Comment la domotique transforme le bâtiment grâce aux capteurs et à l’IA
Publié le 17 janvier 2026, mis à jour le 17 janvier 2026 à 15h13, par Camille Decambu

La domotique, pierre angulaire du bâtiment connecté
La domotique désigne l’ensemble des technologies permettant d’automatiser, de contrôler et d’optimiser les fonctions d’un bâtiment : éclairage, chauffage, ventilation, sécurité, gestion des accès, gestion des eaux usées...
Grâce à des interfaces intuitives (applications mobiles, tableaux de bord tactiles, assistants vocaux), il devient possible de piloter à distance tous les équipements du bâtiment.
Cette technologie, au service du confort et de la performance présentent de nombreux bénéfices :
- Un confort accru : température idéale, lumière adaptée, ambiance personnalisée.
- Des économies d’énergie : régulation automatique en fonction de la présence, des conditions météorologiques et de l'activité des occupants
- Une sécurité renforcée : détection d’intrusion, caméras connectées, alarmes intelligentes.
L’essor de l’interopérabilité et de l’IA
L’une des grandes tendances actuelles est l’interopérabilité. Les systèmes domotiques modernes reposent sur des protocoles ouverts, permettant à différents appareils de marques variées de communiquer entre eux.
L’intelligence artificielle joue également un rôle clé, aussi bien dans la gestion des ressources que dans l’anticipation des besoins.
Par exemple, lors de la création du village des athlètes pour les JO de Paris 2024, Dalkia a développé des algorithmes prédictifs pour la gestion de l'électricité des bâtiments. Ils permettent de faire appel à l'électricité du réseau lorsque celle-ci provient de moyens de production peu coûteux et faiblement carbonés.
L’IA apprend également des habitudes des occupants pour anticiper leurs besoins, optimiser les réglages et améliorer le confort sans intervention humaine.
Les capteurs intelligents : les yeux et les oreilles du bâtiment
H3 : Une collecte de données en temps réel
Les capteurs intelligents sont au cœur du bâtiment connecté. Ils mesurent en continu des paramètres tels que la température, l’humidité, la luminosité, la qualité de l’air, la consommation énergétique ou la présence humaine. Ces données, transmises via des réseaux IoT (Internet of Things), permettent une gestion fine et réactive du bâtiment.
On retrouve leur présence dans de nombreux usages :
- Les capteurs de CO₂ ajustent automatiquement la ventilation. Toujours dans le cadre du village olympique, Dalkia a développé la technologie F’AIR PLAY. Ce système de pilotage prédictif en temps réel permet d’optimiser les périodes de renouvellement d’air et de limiter l’entrée de polluants.
- Déjà développés depuis de nombreuses années, les détecteurs de présence régulent l’éclairage pour éviter le gaspillage.
- Autrefois réservés à l’industrie lourde, les capteurs de vibrations ou de température sont en train de gagner la sphère privée afin de surveiller l’état des équipements et des installations.
De la donnée brute à l’intelligence décisionnelle
Grâce à l’analyse de ces données, les gestionnaires de bâtiments disposent d’indicateurs précis sur les performances de leurs infrastructures. L’utilisation de plateformes de gestion ou de jumeaux numériques (digital twins) facilite la visualisation et la prise de décision. Il s’agit concrètement d’une réplique virtuelle d'un objet ou d'un système, mise à jour en temps réel par les données provenant de capteurs permettant de surveiller, d’analyser, de simuler et d’optimiser le fonctionnement de son équivalent réel.
Ces systèmes permettent également de détecter des anomalies avant qu’elles ne deviennent des pannes critiques, ouvrant la voie à la maintenance prédictive.
La maintenance prédictive : anticiper pour mieux gérer
Traditionnellement, la maintenance des bâtiments reposait sur deux approches : la maintenance corrective et la maintenance préventive. Pour la première, il s’agit simplement d'intervenir suite à une panne constatée, tandis que la deuxième consiste en l’intervention à intervalles réguliers selon un calendrier.
Aujourd’hui, la maintenance prédictive bouleverse cette logique. Grâce à l’analyse des données issues des capteurs et à l’intelligence artificielle, il est désormais possible de prédire les défaillances avant qu’elles ne surviennent.
Cela permet d’intervenir au bon moment, de réduire les coûts, d’éviter les arrêts non planifiés et de prolonger la durée de vie des infrastructures.
Des bénéfices concrets pour la performance des bâtiments
Les avantages de la maintenance prédictive sont considérables. Selon une étude du cabinet McKinsey, cela permet de réduire les coûts de maintenance de 10 à 40 % et de diminuer l’investissement dans de nouvelles machines de 3 à 5 %. Au-delà des raisons économiques, la maintenance prédictive assure une amélioration de la sécurité grâce à une surveillance continue ainsi qu’une diminution des temps d’arrêt, une situation particulièrement critique dans les bâtiments tertiaires ou industriels.
Les défis du bâtiment connecté
Cybersécurité et protection des données
Avec la multiplication des connexions, la cybersécurité des bâtiments connectés est un enjeu crucial. Les données collectées — qu’il s’agisse de consommation, de présence ou d’accès — sont sensibles et doivent être protégées contre les possibles piratages ou attaques. La mise en place de protocoles de sécurité renforcés est cruciale : chiffrement des données, authentification forte, segmentation des réseaux, mises à jour régulières, etc.
Interopérabilité et gestion de la complexité
Un autre défi majeur réside dans la compatibilité entre les différents systèmes. Les bâtiments modernes intègrent une multitude d’équipements issus de fabricants variés, pouvant utiliser des langages différents. Afin d’assurer une communication fluide, les standards ouverts et les plateformes de gestion centralisées sont indispensables pour éviter les silos technologiques.
Formation et accompagnement des acteurs
Enfin, le succès du bâtiment connecté dépend de la formation des professionnels du secteur : architectes, ingénieurs, exploitants et techniciens doivent maîtriser les nouveaux outils numériques. Des programmes de formation continue et des certifications émergent pour accompagner cette transition vers le smart building.
Par Alexandre Masson














