Dans les coulisses d'un audit Qualibat pour l'installation d'une pompe à chaleur

Le rendez-vous est donné à Vanves (Hauts-de-Seine). Devant une petite maison de cette commune limitrophe de Paris, Guy Crepeau nous attend pour commencer un audit de pompe à chaleur. Après avoir eu une entreprise tout corps d'état, il s'est mis à réaliser des contrôles en 2014 et est depuis devenu formateur QUALIBOIS AIR, QUALIPV BAT et QUALIPV ELEC.
Les pompes à chaleur, nous explique-t-il, sont considérées comme l'un des « domaines critiques », ce qui explique le besoin pour un organisme comme Qualibat de contrôler les entreprises une fois par an. « Les seuls qui aujourd'hui en ont beaucoup dans l'année, ce sont ceux qui posent du photovoltaïque. On doit contrôler 7 % des installations [ou 35 audits + 3 % si le total des installations dépasse les 500 annuels, NDLR], donc ça génère des audits de manière complètement automatique. »
Ce jour-là, du côté de Vanves, il vérifie l'installation d'une pompe à chaleur air-eau monobloc installée par un artisan qui dispose depuis quatre ans des certifications nécessaires pour réaliser ces installations. « J'ai plus de 18 ans d'expérience dans les installations de chauffage au gaz », nous précise ce dernier.
Les principaux axes de vigilance de l'auditeur
Guy Crepeau commence par inspecter le sous-sol où se trouve la chaufferie. Il vérifie notamment la présence du disconnecteur, « un petit appareil obligatoire, qui sert à empêcher de l'eau polluée de partir dans les réseaux d'eau potable ».
« La PAC monobloc est une machine complète », explique-t-il tout en photographiant la machine. « Tous les réseaux frigo sont déjà intégrés dans la machine et on a plus que des réseaux hydrauliques à raccorder. Donc sur les réseaux hydrauliques, on va vérifier un certain nombre de choses, notamment qu'ils soient bien calorifugés, qu'ils traversent bien les murs avec la fermeture des traversées dans les murs pour assurer l'étanchéité du bâti et éviter que le froid ou le chaud ne passe par ces passages. »
Mais Guy Crepeau estime que le côté « tout en un » de ce type de pompes à chaleur facilite l'installation et donc le contrôle. « C'est moins contraignant que quand vous avez une unité séparée. Avec une unité extérieure, vous avez une liaison frigo entre le groupe intérieur et l'extérieur. Parce que là, il faut s'assurer que la liaison frigo soit bien isolée et ce jusqu'au bout, que le tirage au vide soit bien réalisé, qu'elle est bien protégée, qu'elle n'est pas trop longue... »
Une fois au niveau du jardin, où la pompe à chaleur est fixée, l'auditeur demande s'il n'y a pas d'eau glycolée, qui fait perdre « environ 10 % » de performance à la machine dans sa production de chaleur.
Le tour des installations effectué, M. Crepeau s'attaque au remplissage de son formulaire. L'artisan et le chef de l'entreprise lui fournissent le PV de réception, qui permet de confirmer que l'installation est sous l'assurance, l'attestation de mise en service, le devis, la facture ainsi qu'un reportage photo...
Côté artisans, une fiche d'autocontrôle a aussi été remplie en amont. « Ça nous aide aussi à voir si on remplit bien les points majeurs », explique le patron de cette entreprise. L'auditeur doit ensuite remplir des informations sur le bâtiment contrôlé entre l'année de construction, la surface chauffée ou encore confirmer que les consignes concernant le fonctionnement de l'appareil ont bien été données au client. « A priori c'est bon », s'amuse Guy Crepeau, alors que le propriétaire de la maison a suivi en personne les vérifications de l'installation.
83 % des audits de Qualibat sans « non-conformité »
Satisfait de ce qu'il a vu au cours de cette visite, Guy Crepeau note dans sa synthèse : « C'est une installation de qualité. Bien réalisée ».
Mais les audits ne se déroulent pas toujours aussi facilement : « Quand il y a des écarts, il faut prendre le temps d'expliquer à l'artisan et voir comment il envisage de résoudre le problème. Il y a des écarts que l'on ne peut pas lever. Par exemple, j'ai eu le cas récemment d'un artisan qui avait mis un isolant qui n'est pas celui qui figurait sur la facture. La maison, elle sera toujours bien isolée, il n'y a pas de problème. En revanche là, on a un souci d'assurance et de conformité niveau devis et facture car le produit prévu au devis n'est pas celui en place. » Un cas de figure pour lequel l'artisan n'a qu'une solution : refaire le devis et la facture.
« Les plus gros problèmes, c'est quand il y a des risques pathologiques avec les produits posés. Il y a aussi des fois où j'ai vu des pompes à chaleur qui n'étaient pas du tout dimensionnées pour les maisons, ou encore des maisons qui n'étaient pas isolées. »
Selon les chiffres avancés par le président de Qualibat Gérard Sénior, lors de notre entretien avec lui en novembre dernier, 83 % des 18 000 audits réalisés chaque année par Qualibat se révèlent être « sans non-conformité ».
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