Podcast
ConnexionS'abonner
Fermer

Qualité de l’air : une enquête sonde les préoccupations des Français

Publié le 12 octobre 2026 à 16h25, par Nils Buchsbaum

82 % des répondants à un sondage sont favorables à l’affichage d’une note sur la qualité de l’air intérieur. Les écoles, les établissements de santé et les lieux de travail comptent parmi les sites sujets à préoccupations.
©Adobe Stock - Batiweb
©Adobe Stock

La qualité de l’air intérieur pourrait-elle devenir un critère plus visible dans le choix des établissements accueillant du public ? Selon un sondage commandé par OberA, entreprise spécialisée dans le traitement de l’air, 82 % des 3 501 personnes interrogées début octobre 2026 se déclarent favorables à l’affichage d’une note de A à E informant sur la qualité de l’air intérieur (QAI). Parmi elles, 47 % se disent tout à fait favorables à cette proposition, tandis que 17 % s’y opposent.

Baptisé « Air Score », le dispositif envisagé s’inspire du principe du Nutri-Score : rendre une information technique plus accessible grâce à une notation synthétique. L’enquête mesure l’adhésion déclarée à cette idée, mais ne renseigne ni sur ses modalités de mise en œuvre ni sur l’existence d’un projet réglementaire en ce sens.

 

Les bâtiments du quotidien concernés

 

Les résultats de l’étude laissent apparaitre que la qualité de l’air pourrait être un critère de choix pour plusieurs types d’établissements fréquentés au quotidien. Parmi les personnes interrogées, 81 % indiquent qu’elle compterait dans le choix d’une école ou d’une crèche pour leur enfant. Cette proportion atteint 80 % pour un logement ou un lieu de travail et 82 % pour un Ehpad destiné à accueillir un proche.

Les lieux de loisirs sont également concernés, dans des proportions variables : 72 % des répondants prendraient en compte la qualité de l’air pour choisir une salle de sport, 69 % pour un hôtel, 63 % pour un restaurant et 57 % pour un cinéma.

Lorsqu’il s’agit de déterminer les établissements dans lesquels un affichage serait prioritaire, les personnes interrogées citent d’abord les hôpitaux et les établissements de santé (58 %), puis les écoles et les crèches (55 %) et les Ehpad (48 %). 

Les transports collectifs (37 %) et les lieux de travail (31 %) figurent également parmi les espaces mentionnés.

Ces résultats font ressortir un intérêt déclaré pour une meilleure information sur l’air respiré dans les bâtiments. Ils ne permettent toutefois pas, à eux seuls, de mesurer l’effet qu’une telle notation aurait sur les choix immobiliers ou sur la fréquentation des établissements.

 

Changements d’habitudes

 

Au-delà de la qualité de l'air intérieur, l'enquête s'intéresse également aux ressentis de la pollution atmosphérique.

Les résultats du sondage indiquent que 66 % des répondants ont déjà modifié leurs habitudes en raison de la pollution de l’air. Parmi les comportements cités, 31 % déclarent avoir renoncé à une promenade ou à un footing, 28 % avoir gardé leurs fenêtres fermées alors qu’ils auraient souhaité aérer leur logement et 18 % avoir préféré maintenir leurs enfants à l’intérieur.

Les choix de consommation seraient également concernés. Selon l’étude, 13 % des personnes interrogées ont déjà évité un commerce ou un restaurant jugé mal ventilé. Par ailleurs, 12 % déclarent s’être équipées d’un appareil de purification de l’air et 9 % avoir envisagé de déménager ou de changer de quartier.

Sur la perception générale de la pollution, 72 % des répondants indiquent s’en inquiéter à des degrés divers. Une proportion de 56 % se dit préoccupée par l’air respiré au quotidien, dont 19 % déclarent en avoir « vraiment assez ».

Ces indicateurs reposent sur les réponses des participants et ne constituent pas une mesure directe de leur exposition à la pollution.

 

Des attentes envers les pouvoirs publics et les gestionnaires de bâtiments

 

Interrogées sur les responsabilités en matière de qualité de l’air intérieur dans les lieux fermés accueillant du public, 46 % des personnes participantes estiment qu’elle relève de l’ensemble des acteurs. Quelque 42 % souhaitent des normes et des contrôles plus stricts de la part de l’État.

Les propriétaires des bâtiments sont cités par 27 % des répondants, devant les employeurs (25 %) et les établissements accueillant des enfants (23 %). La responsabilité individuelle est mentionnée par 13 % des participants.

Pour Thibaut Samsel, dirigeant et fondateur d’OberA, ces résultats traduisent une demande d’information plus accessible : « Pendant des années, on a parlé de l’air extérieur, des pics de pollution, des fumées d’usine. Ce sondage montre que les Français ont changé de regard : ils veulent savoir ce qu’ils respirent là où ils passent leurs journées, à l’école, au bureau, au restaurant ou à la salle de sport. Avec 82 % d’opinions favorables, l’Air Score n’est plus une idée d’experts, c’est une attente citoyenne. Les solutions pour mesurer et assainir l’air intérieur existent déjà : afficher une note, c’est donner à chacun le pouvoir de choisir, et aux établissements une vraie raison de progresser ».

Les résultats du sondage restent néanmoins des opinions déclarées par les participants, dans le cadre d’une enquête commandée par une entreprise spécialisée dans le traitement de l’air. Ils ne permettent pas, à eux seuls, de conclure à l’existence d’une demande généralisée pour un dispositif réglementaire d’affichage de la qualité de l’air intérieur.

 

Newsletter

Ne manquez plus l’actualité du bâtiment !

Inscrivez-vous à la newsletter pour recevoir directement dans votre boîte mail les dernières actus du BTP

Je m’abonne gratuitement →
Nils Buchsbaum
Journaliste - Batiweb

Nils Buchsbaum est journaliste à la rédaction de Batiweb. Il suit l’actualité du BTP, de l’urbanisme et de la construction durable, avec une attention particulière portée à la prévention des risques, aux enjeux environnementaux et aux évolutions législatives.

Sur le même sujet

bloqueur de pub détecté sur votre navigateur

Les articles et les contenus de Batiweb sont rédigés par des journalistes et rédacteurs spécialisés. La publicité est une source de revenus essentielle pour nous permettre de vous proposer du contenu de qualité et accessible gratuitement. Merci pour votre compréhension.