REP Bâtiment : « L'objectif est de simplifier la vie de l'artisan » (Éco-Mobilier)

Développement durable | 18.01.22
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REP Bâtiment : « L'objectif est de simplifier la vie de l'artisan » (Éco-Mobilier) - Batiweb
Alors que la Responsabilité Élargie du Producteur (REP) sur les matériaux de construction doit entrer en vigueur dans moins d'un an, Dominique Mignon, présidente de l'éco-organisme Éco-Mobilier, candidat à l'agrément, revient pour Batiweb sur les prochains axes de travail, notamment la création d'une application permettant aux artisans de géolocaliser les points de collecte les plus proches pour la reprise gratuite des déchets du bâtiment.

Créé en 2011, l'éco-organisme Éco-Mobilier était initialement spécialisé dans le recyclage des déchets issus de meubles. En six ans, l'éco-organisme a déployé plus de 5 000 points de collecte et est parvenu à recycler ou valoriser plus de 90 % des meubles usagés.

 

Depuis 2018, l'éco-organisme s'est étendu aux matelas et couettes, pour recycler et réutiliser la mousse. Désormais, il est candidat pour obtenir trois nouveaux agréments : pour la filière des outils de bricolage et jardinage, la filière des jeux et jouets, mais aussi pour obtenir le futur agrément dans le cadre de la Responsabilité Élargie du Producteur (REP) qui s'appliquera au secteur du bâtiment à compter du 1er janvier 2023. Le point avec Dominique Mignon, présidente de l'éco-organisme.

 

Quel est le périmètre d'action d'Éco-Mobilier ?

 

Dominique Mignon : Éco-Mobilier est un éco-organisme agréé dans le périmètre de la filière mobilier. 80 % de notre portefeuille, ce sont des enseignes d'ameublement, de cuisine, de literie, de bricolage et de jardinerie. 10 % de nos adhérents sont concernés par la mise en place de la REP matériaux de construction.

 

Aujourd'hui, notre expertise matériaux est fortement concentrée sur le bois. On est le premier fournisseur de bois de recyclage en France, avec 750 000 tonnes de bois. On a aussi une très grande proportion de mousses issues des canapés ou issues de la literie. Des mousses que l'on recycle prioritairement, mais aussi que l'on transforme en combustibles, et qu'on adresse aux cimenteries et aux chaudières industrielles, en substitution du charbon et de produits énergétiques pétrosourcés. Notre combustible améliore ainsi leur bilan énergétique.

 

Pourquoi souhaitez-vous obtenir l'agrément pour la REP matériaux de construction ?

 

D.M. : On dépose un agrément sur les matériaux de construction parce qu'on est très intéressés pour massifier nos collectes, notamment sur les matériaux bois, plastiques, mousses, et métal. Notre objectif est de proposer aux enseignes, notamment de distribution et négoce, une solution unique et complète pour une large palette de produits à collecter : le mobilier, les matériaux de construction, les objets bricolage et jardin, et les jeux d'extérieur. Qu'on puisse collecter tous ces produits, soit en provenance des particuliers, soit des artisans.

 

Quelle est votre spécificité par rapport aux autres éco-organismes candidats à l'agrément, tels que Valdelia, Valobat ou Éco-Minéro ?

 

D.M. : Ce qui fait notre particularité, c'est que nous sommes déjà opérationnels sur 5 500 points de collecte, et 3 600 déchetteries publiques, qui, pour la moitié d'entre elles, acceptent et reçoivent déjà les artisans. On mène actuellement un gros travail pour proposer aux collectivités locales, à partir de l'année prochaine, les conditions d'acceptation des artisans dans les déchetteries publiques. On travaille avec ces collectivités pour voir quels matériaux pourront être acceptés, dans quelles conditions, comment on organise la gratuité pour les artisans, et comment on se positionne pour organiser cette communication vis-à-vis des artisans, avec des outils et des applications de géolocalisation simples, pour que l'artisan sache quel est le point de collecte le plus proche.

 

Le travail sur le maillage est primordial pour mettre en place cette filière bâtiment puisque la loi prévoit que les enseignes aient l'obligation, dès lors qu'elles ont 4 000 m2, d'organiser la reprise gratuite pour les artisans. L'éco-organisme doit de son côté proposer des solutions complémentaires via les déchetteries publiques et privées, de sorte que l'artisan ait, à moins de 10 km, une solution pour déposer gratuitement ses déchets. Je dirais que la gratuité de ces points de collecte est la principale obligation et le principal bénéfice pour les artisans de cette filière bâtiment.

 

Quelles sont vos prochains axes de travail ?

 

D.M. : Cette année, on prépare l'élargissement de notre offre, et on est en train de mettre au point toutes les applications à mettre à disposition de l'artisan et du grand public, et que les enseignes adhérentes chez nous pourront utiliser pour leurs clients. Nous avons réfléchi à une application de géolocalisation pour que les détenteurs de déchets, artisans et particuliers, puissent trouver le point de collecte le plus proche, avec, dans cette application, les types de déchets collectés, les horaires d'ouverture... quelque chose de très opérationnel qui va permettre de simplifier les choses, notamment pour l'artisan. On a déjà dans notre réseau de 5 500 points de collecte, au moins la moitié qui va pouvoir être utilisée pour les matériaux de construction. On va activer cette application avec un nombre de points de collecte proposés aux artisans qui va être assez conséquent dès le démarrage de la filière.

 

Envisagez-vous des partenariats avec les autres éco-organismes ?

 

D.M. : Le décret va nous obliger à mettre en place entre nous une coordination. C'est une obligation, notamment vis-à-vis des collectivités locales, de créer entre nous un organisme de coordination pour proposer aux collectivités un contrat type, qui leur assure que la concurrence entre nous ne s'exercera pas. Cela va nous mener à créer une entité commune qui va opérer dans la relation avec les collectivités locales au niveau administratif et contractuel. Je pense que cette discussion interviendra plutôt au deuxième semestre parce qu'on attend le texte de l'arrêté qui précisera la manière dont on doit s'organiser.

 

Dans le cadre de cette coordination entre les candidats qui vont être agréés, on a aussi un objectif imposé par la réglementation qui sera de faire en sorte que le maillage des points de collecte soit partagé entre nous tous. Par exemple, lorsqu'un artisan est client d'une enseigne adhérente à Éco-Mobilier, qu'il puisse aller sur un point de collecte plus près de son chantier, ce point de collecte pouvant être celui d'une enseigne qui sera adhérente à Valdelia, Valobat ou Éco-Minéro. L'objectif est de simplifier la vie de l'artisan grâce à la proximité et au maillage des points de collecte. Ce maillage est l'élément important de cette filière du bâtiment puisque l'objectif est de faire en sorte d'éviter les dépôts sauvages.

 

Quel est le calendrier prévisionnel ? Quand pensez-vous obtenir l'agrément pour les matériaux de construction ?

 

D.M. : Notre pronostic, c'est que le décret publié en décembre va donner lieu à des publications d'arrêtés complémentaires, notamment l'arrêté du cahier des charges, qui va nous permettre de déposer notre agrément. Cet arrêté - qui n'est pas encore en consultation publique - nous pensons qu'il sera publié en mars. Si c'est le cas, on sera en capacité de déposer la demande d'agrément officielle début avril. L'instruction de l'agrément peut ensuite durer jusqu'à 3 mois, donc on devrait pouvoir obtenir l'agrément peut-être en juin, pour une mise en place opérationnelle au 1er janvier 2023.

 

Propos recueillis par Claire Lemonnier

Photo de une : Dominique Mignon

 

Claire.lemonnier
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