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Photovoltaïque et préfabrication : les innovations gros oeuvre de Batimat 2026

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Publié le 17 juillet 2026 à 17h00, mis à jour le 20 juillet 2026 à 10h47, par Virginie Kroun

Au salon Batimat 2026 du Paris Builders Show, les lauréats de la catégorie gros œuvre des Innovations Awards illustrent deux tendances fortes : le photovoltaïque intégré et la préfabrication bois-béton.
Dans l'ordre de gauche à droite : les solutions eSolarFacade, Hybrimur et Prefalz, lauréats dans la catégorie Gros oeuvre, structure et enveloppe des Innovation Awards. - Batiweb
Dans l'ordre de gauche à droite : les solutions eSolarFacade, Hybrimur et Prefalz, lauréats dans la catégorie Gros oeuvre, structure et enveloppe des Innovation Awards.

Quelles tendances peut-on constater dans le gros oeuvre au salon Batimat 2026 du Paris Builders Show ?  D'après les lauréats dans la catégorie Gros oeuvre, structure et enveloppe des Innovation Awards, mettant l'accent sur la préfabrication et le photovoltaïque.

Une façade photovoltaïque opaque signée Phomi


Depuis 2008, Phomi produit des revêtements minéraux. La marque d'origine chinoise débarque au salon Batimat avec sa solution eSolarFacade, lauréat Bronze des Innovation Awards. Comme son nom l'indique, il s'agit d'un système BIPV (« Building Integrated Photovoltaics » ou installation photovoltaïque intégrée au bâtiment), destiné aux façades dépourvues de rideaux en verre et surtout opaques, rompant avec les traditionnels panneaux en verre. 

« Les fenêtres ne couvrent qu'environ 20 % d'un bâtiment, c'est pourquoi nous voulons développer le BIPV opaque, non transparent », expose Joseph Frost, directeur Marketing du fabricant. « En utilisant notre technologie pour les couvertures de façade, nous pouvons répliquer la surface numériquement. La couleur, la texture, le motif : tout est customisable. » 

En soi, ce type de solution s'illustrait déjà lors de l'édition 2024 du salon. En témoigne la collection « Colorblast » du néerlandais Glass Partners Solutions, capable d'utiliser chaque panneau comme un pixel et faire des façades une oeuvre d'art. Le panneau eSolarFacade nourrit toutefois cette tendance du photovoltaïque, de plus en plus à la conquête des façades. La marque vante une puissance supérieure de 60 % comparée à une solution standard en verre.

Que dire côté installation ? Le panneau eSolarFacade mesure 1,2 mètres par 60 centimètres et s'accroche sur des rails. Ce qui le démarque des systèmes parfois rattachés à un panneau de support en ciment fibre, souvent trop lourds pour les façadiers travaillant en hauteur. « Il n'y a pas besoin d'être électricien pour l'installer, sauf pour le connecter au converteur et à n'importe quel type de conversion DC », nous indique M. Frost.

 

Commercialisée depuis un an, la collection couvre une diversité de finitions (béton, céramique, pierre, bois, etc.) et peut générer entre 80 et 120 watts par m2 par jour, selon la teinte. Libre à l'architecte de choisir son design selon les penchants esthétiques de la maîtrise d'ouvrage. Comparé à une façade standard (20 et 30 dollars/m²), le modèle eSolarFacade coûte trois à cinq plus cher (100 dollars/m²). 

L'évènement Batimat du Paris Builders Show est important pour Phomi, qui cherche à trouver de nouveaux distributeurs et partenaires dans le monde entier, en particulier en Amérique latine. L'Europe est aussi un marché stratégique, l'UE visant la rénovation de 30 millions de bâtiments d'ici 2030.

Niveau normes européennes, Phomi passe des certifications via une coentreprise avec la société italienne Chirenti. Alors que la Chine figure parmi les pays les plus émetteurs de gaz à effet de serre, selon les données européennes EDGAR, l'entreprise chinoise a obtenu la certification du Bureau Veritas et Cradle-to-Cradle. De plus, sa principale usine, basée dans la province, très touristique, du Guangxi, recourt à la géothermie et ses revêtements sont fabriqués à partir de déchets de construction recyclés (briques, pierres, béton). 

Une collaboration basée sur la préfabrication bois-béton

 

En 2015, Jousselin Préfabrication (du groupe Guillerm), Cruard Charpente Construction Bois et Bostik ont collaboré sur le projet Hybridal, technologie de béton bois-collé destinée au plancher intermédiaire et en sous-toiture. Aujourd'hui, l'expérimentation de la construction hors-site se poursuit sur des éléments verticaux avec Hybrimur, procédé lauréat Argent dans la catégorie Gros oeuvre des Innovation Awards

Le concept : miser encore sur la synergie entre ossature bois et parement béton de 7 cm d'épaisseur. Quand le bois apporte légèreté et portance, le béton assure la résistance face au contreventement et aux situations sismiques.

