Actibaie et IGNES alertent sur le retard de protection face aux vagues de chaleur
Publié le 19 mars 2026 à 7h50, mis à jour le 19 mars 2026 à 11h23, par Nils Buchsbaum

Un an après l’adoption du nouveau Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC), les logements français restent peu protégés contre les vagues de chaleur, selon Actibaie et IGNES.
Le bilan de la mise en œuvre du volet consacré à l’adaptation des bâtiments aux fortes chaleurs est jugé insuffisant. « Il y a urgence à donner de la visibilité aux acteurs et à engager les actions de ce plan pour que le confort d’été ne soit plus le parent pauvre de notre politique de rénovation », alertent les deux organisations.
Affilié à la Fédération française du bâtiment, Actibaie représente les métiers des portes, portails, volets et stores. IGNES, de son côté, regroupe des industriels proposant des solutions électriques et numériques pour le bâtiment, parmi lesquels Legrand, Schneider Electric, Hager, Delta Dore et Somfy.
Les épisodes caniculaires sont récurrents et des millions de Français se retrouvent dans des logements devenant inhabitables pendant plusieurs jours consécutifs, avec des températures intérieures dépassant souvent les 30 °C, des nuits écourtées et un recours massif à des climatiseurs énergivores.
Le PNACC vise à lancer une véritable politique d’adaptation à court terme en explorant plusieurs pistes. Parmi elles : intégrer le confort d’été dans le parcours MaPrimeRénov’ par geste, conditionner les dispositifs de financement de la rénovation énergétique du parc social à la réalisation de travaux d’adaptation, rendre obligatoire l’étude du confort d’été dans le cadre d’une rénovation performante, ou encore mener une campagne grand public de sensibilisation au confort d’été.
Les annonces du PNACC peinent à se traduire dans les faits
Mais un an plus tard, selon Actibaie et IGNES, les annonces du PNACC peinent à se traduire dans les faits. L’intégration des « premiers gestes » du confort d’été, comme l’installation de protections solaires extérieures (volets, stores) et de brasseurs d’air, n’a toujours pas été engagée. Aucun bilan sur le nombre de travaux réalisés dans le cadre de rénovations globales n’a été communiqué. Alors que le gouvernement s’était engagé à rassembler toutes les parties prenantes pour définir un indicateur « confort d’été » pertinent et partagé dans le DPE, ces échanges nécessaires n’ont pas encore eu lieu.
« On ne peut pas continuer à réagir au rythme des alertes météo. L’adaptation du parc de logements doit devenir un axe opérationnel, doté d’objectifs mesurables et d’un calendrier clair. Les solutions existent, les filières sont prêtes, les collectivités locales sont mobilisées, et le Parlement s’est saisi du sujet de manière transpartisane », déclarent conjointement Actibaie et IGNES.
Les deux organisations réitèrent ainsi leur appel lancé il y a près de deux ans aux pouvoirs publics : réunir rapidement l’ensemble des acteurs investis sur le confort d’été afin de travailler à un plan concerté d’actions à court et moyen terme. « Attendre la prochaine canicule pour annoncer de nouvelles mesures serait une erreur », insistent-elles.
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