Le terme de « bétonisation » est-il employé à tort ou à raison ?
Publié le 03 avril 2025, mis à jour le 18 mars 2026 à 15h55, par Camille Decambu

Le terme « bétonisation » ne semble pas être du goût de tous. Les syndicats professionnels réunis au sein de l’Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction (UNICEM), dont le Syndicat national du béton prêt à l’emploi (SNBPE) interpellent les médias et les acteurs de l’aménagement, de la construction et des politiques publiques sur l’usage inadéquat du terme « bétonisation ».
Selon les professionnels du secteur, ce terme, qu’ils désignent comme mot-valise, dessert la nécessaire transition écologique en opposant de manière simpliste urbanisation et nature.
« Bétonisation », un terme employé à tort selon l’UNICEM
L’UNICEM regrette un terme employé à tort comme synonyme d’artificialisation des sols. Selon les professionnels, il occulte la réalité des usages. Le béton est un matériau qui permet de construire durablement, de façon délocalisée et avec des formulations de moins en moins carbonées, tout en intégrant les exigences croissantes d’économie circulaire et de gestion raisonnée des ressources.
Dans un contexte de dérèglement climatique, l’UNICEM rappelle les atouts que peut comporter le béton. Ce matériau permet notamment de concevoir des ouvrages durables, conçus pour résister aux aléas climatiques extrêmes (inondations, fortes chaleurs, gel).
Les syndicats professionnels louent également l’incombustibilité, la résistance aux hautes températures et la protection qu’apporte le béton aux structures porteuses en cas d’incendie.
Pour l’UNICEM, le béton est aussi indispensable à la construction de logements accessibles, de réseaux de transport collectif, d’équipements publics et d’infrastructures essentielles à la vie collective.
« Opposer béton et écologie est une impasse »
À l’heure où les enjeux d’aménagement durable nécessitent une approche systémique, l’UNICEM et le SNBPE appellent à sortir des postures idéologiques.
Selon eux, l’évaluation des projets doit se faire sur des critères objectifs (analyse du cycle de vie, bilan carbone, multifonctionnalité des espaces, durabilité), et non à partir de concepts flous ou anxiogènes.
« Opposer béton et écologie est une impasse. Il faut parler de solutions constructives, contextualisées et performantes. Le béton a toute sa place dans cette logique, en lien avec les autres matériaux », déclare Alain Plantier, président de l’UNICEM.
Jérémy Leduc
Photo de Une : Adobe Stock