« Et souvent, les architectes aiment aussi avoir un rez-de-chaussée un peu habillé en structure minérale, par rapport au vandalisme ou l'aspect feu », note Stéphane Philip, responsable du service préfabrication au sein de Jousselin. Sans compter l'isolant et le pare-vapeur ajoutés, qui limitent aussi les intrusions (nuisibles, humidité) abîmant la structure bois. 

Le tout est assemblé dans l'usine de Jousselin Préfabrication à Ombrée d'Anjou dans le Haut-Anjou. La construction hors-site est connue pour réduire les délais et nuisances (poussières, bruits, etc.) liées aux chantiers. M. Philip nous mentionne par exemple un chantier pavillonnaire réalisé en deux jours. 

Le bois joue sur l'impact carbone de Hybrimur, dont la fiche de déclaration environnementale et sanitaire (FDES) est consultable sur la base Inies. L'ajout de cette composante biosourcée réduit notamment le voile de béton porteur traditionnel, épais d'environ 20 cm. Béton dont la formulation est elle-même estampillée bas carbone, incorporant du métakaolin et du ciment CEM III (utilisant du laitier haut-fourneau).

Son faible poids rend la technologie Hybrimur adaptée aux surélévations, et tend à participer à la sobriété foncière dans la construction. « C'est aussi un des aspects qu'on vise en termes commerciaux pour les chantiers en zone urbaine », y compris les dents creuses, nous détaille Thomas Delobel, responsable du bureau d'étude technique au sein de Jousselin Préfabrication.

Hybrimur peut être appliqué comme élément porteur jusqu'à R+3 et comme élement de façade jusqu'à R+10. Il s'adresse aux chantiers tertiaires, mais aussi au résidentiel (individuel, collectif, social...) Le parement peut être décliné en une variété de revêtements, du bouchardé au lasuré. 

La technologie est en cours d'instruction, en vue d'obtenir son Appréciation Technique d'Expérimentation (ATEx) de type 1 auprès du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB). « Pour l'instant, on attend ce retour-là pour pouvoir lancer la commercialisation », nous évoque Stéphane Philip. 

En attendant, le salon Batimat permettra à Jousselin Préfabrication de promouvoir Hybrimur auprès de la maîtrise d'ouvrage et les prescripteurs.

Prefa France facilite l'intégration du photovoltaïque en toiture

 

C'est un industriel autrichien fondé en 1946 par un couvreur-zingueur, qui a fini par produire une tuile aluminium. La marque Prefa s'est forgé au fil des décennies une envergure industrielle, implantée depuis 13 ans en France. 

Plus d'un an après sa commercialisation en janvier 2025, sa solution Prefalz, lauréate Or des Innovation Awards, s'affichera sur son stand à Batimat. Il s'agit d'un système, combinant modules photovoltaïques verre/verre et système de fixation directement sur joints debout. Son installation se veut simplifiée, discrète et compatible avec les solutions de toiture en zinc Prefalz, sur des largeurs de bandes de 500 (dimensions 2 000 x 408 mm) et 650 (2 000 x 558 mm).

Le module Prefalz s'adresse essentiellement au résidentiel, sur des installations de 3 à 9 kW. L'industriel relève environ 10 à 15 chantiers en France durant l'année 2025, pour une puissance totale de 30 kilowatts. «Ces panneaux sont d'une puissance de 150 Wc. Ils ne sont pas intégrés mais en juxtaposition, à 6 cm de la toiture », Romain Blavet, directeur commercial de Prefa France. Ce qui permet une bonne intégration architecturale, adaptée aux couvertures parisiennes en zinc, mais aussi à d'autres régions. Si Prefa France compte un chantier de 7 000 m² en cours dans la capitale, la marque gère des contrats en Bretagne et Haute-Savoie. 

Autre avantage : sa technologie cellulaire TOPCon, augmentant sa puissance jusqu'à 10 %, même sous faible luminosité. Sans compter sa garantie produit de 10 ans et de 25 ans sur la sous-structure. La solution est livrée en kit et posée par des couvreurs formés par Prefal, dans des centres certifiés Qualiopi à Rennes et à Chambéry. Les installateurs gèrent la pose des panneaux et le câblage. Le raccordement électrique final à l'onduleur et au compteur reste entre les mains de l'électricien. 

Au salon Batimat, le groupe Prefa veut aller à la rencontre d'une clientèle internationale, alors qu'elle compte certains projets en Afrique, notamment en Côté d'Ivoire. À l'échelle française, l'industriel investit également dans son usine alsacienne, censée démarrer en 2027 et centrée sur les produits en aluminum. « Mais il y aura également une fabrication sur la tuile solaire », mentionne M. Blavet.

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Virginie Kroun
Journaliste - Batiweb

Virginie Kroun est journaliste au sein de la rédaction de Batiweb. De la presse BD durant ses études, elle atterrit en 2021 dans l’univers BTP, dont elle ne se lasse pas. Si elle couvre tous les thèmes du secteur, Virginie a ses sujets de prédilection : justice, patrimoine, prévention et matériaux biosourcés.

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