Génie civil des EPR2 : EDF étudierait une alliance des majors du BTP

EDF envisage de confier les travaux de génie civil de son programme de construction de nouveaux réacteurs nucléaires EPR2 à un consortium réunissant plusieurs grands acteurs du BTP, à savoir Vinci, Bouygues, Eiffage, NGE et Fayat, selon des informations publiées par Les Échos.
Le groupe énergétique doit mener à bien la réalisation de six réacteurs EPR2. Les deux premières unités sont prévues sur le site de Penly (Seine-Maritime), avec une mise en service annoncée à l’horizon 2038. Elles seront suivies de quatre autres réacteurs, répartis entre les sites de Gravelines (Nord) et du Bugey (Ain).
Selon Les Échos, les principaux groupes français du BTP se sont regroupés pour répondre au futur marché de génie civil du programme EPR2. « Pour le contrat de gros œuvre, estimé à une dizaine de milliards d'euros (en euros de 2020), les trois majors Vinci, Bouygues, Eiffage ont non seulement fait cause commune, mais également embarqué NGE et Fayat, les numéros quatre et cinq du secteur, Fayat étant un partenaire régulier du géant Vinci », rapporte le quotidien économique.
Toujours selon Les Échos, cette organisation permettrait à EDF d’optimiser la conduite de ce vaste programme industriel. « L'électricien, qui a jusqu'alors retenu Eiffage pour la seule paire de Penly, espère ainsi réduire les coûts et les délais du "chantier du siècle" », souligne le journal.
Le génie civil, principal enjeu financier du programme EPR2
L’enjeu financier est énorme. Le génie civil constitue en effet le principal poste de dépenses du programme de six réacteurs EPR2, dont le coût a été évalué à 72,8 milliards d’euros, marges de sécurité comprises, dans le dossier transmis par l’énergéticien à l’État fin décembre.
Les travaux de gros œuvre figurent également parmi les leviers d’optimisation identifiés par EDF afin de contenir les coûts du projet. Ces pistes représentent un potentiel global d’économies estimé à 9,9 milliards d’euros.
Sollicités par l’AFP, EDF, Vinci et Bouygues n’ont ni confirmé ni démenti les informations rapportées par Les Échos.
Cette évolution marquerait un changement de cap pour EDF. En 2023, Eiffage avait en effet remporté seul le marché de génie civil des deux premiers réacteurs EPR2 de Penly (Seine-Maritime), face au groupement formé par Bouygues et Vinci.
Interrogé par l’AFP, EDF rappelle être « engagée depuis plusieurs mois dans une démarche de compétitivité visant à améliorer son offre et le coût du Projet EPR2 ». L’énergéticien précise également qu’un appel à manifestation d’intérêt « a été lancé en mars dernier en ce sens » concernant les travaux de génie civil.
Le groupe souligne toutefois que cette démarche n’a aucune incidence sur le chantier de Penly, dont le lot de génie civil demeure attribué à Eiffage.
Une organisation pensée pour éviter les difficultés de Flamanville
À travers cette nouvelle organisation, EDF cherche à sécuriser l’exécution de son programme nucléaire et à éviter la répétition des difficultés rencontrées sur le chantier de l’EPR de Flamanville, marqué par d’importants dépassements de coûts et de délais. Le calendrier du projet de Penly a d’ailleurs déjà été revu, la coulée du premier béton — étape symbolique équivalente à la pose de la première pierre — ayant été repoussée de 2026 à 2028.
Selon Les Échos, le recours à un groupement d’entreprises s’inspirerait du modèle mis en œuvre sur certains grands projets ferroviaires. Cette approche viserait à obtenir de meilleures conditions tarifaires grâce à une négociation globale des marchés, tout en facilitant la montée en charge du programme par le partage des compétences et des retours d’expérience entre les différents acteurs du consortium.
Avec AFP
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