En 2025, Kingspan Light + Air tire « son épingle du jeu »

Fin mars dernier, Kingspan présentait au salon Top of the Roof 2026 un tout nouveau système. Il s’agit d’un complexe d’étanchéité, combinant lui-même des complexes intermarques du groupe: Roof Solar Evalon (Dome Solar, Derbigum, Bacacier et Kingspan Insulation) et Roof Dry (Steico, Kingspan Insulation et Derbigum). La solution est également compatible avec des produits de Kingspan Light + Air.
Présentation par Frédéric Jullien, directeur général France de l’entité, spécialisée dans le désenfumage naturel, l’éclairage naturel et l’aération naturelle. L’occasion également de faire le point sur son bilan.
Quel bilan enregistre Kingspan Light + Air en 2025 ?
Nous comptions sur une reprise plus marquée de l’activité, qui a finalement été freinée par le contexte géopolitique particulièrement délicat. Notamment à travers la politique de Trump sur les tarifs douaniers, ayant quand même sacrément chahuté les marchés financiers. Cela paraît ricocher sur la confiance des investisseurs.
C'est si important dans le milieu du bâtiment. Il n'y a pas de gros projets mis en œuvre s'il n'y a pas des taux d'intérêt séduisants et donc des investisseurs qui sont prêts à prendre des risques quelque part.
Donc, 2025 démontre surtout la résilience de Kingspan Light + Air, avec une activité globalement bien tenue et une contraction limitée. C’est, je pense, une bonne performance pour les acteurs de la construction au regard du contexte.
Dans ce contexte particulièrement difficile, on a quand même réussi à parfaitement tirer notre épingle du jeu.
Quels segments d’activité donnent espoir à Kingspan Light + Air ?
Nous intervenons principalement en B2B pour des professionnels du bâtiment, des maîtrises d'ouvrage, des maîtrises d'œuvre et des bâtiments non résidentiels principalement.
Le segment de marché qui est encore fortement en croissance aujourd'hui, c'est celui du datacenter, [avec plus de 200 à 300 millions d'euros de projets dans les tuyaux au sein de Kingspan Light + Air, NDLR] pour les bâtiments datacenters et dans une moindre mesure encore les plateformes logistiques avec l'essor du développement du e-commerce.
Mis à part ces deux typologies de bâtiment, les immeubles de bureau sont encore sur une pente glissante. Les bâtiments industriels souffrent encore d’une désindustrialisation du pays sur ces dernières années et qui se poursuit malheureusement. Nous entendons plus parler aujourd'hui de plans sociaux, de grands industriels.
Et vos perspectives pour 2026 ?
En 2026, nous nous attendions encore à un rebond, malgré les effets négatifs des élections municipales sur la commande publique. Là, nous espérons qu'elle va commencer à repartir, maintenant que les équipes municipales ont été désignées et ont pris poste. Nous pouvons imaginer que les appels d'offres pour tous les projets et les infrastructures publiques vont repartir prochainement.
Mais il y a le conflit au Moyen-Orient, qui a créé une inflation très, très forte sur les matières premières, l'énergie, avec un nouvel impact très fort sur les investisseurs.
À votre échelle, quelles matières premières sont touchées par cette nouvelle inflation ?
L'aluminium a augmenté de quasiment 23 % depuis le début du conflit en Iran. +23 %, ce n'est pas anecdotique. L'acier est à +10 %. Et pour ce qui est des matières plastiques, l’envol est très important, au-delà de 30 %.
Dans le contexte actuel de hausse du coût des matières premières, nous devons naturellement veiller à préserver les équilibres économiques pour la pérennité de notre activité et à notre capacité d’investissement.
Nous avons toujours à cœur de développer notre industrie, de remplacer les moyens industriels qu'il convient de remplacer au bout d'un certain temps, voire d'investir dans de nouvelles machines. On parle évidemment d'automatiser certaines parties de nos usines. Il y a des investissements aussi technologiques à faire dans l'IA, et la formation de nos collaborateurs aux nouvelles technologies et aux soft skills. Tout cela, évidemment, nécessite de dégager des bénéfices.
L'innovation est également un des axes stratégiques majeurs de développement pour le groupe Kingspan. Tous les mois, nos équipes R&D se réunissent et font un point sur notre pipeline d'innovations produits, de l’avancement de chaque chantier et des arbitrages nécessaires.
Parmi les innovations, un complexe photovoltaïque sur étanchéité bitume a été présenté par le groupe salon Top of the roof, en mars dernier… Comment Kingspan Light + Air y a-t-il participé ?
Nos produits, pour ce qui est des lanterneaux de désenfumage, s'intègrent dans la solution.
L'intérêt de celle-ci est d’avoir un seul point d'entrée ou une seule responsabilité quelque part engagée pour un tel projet d’installation sur toiture. Si un client a un besoin de rénovation ou pour projet de construire un nouveau bâtiment, il va devoir probablement s'adresser à plusieurs entreprises et coordonner les travaux de ces dernières, faire des travaux de synthèse pour s'assurer que les produits sauront parfaitement s’assembler entre eux.
Avec ce système, l'utilisateur ou l'acheteur va avoir la certitude que nos produits sont parfaitement complémentaires.
D'autres pistes d’innovations prévues à l’échelle de Kingspan Light + Air ?
Dans un contexte où le segment des datacenters reste aujourd’hui l’un des seuls marchés en forte croissance, nous développons également des solutions de rafraîchissement adiabatique. Nous savons que les serveurs au sein des datacenters sont particulièrement énergivores et nécessitent des solutions de refroidissement adaptées. De plus en plus de nos clients s’orientent vers les rafraîchisseurs adiabatiques, notamment dans un contexte de hausse des prix de l’énergie, de renforcement des enjeux environnementaux et de durcissement des normes liées aux fluides frigorigènes. Ces solutions permettent de concilier confort thermique, performance énergétique et qualité de l’air.
Côté planchers techniques, le groupe prévoit des petites dalles en matériaux composites, qui s'assemblent comme des puzzles. Elles répondaient jusqu'à présent parfaitement aux besoins de modularité des espaces tertiaires, dans les immeubles de bureau notamment, et sont parfaitement adaptées aux datacenters pour faire passer les réseaux et alimenter les répartiteurs, les serveurs.
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