BTP : les recrutements reculent en 2026, mais la pénurie de profils qualifiés persiste

Alors que l'inflation sur fond de guerre au Moyen-Orient menace la reprise d'activité dans le bâtiment, le secteur voit les choses se compliquer côté recrutement. . Selon l’édition 2026 de l’enquête Besoins en main-d’œuvre publiée par France Travail, les intentions d’embauche dans le BTP reculent nettement cette année. Malgré ce repli, les entreprises continuent de peiner à recruter sur plusieurs métiers techniques et d’encadrement de chantier.
En 2026, les employeurs de la construction affiche 139 510 projets de recrutement (soit 6,1 % sur le total des intentions d'embauche), soit une baisse de 16,4 % sur un an. Il s’agit du recul le plus marqué parmi les principaux secteurs économiques étudiés par France Travail.
Le secteur décroche plus qu'à l’échelle nationale, où les intentions d’embauche atteignent 2,28 millions, en retrait de 6,5 % par rapport à 2025.
65 % des recrutements jugés difficiles
Selon l’enquête, 65,2 % des projets recrutements dans la construction sont considérés comme difficiles par les chefs d'entreprise, un niveau largement supérieur à la moyenne nationale (43,8 %). 7,5 % des profils recherchés dans ce domaine sont saisonniers.
Cette situation confirme des fragilités déjà identifiées depuis plusieurs années : manque de candidats expérimentés et formés sur certains métiers, faible attractivité du secteur, difficulter à capter et garder des employés... Le renouvellement générationnel joue également un rôle. Dans plusieurs spécialités, les départs à la retraite entretiennent les besoins de recrutement.
Parmi les métiers les plus exposés aux tensions de recrutement figurent d’abord les fonctions directement liées au chantier. Dans le top 10 des métiers où les recrutements sont jugés difficiles, tous secteurs confondus, figurent en tête celui de géomètre suivi dans l'ordre par les professionnels du travail de la pierre et des matériaux associés et les techniciens de maîtrise et maintenance en froid et conditionnement d'air. On retrouve également les couvreurs à la 6ème place et les charpentiers (métal et bois) à la dixième place.
Dans la construction, les besoins en recrutement non saisonniers restent soutenus pour :
- Les maçons qualifiés ;
- Les couvreurs ;
- Les charpentiers bois et métal ;
- Les menuisiers-agenceurs ;
- Les plombiers-chauffagistes ;
- Les électriciens bâtiment.
L'impact conjoncturel
Si la FFB a estimé fin février dernier que « l’horizon se dégage indéniablement pour le logement neuf », l’inflation observé sur les prix des matériaux est la crise de trop pour une reprise sereine. D’ailleurs, selon les derniers chiffres ministériels, les permis de construire repartent à la hausse en janvier, mais pas les mises en chantier.
Un espoir grâce à la rénovation énergétique ? Les réhabilitations lourdes, la maintenance technique des bâtiments ou encore les travaux liés à la performance énergétique peuvent déclencher des vocations. Mais là encore, ce segment patine, entre gel des aides MaPrimeRénov' sur les rénovations d'ampleur et adoption tardive du budget 2026. En témoigne le point de conjoncture de la CAPEB fin janvier. La confédération a toutefois salué les dernières mesures pour simplifier l'accès des artisans du bâtiment à ce marché, dont l'assouplissement des démarches sur le label RGE.
L'enquête de France Travail le confirme : la conjoncture freine aussi les embauches et creuse la pénurie de compétences. Les difficultés de recrutement peuvent ralentir les plannings, limiter la capacité à répondre à certains marchés ou peser sur les marges via le recours à la sous-traitance ou à l’intérim.
Dans ce contexte, plusieurs leviers restent privilégiés :
- montée en compétences interne ;
- recours à l’alternance ;
- fidélisation des équipes ;
- ouverture à la reconversion professionnelle ;
- amélioration des conditions de travail et de l’attractivité employeur ;
- meilleure gestion du recrutement et de l'intégration des salariés.
Par Camille Decambu
















