Un plan d'électrification déconnecté des réalités de l’artisanat du bâtiment ?

Depuis les annonces du Premier ministre Sébastien Lecornu sur l’électrification des usages en France, le monde du bâtiment y va de son petit commentaire. Les mesures exposées se résument ainsi :
- À partir de fin 2026, interdiction d’installer des chaudières gaz dans les constructions neuves ;
- D’ici à 2050, 2 millions de logements sociaux devront sortir du gaz ;
- Un cap d’installation d’un million de pompes à chaleur d’ici à 2030.
Un danger pour les artisans du génie climatique
« Pour changer d’échelle, le soutien public à l’électrification sera doublé d’ici à 2030. Il passera de 5,5 milliards d’euros à 10 milliards d’euros par an. Cet investissement massif se fera en tenant les cibles de déficits fixées par le gouvernement », est-il indiqué sur le site du gouvernement. Des objectifs dont prend acte la confédération de l’artisanat et des petites entreprises (CAPEB), après le collectif Rénovons.
« Si la CAPEB partage l’objectif de transition énergétique et la nécessité de réduire la dépendance aux énergies fossiles, elle considère que ces annonces restent largement déconnectées de la réalité économique et sociale que traversent aujourd’hui les entreprises artisanales du bâtiment », commente l’organisation dans un communiqué ce lundi 13 avril.
Le représentant des artisans du bâtiment craint notamment des répercussions brutales sur l’activité des artisans plombiers-chauffagistes. « Des entreprises très spécialisées dans les chaudières gaz risquent une rupture brutale de leur activité dans le neuf. La transition technologique apparaît difficilement absorbable dans des délais aussi courts, avec un risque de désorganisation des entreprises artisanales déjà fragilisées par la baisse d’activité et dans l’impossibilité de transformer ses compétences en à peine un an », s’inquiète la CAPEB.
L’isolation avant l’électrification
« Dans un secteur en récession, ce message est inaudible pour des artisans qui attendent des réponses concrètes », abonde son président Jean-Christophe Repon.
Réponses concrètes résidant notamment selon la CAPEB dans la sobriété énergétique, en mettant l’accent sur «la réduction des consommations via l’isolation, à travers un parcours de rénovation globale, avant de recourir à l’électrification des équipements ».
D’autant que « le marché des pompes à chaleur reste insuffisamment dynamique malgré les aides existantes, leur coût demeure trop élevé pour les ménages, ce qui freine le passage à l’acte », lit-on dans le communiqué de la confédération.
Alors que le conflit au Moyen-Orient menace les prix des matériaux et la relance du logement neuf, la CAPEB réclame « une trajectoire plus progressive et concertée avec les professionnels » et une stabilité règlementaire. Sans compter des doléances, comme une baisse provisoire à 5,5 % de la TVA sur les travaux de rénovation énergétique.
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