L'Éthiopie lance le chantier d'un immense aéroport près d'Addis Abeba
Publié le 14 janvier 2026, mis à jour le 14 janvier 2026 à 16h53, par Raphaël Barrou

C'est une infrastructure de près de 12,7 milliards de dollars (environ 11 milliards d'euros) qu'a annoncée le Premier ministre Abiy Ahmed. L'Éthiopie va se doter d'un nouvel aéroport international à Bishoftu, à une quarantaine de kilomètres de la capitale Addis Abeba.
Celui-ci est appelé à devenir la principale plateforme aéroportuaire d'Afrique, pour accueillir à terme 110 millions de passagers par an, soit autant que l'aéroport d'Atlanta, actuellement le plus fréquenté au monde.
2 500 fermiers ont été « relogés » l'année dernière
Pour l'instant, la capitale éthiopienne dispose de l'aéroport de Bole, capable d'accueillir 25 millions de passagers annuels.
Les travaux doivent durer cinq ans. Ce projet « placera l'Ethiopie parmi les principaux hubs aériens mondiaux », s'est félicité le Premier ministre. En plus de l'aéroport, le « projet comprend également la construction d'une autoroute moderne à plusieurs voies reliant le nouvel aéroport à Addis Abeba, ainsi qu'une ligne ferroviaire à grande vitesse de 38 kilomètres pouvant atteindre (...) 120 à 200 km/h », a poursuivi M. Abiy.
Ce futur aéroport, qui doit s'étendre sur quelque 35 km2, a déjà entraîné le déplacement de 2 500 fermiers qui ont été « relogés » l'année dernière pour 350 millions de dollars, avait expliqué en novembre le directeur général d'Ethiopian Airlines, Mesfin Tasew Bekele.
Des investissements étrangers pour la construction d'infrastructures
Ce projet monumental est en partie financé par Ethiopian Airlines, entreprise publique et première compagnie africaine en terme de flotte et de passagers. Le chantier de Bishoftu a déjà obtenu un engagement de financement de 500 millions de dollars de la Banque africaine de développement (BAD).
Les autorités sont aussi en discussion avec la Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures (BAII, initiée par Pékin), la Banque européenne d'investissement (BEI), et la DFC, l'Agence américaine de financement du développement international. Très présente en Afrique avec ses « nouvelles routes de la soie », la Chine a déjà financé la construction du métro léger à Addis Abeba en 2015 pour environ 475 millions de dollars.
Par Raphaël Barrou (avec l'AFP)














