Activité en baisse, coûts en hausse, offre intégrée PAC… la Capeb hausse le ton

La Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (Capeb) tenait mardi 27 octobre sa conférence de presse trimestrielle pour présenter sa conjoncture.
En introduction, Jean-Christophe Repon, président de la Capeb, a annoncé le lancement d’une pétition intitulée « Laissez-nous travailler ! » sur le Paris Builders Show, déjà signée par plus de 8 500 signataires.
Parmi les revendications, la Capeb réclame notamment la TVA à 5,5 % pour les travaux de rénovation afin de rejoindre le taux des travaux de rénovation énergétique. L’objectif : relancer les projets de travaux des Français, qui subissent de plein fouet une baisse de pouvoir d’achat avec l’inflation généralisée, et notamment sur les prix de l’énergie.
Selon les estimations de la confédération, cette baisse temporaire de la TVA permettrait de créer 10 000 emplois et ainsi compenser les 10 000 emplois perdus dans le secteur sur une année glissante. Jean-Christophe Repon rappelle que sur les 4 dernières années, ce sont 45 000 emplois qui ont été détruits dans l’artisanat du bâtiment.
Un nouveau recul de l’activité au 3ème trimestre
Et les perspectives ne semblent guère rassurantes. Au troisième trimestre 2026, l’activité globale recule de nouveau de 1 %. Seul le segment « performance énergétique » s’en sort avec +1 %.
Sylvie Montout, directrice des affaires économiques de la Capeb, explique que cette légère hausse s’explique par une hausse des besoins en ventilation et climatisation lors des vagues de chaleur de cet été.
« C’est le 1 % canicule », résume Jean-Christophe Repon.
D’un point de vue géographique, toutes les régions affichent une baisse d’activité comprise entre -1,5 % et -0,5 %. Seule la Normandie fait exception avec une stabilisation à 0 %.
Hausse des prix carburants et des matériaux : les marges des artisans sous pression
Côté contexte macro-économique, les hausses des prix des carburants et des matériaux impactent la trésorerie les marges des artisans du bâtiment, puisqu’ils sont 45 % à ne pas avoir répercuté ces hausses de prix sur les devis de leurs clients.
Résultat, 30 % des entreprises déclarent une dégradation de leur trésorerie et 24 % ont besoin de trésorerie pour un montant moyen de 25 000 euros.
Au troisième trimestre, l’impact de la guerre en Iran se fait également de plus en plus sentir, puisque 94 % des entreprises artisanales du bâtiment déclarent être impactées par la hausse du coût des carburants, et 82 % par la hausse des prix des matériaux.
Offre intégrée PAC : la Capeb dénonce l’exclusion des artisans installateurs
Parmi les autres points de crispation pour la Capeb : la nouvelle offre intégrée PAC, avec la création de consortiums composés d’un énergéticien, un fabricant de pompes à chaleur et un financeur.
Le président de la Capeb trouve « tout simplement scandaleux » que les artisans installateurs aient été écartés du dispositif et rappelle que ce ne sont pas de simples « poseurs ».
« La valeur ajoutée et la plus-value qu’apporte l’artisanat dans le secteur économique n’est pas validée, puisqu’on dit qu’en fait on posera 50 000 climatiseurs (…) On a 50 000 climatiseurs pour le confort d’été, sans isolation, sans revoir l’enveloppe. C’est une trajectoire que nous, nous ne défendons pas », déplore-t-il, tout en s’interrogeant sur la qualité de la pose.
«Tout le monde parle de la mensualité, mais personne ne parle de la qualité. C’est assez dramatique quant à la compétence et à l’équilibre du partage de la valeur (...) Je rappelle juste qu’ils [les consortiums, NDLR] n’ont pas de compétences internes. Quelques réseaux ont des poseurs agréés, mais pas de compétences internes », insiste Jean-Christophe Repon.
« Laisser les artisans au bord de la route en disant "c'est pas pour vous en fait, vous viendrez poser, on verra à quel prix, parce qu'il faudra que ça rentre dans le loyer du leasing",c'est insultant pour ce que nous sommes et pour le travail que nous faisons depuis des années et on le redira au gouvernement », poursuit-il.
« Nous ne serons jamais de la main d’œuvre à louer pour les consortiums qui vont faire du business », annonce le président de la Capeb.
Et d’ajouter : « On veut pouvoir vivre décemment de nos métiers », tout en comparant la situation du bâtiment aux difficultés du secteur agricole.
Dans ce contexte, il précise avoir demandé un rendez-vous avec le Premier ministre pour exposer les préoccupations de la filière.
Propos recueillis par Claire Lemonnier
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