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Chauffage biomasse : Propellet publie un plan pour valoriser la filière

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Publié le 22 juillet 2026 à 8h55, mis à jour le 22 juillet 2026 à 17h28, par Virginie Kroun

Propellet présente dix mesures pour renforcer la place du chauffage au bois dans la PPE, les aides à la rénovation et les bâtiments publics. Son but : soutenir une filière que l'association estimée délaissée par l'État.
©Adobe Stock - Batiweb
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« On ne peut pas dire qu'une énergie a sa place dans la PPE et supprimer, la même année, les aides qui permettent aux Français d'y accéder », fustige Eric Vial, délégué général de Propellet.

En plein été, l'association des professionnels du chauffage au granulé de bois prépare l'hiver en publiant un plan de décarbonation de la chaleur avec le granulé.

Replacer le chauffage bois domestique dans la PPE

 

Au total, Propellet affiche dix mesures, dont sept transversales. La majorité d'entre elles s'adresse à l'État et aux pouvoirs publics. Propellet tient en premier lieu à redorer le blason du bois-énergie dans la Programmation Pluriannuelle de l'Énergie (PPE), pour une meilleure reconnaissance dans le mix énergétique. «Il ne suffit pas d’écrire que le chauffage au bois performant a sa place. Il faut que les aides, les messages publics », appuie l'association.

Cela doit se traduire par deux mesures. D'abord, distinguer dans la planification énergétique la chaleur performante domestique d'autres usages de la biomasse forestière, qui « ne se valent pas ». 

« Certaines apportent un service énergétique efficace et maîtrisé. D’autres reposent sur des technologies encore peu matures, des rendements faibles ou des besoins de volumes très importants et concentrés », lit-on dans le plan. «À titre d’exemple, il paraît totalement incongru de développer une filière de production de biocarburants aériens à partir de biomasse forestière, tant les rendements de transformation sont faibles. Il devrait également être proscrit d’utiliser de la biomasse forestière pour produire uniquement de l'électricité sans valorisation de la chaleur issue du process en lui-même, même dans le cas de conversion d’anciennes centrales au charbon. »

Autre revendication : la représentation de la filière du chauffage au granulé de bois aux instances de décision. L'association cible notamment le Conseil supérieur de l’énergie, le Conseil national de l’habitat ainsi que « les instances liées à la biomasse, à la forêt et à la bioéconomie ».

 

Un soutien plus équitable au bois-énergie

 

Propellet réclame ensuite « davantage d'équité » dans les aides au remplacement des systèmes de chauffage, alors que la PPE et MaPrimeRénov' mettent l'accent sur l'électrification des usages. « D’autres filières d’énergie renouvelable comme le bois-énergie se sentent donc progressivement reléguées au second plan au profit d'une stratégie davantage centrée sur la valorisation du parc électronucléaire », déplore Propellet, qui estime que le chauffage au granulé de bois offre des performances comparables aux solutions bas carbone. 

D'ailleurs, l'association réclame une révision des fiches BAR-TH-113 et BAR-TH-157, encadrent des opérations standardisées et leurs critères techniques à partir desquelles les installations de chauffage biomasse sont éligibles aux certificats d'économies d'énergie (CEE). « Les certificats d’économies d’énergie doivent reposer sur des hypothèses réalistes. Or les chaudières biomasse sont aujourd’hui sous-valorisées lorsque les fiches ne tiennent pas pleinement compte de leur durée de vie et de leurs rendements réels », déplore Propellet. 

Les solutions biomasse doivent être également valorisées dans les audits énergétiques et les parcours de rénovation établis par les Accompagnateurs Rénov'. « Le granulé de bois doit donc être intégré aux scénarios lorsque les caractéristiques du bâtiment et son emplacement et son voisinage le justifient : besoin de chaleur important, réseau hydraulique existant haute température, remplacement d’une chaudière à énergie fossile, contraintes techniques particulières (raccordement électrique, passage de monophasé en triphasé, voisinage…), zone rurale ou périurbaine, coût global favorable », détaille le plan.

Propellet défend une nouvelle campagne nationale sur le bon usage - dont le bon entretien - du chauffage au bois et le remplacement des appareils anciens. D'autant que 48 % des installations datent d’avant 2005 et doivent être remplacées en priorité, d'après Propellet. « Cette modernisation permettrait de réduire les émissions de particules fines de 42 % d’ici 2030. Elle a déjà permis de diviser par deux les émissions depuis 2000 », justifie l'association.

Décliner les offres de chauffage biomasse selon le bâti

 

Les propositions de Propellet portent également sur le développement de l'offre. « Une offre clé en main pourrait être construite avec les producteurs et distributeurs de granulé de bois, les fabricants d’équipements, les installateurs, les collectivités et le soutien de l’État. Elle aurait vocation à simplifier le passage à l’acte : diagnostic, choix de l’équipement, estimation du coût global, accès aux aides, installation, livraison du combustible, maintenance et suivi », suggère l'association.

Une proposition similaire doit être proposée pour les bâtiments publics, selon Propellet. « Les collectivités, bailleurs et gestionnaires de bâtiments ont besoin d’une offre claire pour passer à l’action : identifier les sites concernés, évaluer la faisabilité, comparer les coûts, mobiliser les aides, sécuriser l’approvisionnement et accompagner l’exploitation », est-il proposé dans le plan. 

Quid des bâtiments industriels ? Le programme BCIAT de l'Ademe accompagne déjà le remplacement des chaudières au gaz, au fioul et au charbon par des chaudières biomasse ou générateurs d'air chaud biomasse. Mais cela concerne les « usages industriels difficiles à décarboner », souligne Propellet. D'où sa proposition d'un nouveau parcours d'accompagnement pour les industriels et professionnels souhaitant remplacer leurs équipements fonctionnant au gaz, au fioul ou au propane.

 

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Virginie Kroun
Journaliste - Batiweb

Virginie Kroun est journaliste au sein de la rédaction de Batiweb. De la presse BD durant ses études, elle atterrit en 2021 dans l’univers BTP, dont elle ne se lasse pas. Si elle couvre tous les thèmes du secteur, Virginie a ses sujets de prédilection : justice, patrimoine, prévention et matériaux biosourcés.

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