Titres de séjours : la FFB Grand Paris pointe les limites du plan du gouvernement

Le ministre de l’Intérieur a annoncé la mise en place d’un « plan massif » visant à réduire les délais de traitement des titres de séjour. La FFB Grand Paris Île-de-France n’a pas tardé à réagir. Dans un communiqué diffusé le lundi 27 avril, elle estime que « cette annonce va dans le bon sens, mais reste insuffisante à elle seule ».
Selon la fédération, les préfectures franciliennes font face à un engorgement lié à l’augmentation du volume global des dossiers à traiter. Si le recrutement de 500 vacataires doit permettre d’absorber une partie de la demande, cette mesure ne constitue pas, en l’état, une réponse durable si les processus administratifs ne sont pas revus, avance la FFB.
Le secteur du bâtiment en Île-de-France fait face depuis plusieurs années à une « pénurie structurelle de personnel qualifié ». Dans ce contexte, les travailleurs étrangers en situation régulière occupent une place importante au sein des équipes et sur les chantiers.
La FFB formule trois demandes
Le renouvellement de leurs titres de séjour demeure toutefois source de difficultés récurrentes. Des retards administratifs peuvent conduire, dans certains cas, à des ruptures de contrat lorsque les titres ne sont pas renouvelés dans les délais requis. Salariés concernés et employeurs de bonne foi, pourtant en conformité avec leurs obligations déclaratives, se retrouvent alors dans « une insécurité juridique inacceptable », selon la FFB Grand Paris.
Cette dernière déclare également que « l’engorgement des préfectures a des répercussions directes sur la capacité des entreprises à tenir leurs engagements contractuels. Le secteur ne peut pas se permettre de devoir brutalement se séparer des salariés expérimentés sur des chantiers en raison d'un simple retard administratif. »
Dans ce contexte, la fédération formule trois demandes. Elle plaide en premier lieu pour un traitement prioritaire des demandes de renouvellement concernant les salariés en poste, assorti de délais maximaux contraignants. Elle propose également la création d’un dispositif de récépissé autorisant automatiquement la poursuite de l’activité pendant toute la durée d’instruction des dossiers. Enfin, elle demande l’instauration d’un canal de dialogue direct entre les organisations professionnelles et les services préfectoraux en Île-de-France, afin de résoudre plus rapidement les situations de blocage sur les chantiers.
27 % des ouvriers du bâtiment sont d'origine étrangère
Les dernières données consolidées du ministère du Travail remontent à 2017. Elles indiquaient alors environ 2,7 millions de travailleurs immigrés en France — des personnes nées à l’étranger de parents étrangers, en situation régulière ou non — présentes dans l’ensemble des secteurs de l’économie.
Selon ces mêmes données, les travailleurs d’origine immigrée représentaient environ une personne en emploi sur dix. Dans le bâtiment, ils occupaient déjà une place significative, puisqu’ils représentaient 27 % des ouvriers non qualifiés du secteur.
En Île-de-France, certaines estimations font état d’une proportion pouvant atteindre 60 % d’ouvriers étrangers dans le BTP.
Depuis le printemps 2022, l’Inspection du travail a par ailleurs mis en évidence plusieurs cas de travailleurs sans-papiers sur des chantiers liés aux infrastructures des Jeux olympiques de Paris.
Ces salariés, notamment originaires du Mali, de Turquie ou du Pakistan, auraient été employés par des sous-traitants, parfois dans des conditions dégradées, avec des journées prolongées, sans contrat formel ni jours de repos. Une unité spécialisée a depuis été mise en place par l’Inspection du travail afin de renforcer les contrôles sur ces chantiers et limiter les dérives.
Les titres de séjours délivrés pour motif économique en baisse
En 2025, la France a délivré environ 51 190 premiers titres de séjour pour motif économique. Ce chiffre ne concerne que les primo-délivrances, c’est-à-dire les premières autorisations de séjour, à l’exclusion des renouvellements.
Les titres pour motif économique, qui couvrent notamment les travailleurs salariés, enregistrent une baisse d’environ 13 % par rapport à 2024. Ils restent par ailleurs minoritaires dans l’ensemble des titres délivrés, loin derrière les motifs étudiants, familiaux et surtout humanitaires.
Au total, près de 384 000 premiers titres de séjour ont été délivrés tous motifs confondus en 2025. À l’intérieur de cet ensemble, certains dispositifs ciblés, comme celui des « métiers en tension », restent très limités en volume, avec environ 1 655 titres délivrés sur l’année.
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