Morvan, la PME qui veut rendre la chaudière à bois abordable
Publié le 22 janvier 2026, mis à jour le 22 janvier 2026 à 14h41, par Virginie Kroun

Dans quel contexte Morvan aborde l’année 2026 ?
Oliver Kehl : Jusqu’à aujourd’hui, les incitations financières ont intégré le chauffage au bois dans la transition énergétique, sous condition qu'il soit de plus en plus performant.
L’ensemble des acteurs, Morvan compris, ont travaillé ces 15 dernières années à rendre ces produits beaucoup plus performants, innovants, plus faciles à l'utilisation, que ce soit à la bûche ou au granulé, pour justement participer à la décarbonation du chauffage, et sortir du fioul et du gaz.
Et subitement, le gouvernement nous annonce, le 8 septembre 2025, qu’à partir du 1er janvier 2026, on sort la chaudière biomasse du spectre de MaPrimeRénov’ en mono-geste.
Il va donc falloir aborder l’année 2026 avec résilience, car nous restons persuadés de l’intérêt du chauffage au bois domestique en France.
Le fabricant de chauffage bois a-t-il pu en rediscuter avec le gouvernement ?
O.K : Je fais partie du conseil d’administration du Syndicat Français des Chaudiéristes Biomasse (SFCB)qui a organisé une manifestation pour annuler l’arrêté à notre avis contradictoire de l’arrêt de MaPrimeRénov'. Nous avons été reçus par différents ministères et par le SGPE (Secrétariat général à la planification écologique).
On nous a rétorquer que la rénovation d’ampleur restait en vigueur en 2026, mais c’est à mon avis un faux sujet. La rénovation d'ampleur aujourd'hui, c'est quoi ? Il s’agira de réduire les besoins en puissance d'une maison à moins de 10 kW. Et là, la pompe à chaleur a toute sa place dans la rénovation d’ampleur.
La chaudière à bois est en revanche une solution très pertinente dans des puissances entre 15 et 25 kW, quand la pompe à chaleur n'est pas suffisamment performante. Notre cœur de cible se situe prioritairement plus dans le milieu rural et sur des maisons plus énergivores.
Nous continuons à mettre la pression. Premièrement pour rappeler que la chaudière à bois faisait partie des décisions d'une politique nationale pour la transition énergétique. On ne peut pas, du jour au lendemain, condamner un secteur d'activité qui a participé à cette volonté, qui s’est structuré pour répondre à une demande croissante. La deuxième raison, c'est qu'aujourd'hui, il existe des installations, des configurations dans lesquelles le chauffage au bois est indispensable.
Comment la chaudière bois GM Eko tend à pallier ces coups de rabot financiers ?
O.K :La GM Eko est commercialisée depuis septembre 2025, dans un contexte de réduction progressive et finalement de suppression des aides.
Aujourd'hui, le prix moyen d'une chaudière à granulés est à peu près de 20 à 25 000 euros, chaudière installée. Quand l’avantage de MaPrimeRénov' et des CEE s’appliquent, le coût pour le consommateur peut baisser à entre 8 000 et 10 000 euros, ce qui est abordable. L’investissement dans un chauffage central aux granulés sans les aides financières est donc difficilement envisageable.
En cas de remplacement d’un chauffage central existant, la chaudière GM Eko coûte entre 8 000 et 10 000 euros, fourniture et pose incluses. Cela peut aller jusqu'à 10 000 euros selon les tarifs, les configurations, les puissances… Nous l’avons d’abord déclinée en 14 et 18 kW, puis enrichi la gamme avec une nouvelle chaudière de 22 kW, qui sera disponible à partir d’avril 2026.

Des ajustements ont-ils permis de baisser le prix ?
O.K : Afin de rendre le produit abordable, certains automatismes ont été remplacés.
Par exemple, sur une chaudière à granulés classique, il y a un nettoyage automatique au niveau de l'échangeur. Sur la GM Eko, il s’agit de manipuler un levier pour nettoyer cette partie. À la place du volume de stockage à granulés 225 kg, celle de la GM Eko est de 50 kg.
Nous avons privilégié la performance énergétique. En termes de combustion, de fonctionnement, elle est aussi performante que tout autre appareil, avec 90 % de rendement. La chaudière est équipée d’origine d’une régulation classe VI, d’un tableau de commande avec écran tactile et du WiFi pour la commande à distance.
Quel accueil a reçu la GM Eko ?
O.K : À ce jour, il y a eu à peu près une trentaine de chaudières installées. Donc c'est un bon début. En 2026, nous estimons pouvoir commercialiser entre 150 et 200 produits. La GM Eko s’inscrit parfaitement dans la conjoncture actuelle.
D’autres perspectives d’innovation envisagées par Morvan ?
O.K : Nous sommes en cours de développement d’un nouveau poêle à granulés étanche en chauffage ambiant, que nous estimons pouvoir commercialiser au deuxième semestre 2026. Le mono-geste MaPrimeRénov’ n'a pas été supprimé pour les appareils indépendants, c'est-à-dire les poêles à bois et les poêles à granulés.
L’étanchéité permet des raccordements concentriques en ventouse. Cela facilite l'installation, parce qu’il n’y a pas les contraintes d'un conduit de cheminée.
Propos recueillis par Virginie Kroun














