées attendues par les acteurs du bâtiment », mais qu’ « elles ne répondent encore que partiellement à l’urgence d’adapter les logements aux fortes chaleurs ».
Actibaie salue des avancées mais estime qu’elles sont insuffisantes
Alors que les épisodes de chaleur se multiplient, « l’inconfort d’été est devenu un enjeu de santé publique, de pouvoir d’achat et de résilience face au changement climatique », souligne Actibaie, qui rassemble 3 000 adhérents parmi les fabricants industriels, assembleurs et entrepreneurs installateurs.
L'organisation représentante de filière salue plusieurs des mesures présentées par le gouvernement qui « témoignent d’une prise de conscience de l’enjeu d’adaptation des bâtiments aux fortes chaleurs ». Parmi elles figurent la réduction de la TVA sur les pompes à chaleur air-air, qualifiée de « signal positif » pour les ménages les plus exposés aux épisodes de chaleur, la révision des seuils de confort d’été dans la RE2020 pour les bâtiments neufs, la réalisation d’un état des lieux des fenêtres non protégées dans le parc HLM ainsi que la simplification des démarches d’installation de volets et de stores en copropriété.
Les protections solaires au cœur des demandes du secteur
Pour autant, Actibaie estime que ces avancées demeurent insuffisantes. « Elles ne répondent encore que partiellement aux défis posés par l'accélération du changement climatique », indique l’organisation.
Actibaie souligne notamment que les mesures annoncées concernent principalement le logement neuf ou des ajustements réglementaires ciblés, alors que près de 38 millions de logements existants devront être adaptés dans les prochaines décennies. L'organisation regrette également que les protections solaires extérieures, qu’elle présente comme des solutions accessibles, efficaces et rapidement déployables pour limiter les surchauffes, « ne bénéficient toujours pas d'un soutien à la hauteur des enjeux ». Certaines d’entre elles demeurent notamment exclues du taux réduit de TVA à 5,5 %.
Actibaie pointe également les « freins » qui persistent au déploiement des protections solaires. Le groupement estime que les contraintes patrimoniales continuent de limiter certains projets d’installation et déplore que les travaux engagés sur l’amélioration de l’indicateur de confort d’été du DPE « n’ont toujours pas abouti ».
Actibaie formule plusieurs propositions
Pour accélérer l’adaptation des bâtiments aux fortes chaleurs, l’organisation formule plusieurs propositions : intégrer les équipements de confort d’été dans MaPrimeRénov’ par geste, élargir la TVA à 5,5 % à l’ensemble des volets et stores, rendre obligatoire l’étude du confort d’été dans les projets de rénovation performante, améliorer l’indicateur de confort d’été du DPE et son affichage dans les annonces immobilières, intégrer le confort d’été dans les plans pluriannuels de travaux et les diagnostics techniques obligatoires, ainsi qu’assouplir les règles de protection du patrimoine pour faciliter l’installation de protections solaires.
« La lutte contre la chaleur ne peut plus se limiter à la production de froid. Que ce soit dans les locaux professionnels ou dans les logements, il faut agir à la source, en limitant l’entrée de la chaleur dans le bâti grâce à des solutions passives, efficaces et immédiatement mobilisables. Les professionnels sont prêts. Les solutions existent. Il appartient désormais aux pouvoirs publics de créer les conditions de leur déploiement à grande échelle », souligne Hervé Lamy, délégué général du Groupement Actibaie.
Ignes demande une évolution des aides et des règles de rénovation
De son côté, Ignes, l’Alliance des industriels des solutions électriques et numériques pour le bâtiment, considère que les annonces gouvernementales restent « décevantes et pas à la hauteur de l’enjeu ». L’organisation appelle à « changer d’échelle avec un vrai plan d’action national concerté digne de ce nouveau "chantier du siècle" ».
Le syndicat demande notamment que le confort d’été soit davantage pris en compte dans les politiques de rénovation, en particulier dans le DPE et les dispositifs d’aide. Il appelle à élargir certains soutiens, notamment la TVA réduite à 5,5 % et les aides à la rénovation, afin de mieux prendre en compte les travaux d’adaptation aux fortes chaleurs. IGNES plaide également pour une prise en compte systématique du confort d’été dans les parcours de rénovation ainsi que pour une évolution des règles pouvant limiter l’installation de protections solaires, notamment dans les secteurs soumis à des contraintes patrimoniales.
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