Résorber la crise du logement selon la Banque de France
Publié le 15 janvier 2026, mis à jour le 15 janvier 2026 à 17h15, par Virginie Kroun

« Dans le bâtiment, l’activité évolue globalement peu en décembre, conformément aux anticipations », lit-on dans la dernière lettre conjoncturelle de la Banque de France.
Le Produit intérieur brut (PIB) sur ce secteur au T4 2025 se solde à -0,3 %, contre +0,1 % au T3 2025. Les projections début décembre étaient à +0,2 % au T4 2025. La valeur ajoutée du bâtiment s’élève à 5 % des résultats globaux.
La morosité dans le gros œuvre se creuse, le second œuvre tient bon
Le manque de carnets de commandes plonge particulièrement côté gros œuvre. Cela s’explique notamment par des arrêts de chantiers plus longs en 2025, marquée par une météo défavorable.
En parallèle, les travaux de rénovation tirent le second œuvre. Le gel estival de MaPrimeRénov’ pour les travaux d’ampleur ne s’est visiblement pas fait sentir. Le maintien de l’aide pour les monogestes a dû soutenir l’activité.
Il n’empêche que le solde d’opinion sur l’évolution des prix, l’avis des entreprises de gros œuvre comme second œuvre n’est pas au beau fixe. 9 % ont indiqué en décembre avoir réduit leur prix, « principalement afin de remporter des marchés dans un contexte concurrentiel tendu ». 1 % les ont augmentés.
Les difficultés de recrutement atteignent 22 % dans le bâtiment le mois dernier, contre 23 % dans la dernière conjoncture.
Un « examen de conscience collective », réclame la Banque de France
Interrogé le 14 janvier par la commission des Finances au Sénat, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a abordé la crise du logement. Selon M. Villeroy de Galhau la hausse de financements vers l’immobilier aurait entraîné davantage une hausse des prix que de construction de logements.
« Quand vous regardez les financements vers le secteur immobilier, ils ont en fait beaucoup augmenté depuis 25 ans, et souvent à conditions assez favorables (...) Pourquoi est-ce qu'une masse de financements a plutôt produit une envolée des prix de ce qui existait plutôt qu'une augmentation des volumes ? », évoque le gouverneur de la Banque de France, cité par l’AFP.
Et ce malgré une politique monétaire favorable « traduite aussi par des crédits immobiliers à taux sans précédent, 1 % ou 1,5 % ».
« Je pense que c'est un vrai sujet d'examen de conscience collective, partout, pas seulement en France », estime François Villeroy de Galhau, en mentionnant une crise du logement s’étendant sur « toute l'Europe, (...) l'Amérique du Nord, etc. ».
Selon une note de l'Inspection générale de l'environnement et du développement durable (IGEDD) d’avril 2015, la baisse des taux d’intérêt expliquerait ce rebond inflationniste en France, comparé aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, à l’Allemagne voire à l’Espagne.
« Depuis 2008, alors qu’il a fortement baissé dans ces autres pays, il n’a globalement que peu diminué dans le nôtre, qui constitue en cela une exception », lit-on dans le rapport, qui débunke le poids d’autres facteurs comme l’insuffisance de construction, la raréfaction du foncier voire les aides au logement ciblant les locataires.

Mais face à une flambée des prix post-pandémie, des conflits géopolitiques et mouvements sociaux, la crise du logement changent en 2026 embrasse une certaine forme d'incertitude. En témoigne la France, entre un budget 2026 qui n’est toujours pas voté et un texte sénatorial très décrié pour relancer le logement.
Peut-être le plan pour le logement abordable européen, lancé fin 2025, pourra fournir une réponse, malgré le scepticisme de l’USH. Dans ses propositions : augmenter l’offre, encourager l’investissement, réguler des locations touristiques voire soutenir les populations les plus fragiles
Par Virginie Kroun














