-3,1 % de défaillances dans la construction sur un an

Thierry Millon, directeur des études du cabinet Altares, fait état d'un troisième trimestre « encore lourd » pour les défaillances d'entreprises. Avec 14 652 défaillances dénombrées sur cette période, la tendance est de -0,5 % sur un an.
Un fort ralentissement de l'emballement au global, selon M. Millon, qui caractérise une quasi-stabilisation des procédures par rapport aux années précédentes. « Après des hausses de 30 % à 40 % en 2022-23, et encore de 15 % en 2024, la hausse des défaillances chaque trimestre avoisine plutôt 4 % depuis 2025. Ce 3ème trimestre 2026 signe la meilleure performance, tous trimestres confondus, depuis 2022 », lit-on notamment dans la note de conjoncture d'Altares.
Le gros œuvre bénéficie du recul des défaillances dans la maison individuelle
« L’emballement se tarit, mais il ne masque pas une fragilisation sans précédent du tissu économique français. Sur 12 mois glissants, 72 000 organisations ont fait défaut, un niveau jamais recensé », relève toutefois le cabinet.
« La sinistralité s’affole encore dans l’hôtellerie restauration, les services et commerces de proximité. En particulier, les entreprises les plus jeunes et les plus petites restent les plus exposées, signe que les structures financières demeurent fragiles », précise Thierry Millon.
Il poursuit : « La question porte donc désormais moins sur le niveau des défaillances attendu que sur la capacité des entreprises à pouvoir restaurer durablement leurs marges et leurs fonds propres et ainsi retrouver leur potentiel d'investissement. Le pic des défaillances est peut-être derrière mais pas celui de la fragilité financière des entreprises ; la route vers un véritable redressement de l’économie est encore longue ! ».
En attendant, la construction affiche un paradoxe : si elle compte le plus gros nombre de procédures (3 452 défaillances), les chiffres enregistrés durant l'été 2026 reculent de 3,1 % par rapport l'été 2025, avec « un niveau proche de celui observé en 2024 ».
Le gros oeuvre figure parmi les plus résilients (880 procédures ; -13,1 % sur un an), soutenu par la construction de maisons individuelles (-18 % de défaillances). Des CMistes comme Mikit ou Hexaôm ont déjà montré une activité dans le vert à la rentrée. Autre facteur bénéfique à ce segment : la maçonnerie, dans laquelle les procédures déclinent de 7 %.
Côté second oeuvre, 1 700 défaillances ont été enregistrées au T3 2026, soit une baisse de 1 % sur un an, donc plus timorée que pour le gros oeuvre. Les agences immobilières voient également une diminution des procédures (-12,6 %).
Deux secteurs sont en revanche dans le rouge : la promotion immobilière (+6,5 %) et l'aménagement paysager (+17 %). Les entreprises du paysages ont toutefois publié une progression de leur activité au 1er semestre 2026.
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