Réglementation bâtiment 2026 : ce qui change concrètement pour les professionnels
Publié le 02 février 2026, mis à jour le 02 février 2026 à 11h07, par Camille Decambu

Les nouveaux minimas salariaux pour le secteur des Travaux publics
Chaque nouvelle année est synonyme de revalorisation des salaires pour les employés du secteur des Travaux publics. En principe, les nouvelles grilles s’appliquent dès le 1er janvier 2026. Elles fixent également les indemnités de transport, de trajet ainsi que les indemnités repas.
Cette année, comme en 2025, les négociations n’ont pas abouti pour les cadres des Travaux publics. En l’absence d’un accord entre les partenaires sociaux, la FNTP (Fédération nationale des travaux publics) et la CNATP (Confédération nationale de l’artisanat des travaux publics) ont fixé unilatéralement les nouveaux montants, en revalorisant l’intégralité des positions de +1 %.
Cadres, ouvriers et ETAM (employés / techniciens / agents de maîtrise), vous pouvez consulter les grilles de salaires complétés par région ici.
RE2020 : une régulation environnementale élargit en 2026
Entrée en vigueur en 2022, la Réglementation Environnementale (RE2020) impose des standards de performance énergétique et intègre des indicateurs d’empreinte carbone et de confort d’été.
À partir du 1er mars, la RE2020 va s’élargir à pratiquement toutes les constructions neuves. Cette nouvelle application concerne les permis de construire déposés à partir de mars 2026 pour plusieurs types de bâtiments tertiaires :
- les hôtels,
- les restaurants,
- les commerces,
- les établissements d’accueil de la petite enfance,
- les bâtiments universitaires et les bâtiments d’enseignement atypique,
- les établissements de santé,
- les gymnases,
- les aérogares,
- les bâtiments à usage industriel et artisanal,
- les médiathèques et les bibliothèques.
Alors que le secteur de la construction fait déjà face à de nombreuses difficultés, des ajustements réglementaires sont attendus dès le premier semestre 2026, notamment sur certains seuils ou modalités d’application, pour éviter un frein excessif à la construction.
Sécurité au travail : lancement du passeport prévention
L’objectif du passeport prévention est de centraliser les formations et certifications en santé et sécurité au travail. En facilitant la traçabilité des compétences de leurs salariés, ce passeport vise à renforcer la prévention au sein des entreprises et à sécuriser les parcours professionnels des salariés.
Utilisé par les organismes de formation depuis avril 2025, le passeport prévention va se déployer progressivement au cours de l'année 2026 auprès des employeurs et de leurs salariés.
À partir du 16 mars et de l’ouverture de l’espace employeurs, les entreprises pourront déclarer les formations internes éligibles et rechercher dans les offres des organismes de formation.
Avec plus de 88 000 accidents du travail recensés chaque année dans le secteur du BTP, le passeport prévention devrait permettre de simplifier la déclaration des formations en santé et sécurité au travail tout en renforçant la prévention.
La dématérialisation totale des démarches d’urbanisme
Depuis le 1er janvier 2026, il est obligatoire de déposer toutes les demandes d’urbanisme en ligne. Cela concerne donc bien sûr les permis de construire, mais aussi les déclarations préalables, les permis d’aménager, etc.
Mise en place par de nombreuses mairies depuis des années, cette obligation légale nationale est inscrite dans la loi ELAN, dont le texte a été confirmé par le gouvernement.
Un nouveau DPE en 2026
Depuis le 1er janvier 2026, le mode de calcul du diagnostic de performance énergétique (DPE) s’est assoupli avec pour conséquences l'amélioration de l'étiquette énergétique de milliers de logements.
Le changement est intervenu au niveau coefficient de conversion de l’électricité. Actuellement fixé à 2,3, il a été abaissé à 1,9.
Cette modification devrait permettre, selon les estimations, à 850 000 logements de sortir de la case passoire énergétique. Les DPE édités antérieurement restent valables, mais ils peuvent, le cas échéant, être mis à jour gratuitement, sans nouvelle visite du diagnostiqueur, sur le site internet de l’Ademe.
La sécurité gaz dans les ERP renforcée
Un arrêté applicable au 1er janvier 2026 modifie les règles de sécurité pour les installations de gaz dans les établissements recevant du public (ERP) et les immeubles de grande hauteur (IGH), avec des obligations renforcées en matière de prévention incendie.
Si l’arrêté fixe bien des objectifs généraux de sécurité (prévenir incendie, explosion, intoxication), il ne détaille pas pour autant toutes les prescriptions techniques pour y parvenir. Pour y remédier, le centre national d’expertise des professionnels de l'énergie gaz (CNPG) a publié plusieurs guides techniques afin de garantir la conformité si leurs prescriptions sont respectées. Cela concerne aussi bien l'évacuation des produits de combustion, le dimensionnement, la ventilation, la mise en œuvre, le choix des matériels, que le stockage ou encore l’entretien.
Quel avenir pour MaPrimeRenov’
Suspendue depuis le 1er janvier 2026, faute d'accord sur un budget pour 2026, MaPrimeRenov’ connaîtra quoi qu’il arrive de profonds changements lors de sa réouverture :
- Les chaudières biomasse et les travaux d'isolation des murs ne sont plus éligibles au parcours « par geste »,
- Les plafonds de dépense éligible sont réduits à 30 000 euros pour les projets permettant un gain de deux classes énergétiques et à 40 000 euros pour un gain de trois classes ou plus, contre respectivement 40 000 et 50 000 euros auparavant,
- Le bonus de 10 % accordé pour la sortie du statut de passoire thermique est supprimé,
- Le « Parcours accompagné » concerne désormais les logements ayant une classe énergétique entre E et G.
Pour conclure, l’année 2026 représente une étape décisive pour la réglementation du bâtiment en France. Avec la généralisation de la RE2020 à presque toute la construction neuve, l’introduction d’exigences environnementales renforcées et des ajustements techniques, les professionnels du secteur doivent s’adapter rapidement.
Par Alexandre Masson














