Plan Relance Logement : un comité de suivi et de nouvelles mesures envisagées

Annoncé en janvier dernier par le Premier ministre Sébastien Lecornu et le ministre de la Ville et du Logement Vincent Jeanbrun, le plan Relance Logement se veut ambitieux en annonçant la production de 2 millions de logements d’ici à 2030 pour tenter d’enrayer une crise qui s’installe durablement.
Trois mois plus tard, le matin du 7 avril 2026, le ministre Vincent Jeanbrun réunit l’ensemble des acteurs du secteur à l’hôtel de Roquelaure (Paris), à l’occasion de la première réunion du comité de suivi destiné à piloter le plan dans la durée. M. Jeabrun en a profité pour livrer quelques pistes de mesures pouvant soutenir le projet.
Autour de la table, « l’équipe de France du logement », selon l’expression de Vincent Jeanbrun. Une formule qui traduit la volonté de jouer collectif, en réunissant l’ensemble de la chaîne immobilière : Action Logement, la Banque des Territoires, CDC Habitat, le Conseil national de l’ordre des architectes, la Fédération française du bâtiment, la Fédération des promoteurs immobiliers, la Fédération nationale de l’immobilier, l’Union des aménageurs et l’Union sociale pour l’habitat. Tous appelés à contribuer à la mise en œuvre de ce plan stratégique.
« L'équipe de France du logement »
Le plan Relance Logement vise à « lever les freins structurels qui ralentissent la production de logements » et à « accélérer les dynamiques de construction sur l’ensemble du territoire ». Une double ambition qui passe par une feuille de route chiffrée, pensée pour redonner de la visibilité aux acteurs.
L’objectif est clair : atteindre un rythme de 400 000 logements construits par an. Dans le détail, le plan prévoit notamment la création de 50 000 logements locatifs privés via le statut du bailleur privé, récemment entré en vigueur. Le logement social constitue également un pilier central, avec une cible de 125 000 logements en 2026, dont 110 000 logements locatifs sociaux et en accession sociale. À cela s’ajoute la reconstitution de l’offre dans le cadre des opérations de renouvellement urbain pilotées par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine, avec 21 000 logements attendus d’ici 2027.
Quelques heures plus tard, en déplacement sur un chantier à Bondy, le ministre a mis en avant une opération présentée comme emblématique des objectifs de diversification de l’offre du plan Relance Logement. Développé conjointement par les acteurs publics et territoriaux acteurs publics et territoriaux, avec le bailleur Immobilier 3F en maître d’ouvrage, le programme prévoit la réalisation de 85 logements mêlant accession abordable, locatif intermédiaire et logement social, illustrant cette volonté de produire une offre plus mixte et partenariale.

Sur place, Vincent Jeanbrun a également annoncé une mesure attendue par la Fédération française du bâtiment : la mise en place d’un « observateur des coûts des matières premières ». « C’est quelque chose qui va nous permettre d'être très réactifs et de voir s'il y a des endroits où les prix s'envolent de manière justifiée ou si parfois il peut y avoir des effets d’aubaine. » Cet outil doit permettre de mieux suivre et anticiper les fluctuations de prix, dans un contexte marqué par les incertitudes économiques liées au conflit au Moyen-Orient.
Vincent Jeanbrun a également déclaré que le statut du bailleur privé a « vocation à être amélioré », notamment pour intégrer le parc ancien dans le dispositif. Le ministre a également indiqué avoir entendu les demandes des professionnels du secteur sur la question de la maison individuelle, pour l’instant exclue du dispositif.
Les « opérations d’intérêt local », nouvelle mesure phare ?
Pour accélérer la relance, le gouvernement mise sur « un choc de simplification des procédures », aujourd’hui jugées trop contraignantes. « Actuellement, un projet peut prendre jusqu'à 10 ans, dont seulement 2,5 ans de construction réelle, le reste étant des procédures administratives », assure Vincent Jeanbrun, qui entend réduire drastiquement ces délais.
Au cœur du dispositif figureraient les « opérations d’intérêt local » (OIL), déclenchées à la demande du maire et, avec la contre-signature du préfet, permettant de reconnaître l’intérêt général d’un projet et, ainsi, « d’écraser les procédures ». Le ministre assume une inspiration directe des Jeux olympiques : « En simplifiant tout ça, comme nous avons su le faire au moment des Jeux olympiques, nous avons construit bien, de qualité, moins cher et beaucoup plus vite. » Et de pousser la comparaison plus loin : « On a su le faire pour les JO, faisons-le partout où c'est utile et réussissons ensemble avec l'équipe de France du Logement, les Jeux olympiques du Logement. »
Ces mesures de simplification pourraient être intégrées rapidement dans de futurs textes de loi, possiblement via un ajustement de la loi de décentralisation, avec l’objectif d’un examen rapide au Parlement.
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