Budget 2027 : les allégements généraux de cotisations patronales en danger ?

« On ne peut pas, d'un côté, déplorer la crise du logement et les destructions d'emplois et, de l'autre, prendre des décisions qui aggravent les difficultés de nos entreprises », martèle Frédéric Carré, président de la Fédération française du bâtiment (FFB).
Une déclaration prononcée en plein examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) de 2027. Parmi les mesures qui crispent la Fédération : le potentiel retrait d'allégements généraux de cotisations patronales.
Plus particulièrement le gel de la réduction générale (face pourtant à la revalorisation du SMIC) et l'intégration de l’intéressement, de la participation, de l’abondement et de la prime de partage de la valeur dans son calcul. Ces deux mesures alourdiraient le coût du travail de 9,3 milliards d'euros, sur un total de 11 milliards d'euros d'augmentation pour les entreprises privées, « soit 1,6 % de la masse salariale » sur ce secteur, estime la FFB.
« Il est temps de changer de cap et de laisser nos entreprises travailler ! »
Un poids financier qui menacerait « 200 000 emplois à moyen terme dans l’ensemble des secteurs ». « Pour les artisans et entrepreneurs, qui emploient plus de 1,2 million de salariés, déjà confrontés à une baisse des commandes, une trésorerie tendue et à des marges réduites, cette hausse pourrait entraîner des conséquences immédiates : des embauches reportées, des augmentations de salaires compromises et, dans les situations les plus difficiles, de nouvelles suppressions de postes », lit-on dans le communiqué de la FFB, ce mercredi 28 octobre.
Des tensions de recrutement qui risquent d'impacter les ambitions gouvernementales de construction de logements, voire de rénovation énergétique. Aussi, la FFB réclame au gouvernement et aux parlementaires de « revoir leur copie et de préserver les dispositifs d'allègement de charges indispensables à l'emploi dans le bâtiment ».
« Nos artisans et entrepreneurs ont besoin de commandes, de visibilité et de stabilité, pas de nouvelles charges ! À force de renchérir le travail, on finit par décourager ceux qui créent de l'activité et de l'emploi. Il est temps de changer de cap et de laisser nos entreprises travailler ! », insiste son président.
« Laisser nos entreprises travailler ! ». Une phrase qui résonne avec le discours et la pétition de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb). Dans son dernier point de conjoncture, le syndicat des artisans du secteur a haussé le ton, face aux hausses des prix des matériaux et du carburant, une activité en baisse, mais aussi le déploiement de l'offre intégrée PAC et la crainte qu'elle suscite auprès des installateurs indépendants.
Dans le cadre du vote du budget, mais aussi de la proposition de loi pour la relance et la décentralisation du logement, l'Alliance pour le logement (dont fait partie la FFB) a analysé certaines mesures et soutenu d'autres visant à relancer l'investissement résidentiel, ainsi que le déblocage de projets de construction, de réhabilitation et de transformation urbaine.
Ne manquez plus l’actualité du bâtiment ! Inscrivez-vous à la newsletter pour recevoir directement dans votre boîte mail les dernières actus du BTP Je m’abonne gratuitement → |














