Un collectif dénonce la suppression du programme « Quartiers de demain »
Publié le 20 janvier 2026, mis à jour le 20 janvier 2026 à 17h15, par Nils Buchsbaum

Un collectif de chercheurs, d’élus et d’architectes a lancé, lundi 19 janvier, un appel à l’État pour maintenir les financements du groupement d’intérêt public (GIP) chargé de piloter le programme « Quartiers de demain », dédié aux quartiers populaires. Ce dernier bénéficiait jusqu’alors du soutien affiché d’Emmanuel Macron. En première ligne, le GIP-Epau (Europe des projets architecturaux et urbains), structure de 21 salariés qui conduit depuis vingt ans des programmes de recherche-action sur le logement, l’architecture, l’urbanisme ou encore la transition écologique, dont « Quartiers de demain ».
Lancé en 2023 à l’initiative d’Emmanuel Macron, le programme ambitionne d’améliorer le quotidien des habitants des quartiers populaires en transformant dix sites en France en « laboratoires de la ville de demain ». Les lauréats ont été dévoilés début décembre à la Cité de l’architecture, lors d’une cérémonie en présence de trois ministres, ponctuée d’un point presse de l’Élysée et d’une vidéo du chef de l’État.
Un arrêt brutal
« À la mi-décembre 2025, nous avons appris avec stupeur l’arrêt des missions [du GIP-Epau], ainsi que la réduction drastique de son budget, entraînant la suppression ou le transfert de ses programmes », écrit le collectif dans une tribune publiée lundi sur le site du Monde.
« Cette décision conduit également à placer les 21 salariés du GIP-Epau au chômage », poursuit la tribune, qui voit dans ce « démantèlement » l’application de la mission confiée par le Premier ministre à des hauts fonctionnaires chargés de proposer la suppression ou la fusion d’un tiers des opérateurs de l’État.
Le collectif rappelle que les thématiques abordées par le groupement d’intérêt « correspondent précisément aux défis auxquels nos sociétés font face : changement climatique, crise environnementale et démographique, crise du logement, inégalités territoriales ». Parmi les signataires figurent notamment l’ex-ministre déléguée à la Ville Juliette Méadel, la présidente de l’Union sociale pour l’habitat Emmanuelle Cosse et le président de l’Ordre des architectes, Christophe Millet.
Une décision incomprise
Fin décembre, l’association Ville et Banlieue avait elle aussi fait part de sa « vive incompréhension », appelant à garantir la continuité du dispositif.
« Je suis absolument scandalisé par ce qui s’est passé, alors qu’aucune critique n’a jamais été formulée sur le fond. Matignon a décidé que “Quartiers de demain” s’arrêtait brutalement au 2 décembre, en contradiction avec les engagements des ministres et du président de la République », confie à l’AFP, sous couvert d’anonymat, un acteur du programme. « Le message envoyé aux collectivités est clair : l’État ne sera pas au rendez-vous pour les accompagner », ajoute-t-il, dénonçant « une chasse à la tronçonneuse des opérateurs publics ».
Par Nils Buchsbaum (avec AFP)














