Biofib Toiture, un isolant biosourcé pour le toit et les combles

S'il y a bien un industriel qui a fait du biosourcé sa spécialité, c'est Biofib Isolation, marque du groupe Cavac Biomatériaux. Cette coopérative agricole sud-vendéenne est connue pour valoriser les fibres végétales du chanvre, comme du lin.
Batimat, salon du Paris Builders Show, sera l'opportunité pour Biofib Isolation de lancer Biofib Toiture, son nouvel isolant mélangé chanvre et textile recyclé.
Une innovation consacrée à 80 % à la rénovation, alors que 30 % des déperditions thermiques d'un logement viennent du toit.
20 à 40 % de gain de temps sur chantier, estime un applicateur
L'idée part du club d'entrepreneurs de Biofib, réunissant des entrepreneurs. « Et c'est là qu'ils nous disent : "Il y a Biofib Cloison pour les cloisons, il y a Biofib Trio effectivement qui va un peu de partout ,mais est-ce qu'il n'y a pas quelque chose à faire pour la toiture ?" », nous relate Olivier Merle, directeur commercial de la marque.
18 mois de conception et d'allers-retours avec les professionnels ont donné naissance à cet isolant sous-rampant, pensé pour les combles aménagés, comme les plafonds et planchers d'un grenier.
Le tout dans une diversité d'épaisseur : 80, 100, 145 et 200 mm. Le mélange de chanvre et de textiles (d'origine française et européenne) a son importance. Au-delà du faible impact carbone des deux composants, ils améliorent ensemble la souplesse et la maniabilité de l'isolant. Certaines chutes peuvent être appliquées sous des chevrons ou autres recoins inaccessibles, où la structure n'est pas toujours « nickel ».
« Le fait qu'il puisse être transpercé par les suspentes était aussi un aspect important pour nous », souligne le directeur commercial de Biofib, qui souligne la faible exposition à la poussière lors de la pose. « Sur chantiers test, des artisans nous ont dit : "Vous avez enfin pensé à nous quoi !" » Un d'entre eux a déjà rapporté un gain de 20 à 40 % de temps chantier d'isolation grâce au Biofib toiture, et par extension de 30 à 40 % des coûts.
D'autant que la solution a déjà été éprouvée sur un chantier en pleine canicule, prouvant son apport en confort thermique (conductivité thermique de 0,040 W/(m.K)), y compris d'été. Affichant une capacité thermique de 1 800 J/kg.K, le Biofib Toiture est capable de ralentir les pics de chaleur sous toiture.
Mais alors que le gouvernement prévoit d'exclure l'isolation de la toiture et des combles de MaPrimeRénov' mono-gestes dès septembre 2026, quelle place doit occuper l'isolant biosourcé selon Biofib ? « Honnêtement, c'est quand même déstabilisant pour l'ensemble du métier. Il ne faut pas se leurrer, il y a quand même des personnes qui n'ont pas la possibilité de faire ces travaux-là sans accompagnement, et on sait à quel point c'est important d'isoler, même dans le cadre de la santé », commente Olivier Merle.
L'agriculture et le bâtiment réunis au Paris Builders Show
Au salon Batimat du Paris Builders Show, Cavac Biomatériaux en a profité pour exposer ses nouveautés mais aussi pour réunir artisans et agriculteurs. Car après tout, le slogan « du bâtiment au champ » revient sur les lèvres des exposants, notamment de Nicolas Danieau, vice-président du groupe, d'abord polycultivateur et éleveur en Vendée.
«En 2009, on a eu l'idée de diversifier et le chanvre est venu sur la table. On faisait déjà du lin sur la coopérative », nous confie ce convaincu de cette fibre, cultivée autrefois en France. L'âge d'or se situait entre le XVIIème et le XIXème siècle, avec environ 180 000 hectares produits pour la marine royale (cordages, voiles de bateaux) et le textile quotidien (draps, vêtements).
« C'est revenu en France au fur et à mesure. Aujourd'hui, il y a presque 30 000 hectares en France cultivés, dont 3 000 pour la coopérative », constate l'agriculteur.
Le bâtiment et l'agriculture. Deux mondes en crise, deux mondes qui souffrent d'un poids réglementaire. Alors que les politiques déambulent à les travers le salon, Vincent Hannecart, directeur général de Cavac Biomatériaux, veut faire passer un message : « Les biosourcés permettent d'utiliser des ressources qui se renouvellent, soit tous les ans, soit un peu plus longtemps. Aujourd'hui, dans le biosourcé, on n'utilise que 2 % des ressources existantes. On multiplierait par deux l'installation du biosourcé, et on passerait qu'à 4 %. Vraiment, on a du potentiel. »
Même message du côté de Nicolas Danieau, qui nous évoque également des enjeux de politique européenne : « Le lobbying est fait au niveau de l'Europe, pour que la PAC [politique agricole commune, NDLR] prenne bien en compte ces petites cultures ».
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