« Février, pire que janvier » : la dernière conjoncture Unicem

Alors que les fleurs printanières rebourgeonnent, l’Union nationale des industries des carrières et matériaux de construction (Unicem) affiche ses données provisoires du début d’année.
La production en dessous des niveaux moyens des 10 dernières années
Une météo conjoncturelle malheureusement morne. L’activité des matériaux de février a été « pire que janvier » selon l’Unicem, affichant des « replis sensibles ». En témoigne la production de granulats et de béton prêt à l’emploi, cédant aux mêmes niveaux en glissement mensuel (respectivement à -5,9 % à -5,7 %). Idem en glissement annuel (respectivement à -8 % à -8,1 %).
Dans le segment granulats, la production est dans le vert de décembre à février (+1 %) mais cède de 3,9 % sur un an. « Sur les deux premiers mois de l’année, l’activité perd 4 % sur un an, le cumul sur douze mois glissants reculant de 2,1 % », lit-on dans le bilan conjoncturel.
En évolution trimestrielle, les volumes livrés de BPE « peinent à se stabiliser » (-0,8 % par rapport). Les livraisons trimestrielles flanchent même de 3,1 % sur un an. Le cumul de janvier-février affiche -4,6 %. Sur douze mois glissants, la contraction est de 2,7 %.
Pire encore, la production reste en dessous des niveaux moyens des dix dernières années : -19 % en BPE et 15 % en granulats.

Intempéries, municipales, géopolitique… Un cocktail dangereux pour la filière
« Ce début d’année déçoit alors que la fin 2025 décrivait un redressement des trajectoires », déplore l’Unicem. La faute en grande partie aux intempéries d’après l’union avec un excédent de pluviométrie de 30 % sur le premier mois de l’année. De quoi impacter les chantiers, avec des possibles rattrapages sur l’année.
Sans compter l’effet explosif du conflit au Moyen-Orient et le blocage du détroit d'Ormuz, qui a redéclenché une inflation. «Les tensions sur l’approvisionnement pétrolier font flamber les prixdes carburants et autres dérivés (matières premières, énergie), pesant sur le budget des ménages et les coûts de production, y compris dans le secteur des matériaux de construction », expose l’Unicem. « Au-delà de l’impact inflationniste, l’évolution des taux est à surveiller tant elle constitue un risque de grippage du marché immobilier. »
L’indicateur matériaux de janvier fléchit de 2,6 % par rapport à décembre, mais s’équilibre à +0,2 % sur un an. Sur le trimestre qui s’est écoulé, une tendance baissière se dessine en « glissement trimestriel comme en glissement annuel », à environ - 1 %. C’est d’ailleurs le repli constaté en 2025.

Les perspectives 2026 s’annoncent mitigées. Dans le segment granulats, un recul de l’ordre de -1 % à -2 % est prédit, sur fond de resserrements budgétaires liés aux élections municipales.
Mais ce déclin pourrait être compensé par une demande en BPE. « En effet, l’accélération de la construction neuve devrait se solder par une hausse des livraisons de béton dont l’ampleur (entre 0 % et +2 %), reste conditionnée par la durée et l’issue du conflit dans le golfe arabo-persique », indique l’Unicem. D’autant que dans le résidentiel, si les permis de construire repartent à la hausse en janvier, ce n’est pas le cas des mises en chantier.
Incendie d'une usine de granulats dans l'Ariège
Le 22 avril, jour de diffusion de cette conjoncture, le parquet de Foix (Ariège) a ouvert une enquête pour « destruction de bien en bande organisée par un moyen dangereux », rapportent nos confrères de l'AFP.
L'investigation a été confiée à la section de recherches de la gendarmerie de Toulouse et à la brigade de recherche de Pamiers. Elle fait suite à l'incendie du site de l'entreprise Denjean, basée à Saverdun, spécialisée dans la production de granulats pour le BTP.
« En l'état des premières constatations réalisées sur place, et diligentées dans l'urgence, la thèse accidentelle semble pouvoir être écartée », indique le procureur de la République, Olivier Mouysset, précisant des dégâts sur des «tapis roulants de grosses excavatrices installées dans des carrières ».
Pour le maire de Saverdun, Philippe Calleja, les flammes ont également frappé la trentaine de salariés d'un chômage technique. « Il faudra sans doute un à deux ans de travaux, pour dépolluer, démonter, financer et reconstruire », estime-t-il.
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