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« Construire autrement », thème majeur du colloque innovation de la FFB

L’année dernière, la Fédération Française du Bâtiment (FFB) lançait un tout nouvel évènement : son colloque « Innovation ». Forte du succès de la première édition, la fédération a décidé de « pérenniser » l’évènement. Ainsi, trois tables rondes ont été organisées le jeudi 21 avril à la Station F. Focus sur celle consacrée au thème « construire autrement », ayant notamment permis d’aborder les matériaux biosourcés et l’acceptabilité des chantiers.
Publié le 25 avril 2022

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« Construire autrement », thème majeur du colloque innovation de la FFB - Batiweb

Le deuxième colloque innovation de la Fédération Française du Bâtiment se déroulait jeudi 21 avril à la Station F, lieu symbolique de l’innovation en France, accueillant « 1 000 jeunes start-up », a précisé Xavier Niel, son fondateur, dans une introduction.

Olivier Salleron, président de la FFB, a ensuite annoncé la pérennisation de l’évènement, qui se tiendra désormais une fois par an. « L’innovation, c’est un gros défi pour le BTP. Progresser, toujours et encore, ce serait peut-être le slogan de notre FFB », a-t-il déclaré.

Il y a un an, trois tables rondes étaient organisées autour du développement des nouveaux procédés constructifs, de la transition écologique et de la transformation numérique. Le lean construction, la construction hors-site, le BIM et l’intelligence artificielle avaient été abordés.

Pour cette deuxième édition, les tables rondes ont porté sur « construire autrement », « gagner en productivité », et « offrir de nouveaux services ».

Lors de la première séquence, les intervenants sont revenus sur les défis du secteur de la construction, faisant actuellement face aux pénuries et hausses de prix des matériaux, aggravées par la guerre en Ukraine.

« L’immobilier et la construction font face à deux enjeux majeurs : l’acceptabilité de nos projets, et l’inflation des coûts de construction, liée aux matières premières et aux énergies. On sait que l’ICC a pris quasiment 7 % l’année dernière », a souligné Clément Théry, directeur de l’innovation et du développement des grands projets chez OGIC Immobilier.

 

Miser sur les matériaux biosourcés

 

« Construire autrement, c’est avant tout limiter l’impact sur l’environnement », a de son côté estimé Fabrice Denis, directeur général du pôle Construire Autrement de Bouygues Bâtiment, cherchant à répondre à la problématique posée. Selon lui, cela passe notamment par les matériaux biosourcés (bois, paille, chanvre…), les bétons bas carbone, l’économie circulaire, et l’intérêt porté à la biodiversité.

Dans les méthodes concrètes pour construire autrement, le directeur de l’innovation et du développement des grands projets d'OGIC Immobilier propose quant à lui deux pistes : sourcer localement (permettant aussi de se protéger contre les pénuries et l’inflation), et combiner les matériaux avec la logique du « bon matériau au bon endroit », pour retrouver une architecture vernaculaire et ainsi faciliter l’acceptabilité des projets immobiliers.

Pour certains chantiers, OGIC fait d’ailleurs le choix de recourir à la technique ancestrale du pisé, c’est-à-dire à la terre crue. Afin de gagner du temps et réduire la pénibilité pour les ouvriers, certains ateliers utilisent ainsi le pisé en préfabrication.

Mais reste encore à prouver la fiabilité des matériaux biosourcés aux assureurs et démocratiser ces techniques de construction parfois oubliées.

 

Changer les méthodes pour favoriser l’acceptabilité des chantiers

 

Autres points soulevés lors des échanges : le problème de la logistique, des nuisances, et de l’acceptabilité des chantiers. 

Pour Jérome Rouge, président de la Fabrique de la logistique et créateur du groupement Smart Construction Logistics, l’une des solutions peut être d’optimiser et mutualiser les transports pour les livraisons de matériaux entre les chantiers, et de travailler sur les surfaces de stockage.

L’optimisation et la mutualisation des transports permettant par ailleurs d’éviter de voyager à vide, de réduire les consommations de carburants, et bien entendu l’impact carbone - d’autant plus lorsqu’un travail sur le verdissement de la flotte est mené.

« On parle souvent des flux entrants, mais il ne faut pas négliger les flux sortants, qui sont plus importants en rénovation qu’en travaux neufs, et qui vont se compliquer à partir du moment où la REP va être mise en place. L’économie circulaire va prendre une ampleur bien plus significative dans les métiers du bâtiment », souligne ainsi Jean Passini, président de la Commission Transition Écologique de la FFB.

Pour voir l’intégralité du colloque, la vidéo Youtube est disponible ici.

 

Claire Lemonnier

 

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